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Atlantico, le pure player qui venait de la droite

lundi 21 novembre 2011, par Laurent Firdion

Jean-Sébastien Ferjou : seul contre tous sur le Web

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Jean-Sébastien Ferjou, directeur d’Atlantico, Paris, novembre 2011. (©Claude Germerie pour lesinfluences.fr)

On se prépare à rencontrer un apôtre de l’UMP, tel que le décrivent Médiapart ou Télérama. Premier étonnement : dans le bureau du site Atlantico, pas de poster à la gloire de Nicolas Sarkozy ni d’affichette aux couleurs de l’UMP. Pas vraiment une surprise en fait. Bien sûr, Atlantico a un ancrage à droite et fait la part belle aux théories libérales, mais le site n’en rajoute pas dans le prosélytisme. Les contributeurs du site, ces faiseurs essentiels de flux, tiennent de la pêche au gros et ratissent large. Certes, on peut cotoyer également un Christian Rol ex-militant du Gud, mouvement d’extrême droite, et co-auteur du livre de Maxime Brunerie l’homme qui a voulu tuer Jacques Chirac (Denoël). Indice supplémentaire pour le soupçon de proximité politique : parmi les actionnaires du site, Charles Beigbeder qui avait candidaté au MEDEF, mais aussi Marc Simoncini et Xavier Niel. Arnaud Dassier, organisateur de la campagne en ligne de Nicolas Sarkozy en 2007, candidat aux prochaines législatives, est également de la partie.

Voilà peut-être pourquoi Jean-Sébastien Ferjou, le fondateur et le directeur de la publication d’Atlantico, tient tellement à contrôler son image, jusqu’à la caricature. Une agence s’occupe de sa communication. Quand on le prend en photo, il s’inquiète de l’impression qu’il va donner : « Pas trop sérieux », «  Pas trop fou ».
Une figure de boxeur (sans ecchymose), un faux air de François-Xavier Demaison, ce grand gaillard de 39 ans originaire de La Rochelle paraît intimidé, presque anxieux. Comme le souffre-douleur des cours de récré qui est habitué à se faire chahuter, Jean-Sébastien Ferjou se prépare à prendre des coups.
Cette attitude méfiante tranche avec le parcours brillant et plein d’assurance : Hypokhâgne, Science Po Paris, prépa Ena. Une carrière toute tracée dans le service public, trop parfaite peut-être. Au dernier moment, il change de trajectoire. Grâce à un stage à LCI, il rencontre David Pujadas qui va le prendre sous son aile et le former. Il travaillera ensuite pour des boîtes de production, notamment pour le magazine 7 à 8 de TF1. Il y apprend à gérer un budget, des équipes. L’idée d’Atlantico lui est venue d’une «  frustration de consommateur » comme il aime le répéter dans les interviews. « Il me manquait un site comme le Huffington Post, le Dealy Beast ou Politico en France. »

Mais il ne s’attendait pas à ce que le lancement soit si éprouvant, lui qui a investi 30 000 euros dans le projet. « Vous pouvez imaginer la difficulté d’une traversée en ski du Groenland mais tant que vous n’êtes pas dans le froid vous ne l’éprouvez pas vraiment. », dit-il.
Et le voyage a été glacial. Lancé le 27 février dernier, Atlantico est tout de suite étiqueté de « sous-marin de l’UMP », voire de « Contre-Médiapart de droite ». « C’est une caricature qui est parfaitement absurde, qui n’a pas le début d’une once de réalité, rectifie-t-il. Pour faire la levée de fonds initiale, ça m’a pris 18 mois. Si j’avais été en mission commandée par l’UMP, ça ne m’aurait pas pris 18 mois.  » Sa colère n’est pas feinte. Il ne parle pas qu’en son nom mais défend aussi la dizaine de journalistes de la rédaction qui travaillent avec la même passion et la même rigueur que n’importe quelle rédaction d’un média de gauche.
Huit mois après sa naissance, Atlantico est un succès indéniable avec plus d’un million de visiteurs uniques par mois et en forte progression.

Tristane Banon a écrit plusieurs fois pour le site « mais n’a jamais été payée et ne s’est jamais exprimée sur l’affaire DSK

Mais l ’étiquette droitière perdure.« Non, vraiment pas. Je prends ça à la légère », se dérobe t-il. Pourtant, il revient sur les coups portés, s’étale, détaille. Même s’il a constitué un important levier de croissance et même vraiment lancé son site, un événement lui reste en travers de la gorge. Au moment de l’affaire DSK, les théories du complot les plus folles ont circulé. Une d’elle, tenace, faisait d’Atlantico un acteur de la conspiration qui aurait visé à faire tomber le patron du FMI. Arnaud Dassier a fait parti des premiers à relayer l’information de l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York. « C’est comme si vous teniez les journalistes de la rédaction du Monde pour responsables du fil Twitter de Mathieu Pigasse  », s’indigne-t-il. Tristane Banon a écrit plusieurs fois pour le site « mais n’a jamais été payée et ne s’est jamais exprimée sur l’affaire DSK », précise le fondateur. Mais il n’en fallait pas plus pour attaquer Atlantico. Jean-Sébastien Ferjou s’étonne surtout que des médias aient pu accréditer ces thèses : « Quand je pense qu’il y a des journalistes de grands médias comme Arrêt sur images qui ont appelé la rédaction pour dire : « vous avez recruté Tristane Banon il y a 6 mois parce que vous saviez que ça allait arriver », c’est assez consternant  ». Et les situations deviennent surréalistes : «  J’ai même eu un appel d’une journaliste de RMC qui m’a proposé de prendre dix minutes avant de répondre pour prendre conseil afin d’assurer ma défense ! Mais de quoi m’accusait-on ? »
De là, un sentiment de Caliméro contre le reste du monde. Ou plutôt, comme le dit Ferjou lui-même dans une pirouette, « seul contre tous sur le Web ». Il se dit victime des « journaux-bien-pensant-conformistes-et-bobos  ». Il réprouve la « paresse de certains journalistes », par exemple ceux de Télérama qui, sans prendre la peine de lire le site, ont comparé Atlantico à « une boîte aux lettres de l’Elysée ».

Le malentendu qui colle à la peau d’Atlantico vient peut-être du fait que son identité apparaît encore floue. Du décryptage, de l’insolite, de l’opinion – tout ça plutôt intéressant – mais comme le font aussi bien des sites comme Slate.fr ou Rue 89. On attend le site d’informations généralistes dans la mêlée de la présidentielle de 2012. Pour définir son style, Jean-Sébastien Ferjou finit par concèder : « La seule chose c’est qu’effectivement on est probablement plus à droite que pas mal de nos concurrents dans l’univers des pure players ».

Peut-on alors tenter de définir Atlantico en étudiant son audience ? Là encore, le fondateur n’est pas d’une grande aide : « On ne connait pas encore précisément notre public car cela prend du temps, mais c’est plutôt la France qui bouge, ceux qui n’ont pas un rapport problématique à l’argent ou au monde de l’entreprise ». Chassez le naturel...


Repères :

http://www.atlantico.fr


Par ismaelle 12 juillet 2014 : Atlantico, le pure player qui venait de la droite

Un sayanime payer pour intoxiquer le peuple français.
En plus d’une carte de l’ump il ne serai pas impossible qu’il soit carter cumule likoud au vue de s’est position intenable face au drame que subisse les palestiniens.
Mr Ferjou vous êtes une merde sans aucun courage ni humain ni politique un suceur a la solde du plus fort qui est pour l’instant la droite israélienne . vous finirez comme vos maitre dans le caniveau de l’histoire.


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