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« Bitter, sweet, Seoul »

samedi 15 février 2014, par Arnaud Vojinovic

Park Chan-wook et son frère ont réalisé le premier film collaboratif. Sur le thème de Séoul, il en ressort une œuvre lyrique à la gloire de cette capitale résolument tournée vers l’avenir.

Park Chan-wook est bien connu des cinéphiles. « Old boy » par sa violence et son histoire intrigante a marqué les esprits et séduit les critiques. Si son dernier film en date, « Stoker », a déçu son public, ce petit chef d’œuvre d’esthétisme et de cynisme produit à Hollywood a installé Park Chan-wook sur la scène internationale. Homme de tous les projets dont celui de l’adaptation du Transperceneige qu’il produit, il collabore aussi avec son frère Park Chan-kyong à des expériences vidéos inédites. Ainsi « Night Fishing », un court métrage d’une trentaine de minutes, filmé à l’aide d’un I-phone remporte en 2011 L’Ours d’or du meilleur court métrage au festival de Berlin.

« Night Fishing »

Le premier film collaboratif

En 2013, leur ambition est de réaliser le premier film collaboratif. Pour cela ils appellent les internautes à leur soumettre des vidéos sur Séoul. A l’exception du pastiche, une grande liberté est laissée aux internautes. L’appel à projet via la plateforme de diffusion Youtube séduit. Du 20 août au 25 novembre 2013, c’est plus de 11 000 videos qui sont proposées aux deux frères. Seules 154 sont retenues pour la réalisation de ce film hybride.

« Bitter, sweet, Seoul » est un vibrant hommage à la mégapole coréenne dont l’agglomération compte 22 millions d’habitants. A elle seule la ville de Séoul est si grande, que Paris, s’il n’y avait pas la Tour Eiffel, passerait pour une gentille bourgade de province. La force des frères Park est de tirer de l’ensemble de ces documents ou fictions une œuvre dont le lyrisme mené par une musique omniprésente vous enveloppe et vous fait découvrir cette néo-New-York qu’est Séoul. Seuls soixante ans ont suffit pour sortir du champ de ruines qu’a laissé la guerre, ce monstre d’urbanisme qui a su resté profondément humain. Reflet de cette diversité, haut lieu de la création culturelle et pourtant porteuse de l’héritage humaniste du confucianisme et fier de son chamanisme, « Bitter, sweet, Seoul » porte l’empreinte du dynamisme d’une société qui a su se réinventer à plusieurs reprises face à l’adversité. Aujourd’hui avec ses 1,5 millions étrangers qui vivent sur son sol, le multiculturalisme devient une des moyens pour la ville de vivre une nouvelle aventure.

Park Chan-wook de préciser sa démarche : « Comme le titre le suggère, l’amer et le sucré sont toujours intiment liés dans nos vies. Bien que le souvenir de la guerre est toujours présent, la Corée a développé la démocratie et est devenu une puissance économique. Je souhaitais montrer que l’amer et le sucré peuvent co-exister dans nos vies. ». Son frère d’ajouter : « Je pense que la dernière chanson du film qui est une chanson traditionnelle coréenne du Pansori, Shim Chung Ga [1], est porteuse du message d’espoir de ce film. Tous tirent profit des sacrifices de Shim Chung ce qui lui est bénéfique. C’est un message d’espoir pour qui quiconque se retrouve en difficulté. »

Extrait : “What is the greatest thing about Seoul ?”
“The Greatest ? Um ... The People.”

Le résultat de cette étonnante aventure est en accès libre sur Youtube depuis le 11 février.

« Bitter, sweet, Seoul »


[1Personnage dont s’inspira Hwan Sok-yong pour son roman, Shim Chong, fille vendue publié chez Zulma


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