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Cette France pas vue à la télé

samedi 4 décembre 2010, par Christophe Boutrou

Ignoré par les médias, dissout dans la mondialisation : et si on reparlait du peuple, avant que le peuple ne se rappelle à notre bon souvenir, propose l’essai percutant du géographe Christophe Guilluy.

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Le géographe Christophe Guilluy (Claude Germerie/FBE)

A focaliser leur attention sur les cités, les voitures brûlées, et ces jeunes qui squattent les halls d’immeubles, les médias perpétuent des images d’Epinal dangereuses et stériles pour le débat public. Surtout cette imagerie entretient des grilles de lecture clivantes : centre-ville contre périphérie, Français de souche contre minorités, classes moyennes des quartiers pavillonnaires contre immigrés banlieusards sans ressources. Or, selon le géographe Christophe Guilluy, auteur d’un essai, Fractures françaises (François Bourin Editeur), la France des gagne-petit, des exclus, des défavorisés, ne se concentre pas dans les banlieues, mais se trouve disséminée dans les espaces ruraux ou périphériques, c’est-à-dire dans les zones sous-exposées aux médias. Ce qui explique que les politiques les ignorent en premier lieu.

Alors que la baisse du niveau des salaires et la précarisation s’étendent à grands pas, il est surprenant d’apprendre que les ménages les plus concernés par la dégradation des niveaux de vie continuent de croire en leur appartenance à la « classe moyenne ». En effet, « l’adhésion, y compris d’une partie des couches populaires, à ce concept culturel [hérité des Trente glorieuses], souligne une volonté, celle de ne surtout pas faire partie de cette "autre France", celle des banlieues  ». Les mythes ont la peau dure : on préférera toujours se croire socialement et culturellement aisé, plutôt que d’admettre son déclassement de fait.

85% des ménages pauvres hors des quartiers sensibles

Pourtant, la détresse sociale n’est pas seulement dans les banlieues : elle est partout, et surtout là où l’on en parle le moins, notamment dans les espaces ruraux ou les territoires urbains et périurbains ignorés. Et l’Etat s’y désengage d’autant plus que les médias les boudent. Saviez-vous par exemple que, la dotation publique par habitant allouée à certaines banlieues médiatisées peut être 1000 fois supérieure à celle concédée aux quartiers difficiles de petites villes de province ? Que 85% des ménages pauvres ne vivent pas dans les quartiers sensibles ? Que le taux de mobilité des populations de ces quartiers peut parfois monter jusque 61% par an ?

Christophe Guilluy propose de démystifier les représentations « vues à la télé », de prendre la mesure de l’incohérence territoriale et ethnicisante des aides sociales, et au fond de réhabiliter la bonne vieille lutte des classes. Attention toutefois à ce que ces brillants développements ne servent pas les politiques d’un autre bord...


Repères :

Fractures françaises, de Christophe Guilluy, François-Bourin Editeur.

Sur notre site :
Les fractures sociales de la gauche française

A consulter sur le site de Marianne2 :
www.marianne2.fr/Guilluy-la-gauche-peut-elle-reinventer-un-discours-a-destination-des-classes-populaires_a200095.html


Par flammettele 20 octobre 2011 : Cette France pas vue à la télé

Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir... La TV ne voit pas cette France mais elle la cautionne. Elle essaie de nous faire croire que cette situation de submersion migratoire est "normale" et même souhaitable... L’opinion contraire étant rance, moisie... Ces trente dernières années, la France subit une substitution de population qui ne dit pas son nom et qui n’a plus aucune légitimité (pauvreté, endettement de l’Etat et manque cruel d’emplois). Le peuple a été berné ; les médias, sociologues, politiques, etc... ont été complices ! On nous oblige à supporter une société déliquescente, à finançer notre propre disparition et ce constat servira sans doute "les politiques d’un autre bord..." !


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rien appris ,  le 6 décembre 2010 : Cette France pas vue à la télé

c’est marrant de voir confirmer les propos du français moyen de province qui dit que ses pauvres à coté de chez lui et bien franchouillard, mettent moins le souk que les " pauvres" issu de l’immigration et donc que la pauvreté relative justifierai leurs exactions

et c’est dommage que ce déni de réalité ai servi la politique d’un autre bords comme il dit

en français

il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut voir
enfin mieux vaut tard que jamais


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Pan Tadeusz,  le 5 décembre 2010 : Cette France pas vue à la télé

Indécrotable naif,qui ne parvient pas à sortir du moule de la bien pensance.Il publie un constat qui rétablit la vérité,...et aussitot s’en mord les doigts- son courage n’aura été qu’un feu de paille .Comme il y a les bons et les mauvais pauvres,il y a les bons et les mauvais bords ,les bons et les mauvais partis...Quand le mauvais parti fait 17 % des électeurs,dans un état démocratique ,il a voix au chapitre. Il est grand temps d’ y songer.


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    Par prietole 21 décembre 2010 : Cette France pas vue à la télé

    la délinquance n’a rien de commun avec la pauvreté : elle n’est du qu’a un laisser aller général (famille, education nationale:cela favorisé par la non compétence de nos politiques )

    nous vivons dans une société que je ne peux plus supporter.

    <<>>

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Héhé,  le 5 décembre 2010 : Cette France pas vue à la télé

Vous auriez du vous abstenir de parler implicitement du parti politique que vous ne voulez pas voir. Eux ont fait le même constat que vous mais c’était il y a plusieurs années. Des visionnaires en quelques sortes et nos compatriotes se rendent compte qu’ils ont été trahi par les différents gouvernements que vous avez soutenus. Si par chance pour notre pays, le parti politique que vous détestez arrivait au pouvoir, je vous demanderais d’éviter l’hypocrisie, du genre "je l’avais dit".


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Par Hélènele 5 décembre 2010 : Cette France pas vue à la télé

J’ajoute pour qui comprendra :

"Pas de bonheur sans liberté, pas de liberté sans courage" Périclès

... pratiquez le courage !

- Citation de Périclès

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Par Hélènele 5 décembre 2010 : Cette France pas vue à la télé

La fin de l’article précise : "Attention toutefois à ce que ces brillants développements ne servent pas les politiques d’un autre bord..."

Tout à fait, vous avez raison de le dire, ça fait peur "partis politique d’un autre bord", on va donc continuer à voter pour les mêmes qui trahissent la France depuis plus de trente ans ! Les seuls responsables de toutes ces injustices, on leur fait confiance ! Surtout que le parti politique d’un autre bord en question est bien le seul à avoir dénoncé ces injustices et à mettre en évidence les vrais problèmes. Mais bon ... quand on a peur de prendre ses responsabilités pour changer les choses et foutre dehors un gouvernement incompétent et criminogène, injuste et corrompu, je comprends qu’on vote les mêmes, histoire de s’enfoncer. Le courage d’endosser la responsabilité et de faire partie des " méchants " on l’a ou on l’a pas. Mais vous rêvez d’avoir votre place au paradis plutôt que de vous préoccuper du sort des générations futures et de la terre désastreuse dont ils vont hériter.
On prend conscience des problèmes mais surtout, on refuse les solutions par trop difficiles à assumer.
N’oubliez pas seulement que le parti d’un autre bord n’a pas d’idées particulièrement nocives, seulement efficaces et n’oubliez pas non plus que nous sommes sous l’influence du gouvernement en place qui est prêt à discréditer le parti de l’autre bord, seul rival véritable, pour maintenir son pouvoir en place et que ce discrédit à marqué nos esprits durant tant d’années. Vieux réflexe pavlovien, nous y croyons dur comme fer. Mais s’est-on interrogé ?
Surtout, n’ayez pas la prétention de croire que vous n’avez jamais été influencé.
J’espère m’être bien fait comprendre

- Parti d’un autre bord... tiens donc !

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