#BalanceTonPlagieur

Le 14 juin 2018, par Emmanuel Lemieux

Les éditions Textuel ont suspendu la vente du Petit Guide du féminisme pour les hommes, signé Jérémy Patinier. Des soupçons de plagiat et d’emprunts abusifs entachent l’essai.

#Mentalité

" Une escroquerie littéraire " a commenté l’éditrice Marianne Théry à notre confrère Livres Hebdo. Et de préciser sur le compte Tweeter de sa maison d’édition, qu’elle saisissait son avocat pour débrouiller l’affaire. Les éditions Textuel (groupe Actes sud) commercialisaient depuis le mois de mars dernier, un Petit guide du féminisme pour les hommes. Son auteur, Jérémy Patinier, publiciste et militant LGBTI, n’est pourtant pas un novice de l’écrit. Mais le lièvre du plagiat a été soulevé par une blogueuse, Noémie Renard. Puis d’autres.
Textuel envisage de mettre un terme à la commercialisation du livre (tiré à 3 000 exemplaires). L’auteur du délit textuel a également répondu sur son compte dans une défense assez baroque.

Autrement dit, Jérémy Patinier ne sait plus ce qu’il écrit, ni à quelle source il se voue. La jouissance de la visibilité est plus importante que le travail intellectuel.

Certes, il aurait " visiblement commis des erreurs", et plus précisément "un manque de références, de reformulation pour certaines explications, de passages à mettre entre citations". Présentant ses excuses aux intéressés, affirmant que ses droits d’auteur s’il y en a seraient reversés à "une" association de soutien aux femmes victimes de violences conjugales, il finit en s’en prenant à son éditeur parce que finalement "un logiciel de vérification dont on m’a assuré la validation" n’aurait pas été infaillible pour détecter ses propres truanderies d’auteur...
La jouissance de la visibilité est plus importante que le travail intellectuel. Autrement dit, Jérémy Patinier ne sait plus ce qu’il écrit, ni à quelle source il se voue. Il ignore quand il copie-colle une note de Wikipédia, lorsqu’il pille une blogueuse, lorsqu’il détrousse le travail et la prise de risque des autres. Aux autres de le prévenir.
Le plagiat est très bien partagé, et c’est même une petite industrie dans le monde universitaire, éditoriale et médiatique. À moins qu’un puissant mouvement #balanceTonPlagiaire (terme épicène) ne se développe pour s’opposer à cette barbarie intellectuelle, les Jérémy Patinier n’ont pas fini de se multiplier.

P.S. : Éditeurs, vous cherchez un tueur de plagieurs ? Lisez ici.




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