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Après le "care", le PS s’intéresse à la "réification"

mercredi 1er septembre 2010, par Emmanuel Lemieux

Martine Aubry avait lancé le concept de care (Prends soin de toi et des autres), son entourage s’intéresse depuis l’été au concept de reconnaissance du philosophe allemand Axel Honneth.

Le ballon d’essai n’a pas encore été lancé dans le débat public, mais un courant d’idées circule au PS, notamment dans le camp de Martine Aubry et ce qui fut le club Réformer : après une thèse post-féministe américaine du soin mutuel, une théorie sociologique et philosophique allemande de la réification (chosification de l’homme) Vs la reconnaissance. "Cet été, je me suis beaucoup intéressée au principe de reconnaissance selon Axel Honneth" confie la députée Marylise Lebranchu, et très proche de la secrétaire du PS. Le philosophe auteur de La lutte pour la reconnaissance, La société du mépris ou encore La réification : petit traité de théorie critique vient donc renforcer la théorie du care lancée cet hiver par Martine Aubry.

"La reconnaissance selon Honneth est une réponse politique intéressante pour lutter contre l’individualisme de refuge, le pire des individualismes qui trouve sa source dans les peurs", précise t-elle encore. Questeur de l’Assemblée nationale, Marylise Lebranchu tente de populariser ce concept, notamment à travers son club de réflexions informel pour les parlementaires, Les Rendez-vous de la questure. Avant d’expliciter à la Rochelle les enjeux politiques de la cohabitation d’une multiplicité d’individus, la philosophe Myriam Revault d’Allonnes avait été ainsi mise à contribution en mai dernier, à l’Assemblée nationale, afin d’analyser l’individualisme face au néolibéralisme.

Comment à la fois s’épanouir individuellement et défendre l’intérêt collectif : pour les socialistes, le programme de 2012 doit répondre à cette exigence et imaginer un cadre de protection.

La reconnaissance contre l’individualisme

Axel Honneth (1949) base la justice sociale avec la prise en compte de trois sphères distinctes qui permettent à l’individu d’être reconnu : soit l’amour et les relations interpersonnelles, le droit et l’estime de soi, enfin l’amour du travail.

Le philosophe Yves Michaud qui l’a étudié et l’a confronté à John Rawls dans son essai Qu’est ce que le mérite ? (François Bourin Editeur, 2009) marquait son septicisme : "Aujourd’hui, l’amour est flexible, le droit est distribué à tout le monde, donc à personne, et l’estime se fait (s’accorde ?) entre happy fews. Je ne crois pas au principe extraordinairement idéaliste d’Honneth de la reconnaissance pour remplacer la méritocratie. "

Buzz politique de l’année 2010, sans trop savoir précisément ce que cela signifie, le care sera t-il supplanté par la réification honnethienne ? Autre grain à moudre : Pour certains, le renforcement nécessaire de la société civile ne doit pas masquer l’affaiblissement de l’Etat et l’abandon de certaines de ses prérogatives dans un contexte de crise et de déficits.


Repères :

A lire sur notre site :


Par Suzanne Citronle 1er septembre 2010 : Après le "care", le PS s’intéresse à la "réification"

Je ne sais de quel mot allemand il s’agit. Mais les deux termes français ici proposés ne sont absolument pas synonymes. Réification paraît tout-à-fait impropre. Réifier c’est "chosifier", transformer une abstraction en objet concret. Cela n’a rien à voir avec les trois sphères qui permettraient à l’individu d’être "reconnu".

D’où vient cette traduction erronée ?

- ductiuons supposée

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    le 1er septembre 2010 : Après le "care", le PS s’intéresse à la "réification"

    Merci pour cette judicieuse remarque qui nous a permis de rectifier et de préciser notre information. La rédaction

    Répondre a ce message
Par Agnès Maillardle 1er septembre 2010 : Après le "care", le PS s’intéresse à la "réification"

Mais les deux concepts philosophiques ne sont-ils pas plutôt complémentaires ? Ne peut-on voir dans cette quête philosophique du PS le désir profond de construire enfin un modèle de société qui dépasserait les vieilles idéologies moribondes ?
Penser le monde, c’est déjà commencer à le changer.

- Les Nouvelles News

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