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Akiza, family life

dimanche 4 décembre 2016, par Jean-Luc Hinsinger

« Tous pour une, une pour tous » pourrait-être la devise de la tribu YoSHii Robinson Akiza.

Dans la famille Akiza, je demande… la maison-mère


Petite galerie ambitieuse et active, implantée au centre du triangle Moulin Rouge, Moulin de la Galette et Sacré-Cœur, elle est le contrepoint des attrape-touristes mixant esprit frondeur de la Commune, creuset artistique et festif des cabarets-théâtres montmartrois, bouillonnement musical éclectique des Trianon, Boule Noire et Cigale environnants…
Chez Akiza - la galerie, les expositions copulent avec les ouvrages artistico-littéraires, les sérigraphies à tirages limités et une production singulière de tee-shirt collectors. Elles baignent dans une envoûtante atmosphère eighties, rocko-gothique à la Bauhaus du Bela Lugosi’s dead  [1] (à écouter tout en parcourant le portrait familial) ou à la new-wave crépusculaire de Fade to Grey [2]… une fin de décennie qui voit naître Robinson et YoSHii, les têtes pensantes et agissantes de la galerie.

Dans la famille Akiza, je demande… le fils

Robinson, « sa vie et ses aventures étranges et surprenantes » ! L’attrait de la calligraphie l’éloigne de ses études de biologie pour naviguer vers les arts ap’ et explorer un univers sans frontières, celui de la typographie et du graphisme.
Homme de lettres, en résidence au Caire, il crée une police de caractère, la « Mounira », commandée par l’Institut Français d’Archéologie Orientale, avec laquelle il gagne le Prix Spécial du Jury aux Morisawa Awards à Tokyo en 2003.
La récompense sera un séjour au Japon, où calligraphie, art et philosophie forment un tout, une conception de l’existence. L’élégance, la finesse, la force de cet art se retrouvent dans les tracés de Robinson et la création de la poupée Akiza.
Depuis une dizaine d’années, sous la signature de l’artiste Akiza, le personnage de fiction Akiza est multiple, transformiste, hybride, s’insinuant dans les corps d’amis de longue date ou de rencontres motivantes, dans une totale maîtrise et sans perdre un instant son identité. Lovée sur un tee-shirt, elle se joue avec plaisir d’un langoureux corps à corps ! L’exigence expressionniste du noir et blanc, une technique visuelle proche de la gravure confèrent à Akiza un caractère bien trempé, une esthétique reconnaissable entre toutes.
Son talent, Robinson l’exerce concomitamment dans la production de visuels pour affiches, flyers et livres. Il y trace une frontière incertaine entre graphisme et art, fildefériste se jouant en permanence des apparences et du déséquilibre.

Dans la famille Akiza, je demande… la fille


Ex-addict de jeux vidéos, en particulier de Super Mario Bros, le plombier bondissant, la fille se prend d’affection pour le petit dragon vert de la série, personnage positif et chanceux, dont elle s’approprie le nom : YoSHii.
Des années plus tard, elle rencontre Robinson qui sera pour elle un véritable frère de sang, complice et associé de tous les instants.
Colmarienne d’origine à l’instar de l’illustre sculpteur Bartholdi, le créateur de la statue portant haut la flamme de la liberté… ça donne des responsabilités !
Divinité aux quatre bras, YoSHii est tantôt muse, compagne, comptable, attachée de presse et galeriste. À la rigueur germanique elle associe la fantaisie latine, alternant tâches et fonctions, si nécessaire jusqu’à l’heure où Paris s’éveille !

Dans la famille Akiza, je demande… l’enfant


De cette tribu, l’enfant serait-il roi ? Akiza : poupée manipulatrice ou femme objet ? mante religieuse ou victime consentante ? reine dominatrice ou mère protectrice ? Singulière et multiple, familière ou déconcertante, elle hante les lieux et les âmes, apparaissant ici ou là sans prévenir se délectant de mystère et d’inattendu.
De la vénus paléolithique, dite « Vénus impudique », elle a su garder les traits hypersexués, le ventre fécond propice à toutes les audaces et fantasmes de l’artiste, dussent-ils libérer les images de la face sombre de l’humanité.
Du Cri de Munch, elle perpétue le silence assourdissant émis par son organe buco-génital, fascinante métaphore des « vagues éternelles de la vie » : du bouillonnement de la naissance à celui de la jouissance puis l’inquiétant calme avant la tempête finale.
De Maria, l’héroïne-robotique de Metropolis [3], elle souffle la remise en question, le refus de la soumission, l’appel du large…
Elle est le ciment familial, le personnage central, elle EST Akiza !

Dans la famille Akiza, je demande… la mascotte


Yaki, du groupe des non-humains canidés, ibère d’origine, tendance anarcho-syndicaliste, s’était vu consigner à perpète dans un « refuge. Sa truffe sombre et fraîche, son poil black and white, lui offrent une extradition vers la France et l’adoption de sa maîtresse YoSHii.
Un coup de dés n’ayant jamais aboli le hasard, Yaki est non seulement un blaze à consonance nippone, mais il a de plus le sens de « grillé » qui va si bien à sa personnalité de tête brûlée !

« Famille ! »


Repères :


Akiza - la galerie
3, rue Tholozé 75018 Paris
Métro : Blanche ou Abbesses
Tous les jours sauf mercredi, 14h30-20h
Yoshii 06 61 09 88 47
Robinson 06 86 26 80 88
www.facebook.com/Akiza.pageofficielle
www.akizashop.net/


[3Film de Fritz Lang (1927) dont certaines scènes se déroulent dans le quartier de Yoshiwara, à l’origine quartier de "plaisirs" dans la ville japonaise d’Edo, aujourd’hui Tokyo.


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