Ahmet Altan : l’injustice Erdogan au temps des révoltes

Le 21 février 2018, par Les influences.fr

Le romancier et journaliste turc a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

#Politique

Dans les années 1960, son père, le journaliste Çetin Altan fut condamné à 2 000 ans de prison pour ses opinions. Le fils, Ahmet Altan ne vient d’être condamné qu’à la réclusion criminelle à perpétuité.
Ce romancier (né en 1950) est accusé d’avoir participé au putsch manqué du 15 juillet 2016. Il avait été arrêté dès le mois de septembre et incarcéré depuis à la prison de Silivri, à 70 kilomètres d’Istanbul. Le vendredi 16 février, la justice l’a reconnu coupable, tout comme son frère journaliste, Mehmet Altan et quatre autres personnes, d’avoir tenté de "renverser l’ordre prévu par la Constitution de la république de Turquie ou de la renverser par un autre ordre ou d’avoir entravé son fonctionnement pratique au moyen de la force et de la violence".
Ahmet Altan paie au prix fort ses prises de paroles publiques inlassables, que ce soit dans ses romans ou dans le journal d’opposition Taraf qu’il lança lui même et dont il fut le rédacteur en chef (2007-2012).

"La prison à vie a été requise contre nous et nous avons cru d’abord que c’était une blague." La romancière Asli Erdogan, le 19 février 2018.

Dans les années 1990, il renvoyait dos à dos, l’armée turque et le PKK pour leurs exactions respectives. Rédacteur en chef de l’influent Milliyet, il en fut viré sous la pression de l’état-major qui ne supportait pas ses articles satiriques et l’accusait d’être un partisan d’un Kurdistan indépendant. C’est par le roman qu’il revient en force dans le coeur de l’opinion, notamment celui qui aborde la question des assassinats en Turquie sans suite judiciaire.
La question kurde et leurs droits, la démocratie turque à parfaire, les victimes du génocide arménien à reconnaître (Oh, mon frère, titre d’un article publié en 2008) : avec une belle constance, Ahmet Altan n’a cessé de tarauder les vieux démons de la Turquie et les lubies d’Erdogan.
"Après le coup d’État manqué de 2016, nous sommes les deux premiers écrivains a avoir été arrêtés sur des chefs d’accusation kafkaïens" décrit la romancière Asli Erdogan dans un communiqué en date du 19 février. "La prison à vie a été requise contre nous et nous avons cru d’abord que c’était une blague. Nous avons cru qu’ils nous libéreraient après avoir eu la satisfaction de nous avoir maltraités. Ils m’ont relâchée, mais lui, ils l’ont condamné à perpétuité. Sans preuve, sans faits avérés, c’est purement atroce." La romancière publiée en France chez Actes sud, comme Ahmet Altan ( Comme une blessure de sabre (2000) et L’Amour au temps des révoltes (2008), traduit par Alfred Depeyrat) en appelle à la solidarité internationale des écrivains, journalistes, intellectuels et honnêtes gens pour être solidaires et manifester leur indignation.
Son éditeur français a également lancé une pétition demandant la libération de l’écrivain dissident.




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