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Bernard Quiriny, écrivain très (très) particulier

vendredi 6 avril 2012, par Vanessa Postec

Avec sa "Collection très particulière", il démontre que les vieilles recettes peuvent aussi réussir aux jeunes écrivains, et que l’imagination n’est pas un vilain défaut. Bien au contraire.

Bernard Quiriny est Belge –enfin d’origine- mais cela n’explique pas tout. Il est plutôt grand et plutôt jeune, avec dans l’allure un je-ne-sais-quoi de personnage de BD, mais ce n’est pas si rare. Il est prof de droit, journaliste, et écrivain, ce qui doit lui prendre du temps, mais n’est pas franchement exceptionnel. Non, ce qui retient l’attention, c’est une énigmatique particularité : Bernard Quiriny ressemble à ses livres et ses livres (L’Angoisse de la première phrase, Contes carnivores et aujourd’hui Une collection très particulière) lui ressemblent. Pince-sans-rire avec un vrai fond de malice. Autant dire qu’après avoir rencontré le premier et lu les seconds, il devient assez difficile de les oublier.

La dernière bizarrerie littéraire en date est un recueil de nouvelles, ce qui en soi est déjà une bizarrerie éditoriale. On y retrouve Gould, personnage récurrent, et héros qui n’en est pas vraiment un. Ce fameux Gould possède, entre autres choses, une bibliothèque. Et dans ladite bibliothèque, une ou plutôt des collections très (très) particulières. Certains livres y engraissent quand d’autres s’étiolent : rédigés par des écrivains insatisfaits de leur œuvre, ils poursuivent le travail par delà la mort de leurs auteurs. On y trouve, aussi, dans cette collection, à condition d’être invité à les découvrir par un maître de maison jaloux de ses trésors, la section des reniés, dont on imagine assez bien le sort peu enviable. Ou plus curieux, des livres gigognes, parfaits exemples d’économie domestique qui, pourvu qu’un œil attentif se penche sur leur cas, révèlent non pas un mais une multitude de livres.

« Pleins de confiance, les fondateurs de Livoni construisirent la ville au pied d’un volcan qu’ils croyaient éteint. »

On l’a compris : Bernard Quiriny n’est pas du genre à se regarder le nombril lorsqu’il écrit. Il doit même parfois oublier qu’il en possède un, tant les autres nouvelles d’Une collection très particulière (organisées en séries entrelacées les unes avec les autres) suivent le même chemin et traitent de sujets aussi délicieusement peu autofictionnels (sic). On y découvre dix villes -en autant de chapitres-, petites merveilles d’excentricité érigées, par exemple, à l’identique sur les deux rives d’un même fleuve, ou celle-ci, sicilienne, qui donne naissance au chapitre le plus bref du recueil, reproduit ici in-extenso : « Pleins de confiance, les fondateurs de Livoni construisirent la ville au pied d’un volcan qu’ils croyaient éteint. »

On a vu les livres, on a vu les villes, reste à voir « Notre époque » ou celle de Quiriny, plutôt, astucieux mélange de science-fiction et de fantaisie, où les hommes et les femmes, façon escargots, changent de sexe après l’amour ; où l’on peut choisir son patronyme et le modifier à loisir, et où une seconde chance est accordée aux morts, désormais capables de s’offrir un tour de roue supplémentaire. Ce qui, comme on s’en doute, ne va pas sans poser quelques problèmes : « La vie jadis nous semblait absurde ; nous pensions que sans la mort elle le serait moins. En fait, c’est le contraire : on découvre que la vie est encore plus absurde sans la mort, et on se prend à regretter le bon vieux temps où mourir était obligatoire, facile et irréversible –le bon vieux temps en somme où mourir était rassurant. »

Il y a là du fantastique cultivé, une uchronie joyeuse, une imagination et une inventivité en mouvement, une liberté de ton et de thèmes qui, évidemment, font penser à quelques grands ancêtres. Mais si on lui foutait la paix à Quiriny, et si on arrêtait de citer en vrac, comme maîtres à penser (et à écrire), Jorge Luis Borges, Italo Calvino ou Marcel Aymé pour s’en tenir aux évidences : Bernard Quiriny fait du Bernard Quiriny, et c’est très bien ainsi.


Repères :

Une collection très particulière, de Bernard Quiriny, Ed. du Seuil (Paris), 192 p., 17 €. Parution : mars 2012.
www.seuil.com


Par Fra Dolcinole 1er mars 2013 : Bernard Quiriny, écrivain très (très) particulier

Bernard Quiriny fut entre 2004 et 2008 le minable Raoul Marx, son pseudonyme sur le forum (aujourd’hui fermé pour cause de trollings tous azimuts) de Chronic’art, « l’excellent Chronic’art » où d’un côté il officiait enveloppé de sa superbe de critique littéraire prétendument objectif et magnamime, et où de l’autre, en tant que Raoul Marx, il s’occupait personnellement, anonymement, consciencieusement, obsessionnellement, de taper sur tous les ennemis du sarkozysme : les repentants, les voyous, les grévistes, les fonctionnaires, les syndicalistes, les marxistes, etc. L’imitateur médiocre de Borges cache donc, qu’on le sache, une crapule schizophrène, profondément et ridiculement conformiste, haineuse et suiviste. Le journal papier Chronic’art, qui publia un temps une chronique de ce Raoul Marx en le présentant faussement comme un simple « lecteur » alors qu’il en était un rédacteur, vantait sa « mauvaise foi ». C’est dire que Quiriny se soucie de la vérité comme d’une guigne. Du reste, son principal souci de petit blanc peureux et sournois, lecteur compulsif d’Ivan Rioufol (dont il copiait en long et en large les chroniques sur le forum), était « l’ethnomasochisme » qui selon ces tristes sires minerait la civilisation blanche chrétienne… Le plus drôle dans cette histoire est que c’est la grenouille de bénitier Juan Asensio (que Raoul Marx défendait contre vents d’hilarité et marées consanguines sur le même forum toujours) qui a perfidement dévoilé son identité dans une de ses notes mal fichues (cliquer sur mon pseudo). Bonne journée, Raoul.

- http://www.juanasensio.com/archive/...

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