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Biographie d’"une année sans été"

vendredi 5 août 2016

Un spécialiste de l’art s’est penché sur l’éruption du volcan Tambora à Java en 1815 qui a eu des répercussions considérables et une influence invisible mais profonde sur l’état du monde.

Société. De mémoire agricole européenne, on l’a appelé "l’année sans été" ou encore "l’année du mendiant". Nous sommes en avril 1815, au lendemain des guerres napoléoniennes et le monde ignore qu’il va subir une véritable catastrophe climatique. Le volcan Tambora, près de Java, connait une violente éruption, et même exceptionnelle, aux conséquences incalculables : toute une série d’inondations, famines et épidémies fut provoquée par la cendre crachée haut dans la stratosphère. Cet épais nuage de 150 km3 fit plusieurs fois le tour de la Terre. L’année suivante, les moyennes de température en Europe dégringolèrent de 0,5° à plus de 1°C. Cette éruption historique, plus puissante que celle du Vésuve, a laissé des traces physiques, culturelles et psychologiques. La colère du Tambora ne s’est-elle pas manifestée à la suite du printemps 1815 qui a vu l’épisode des Cent-jours, Waterloo et la chute de Napoléon, le découpage de l’Europe lors du congrès de Vienne ?

Cette éruption historique, plus puissante que celle du Vésuve, a laissé des traces physiques, culturelles et psychologiques.

Un spécialiste de l’art, l’ Australien Gillen d’Arcy Wood (né en 1968), a repéré les traces du Tambora dans les toiles de couchers de soleil rougeâtres d’un Turner ( Didon construisant Carthage ou la naissance de l’Empire carthaginois, 1815, National Gallery, Londres) ou d’un Constable et a retrouvé des pincées de cette poussière volcanique dans les pages d’une Mary Shelley et son Frankenstein, sans oublier Percy Shelley, lord Byron ou John Keats. Il s’est échiné par la suite à reconstituer ce grand puzzle mondial d’une catastrophe écologique et humaine, en utilisant toutes les facettes de la vulcanologie, climatologie et biologie et bien sûr, de sa propre spécialité. Son livre 1816, l’année sans été (300 pages, 23 E.), publié en 2014 par Princeton University Press (300 pages, 23 E.), le sera en français (sur une traduction de Philippe Pignarre), le 25 août aux éditions La Découverte. Ou comment la curiosité et quelques indices artistiques remuent et interrogent de nouveau les cendres du Tambora qui recouvrent une expérience toujours vive de l’humanité.


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