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Ciné-pocket

vendredi 16 novembre 2012, par Pierre Pelot

Tags : Smash , Tremé

Où l’on découvre avec les séries télé, une façon nouvelle de faire un cinéma domestique

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Le cinéma de poche, c’est comme le livre mêmement qualifié, à ranger sur la même étagère, au côté de ciné home, se pratiquant ordinairement chez soi, sur un écran qui ne fait peut-être pas douze mètres de long genre festival de Cannes, mais néanmoins. Toute installation à base de vidéo projecteur et home cinéma vaut certainement mieux que certaines de ces salles escroqueuses dans lesquelles nous nous sommes tous fourvoyés à un moment de notre existence.

Grand ou petit écran, le spectacle, façon filmique, continue de se produire et de donner de belles choses, parfois, de temps en (plus ou moins longs) temps. Pour ce qui est des histoires racontées dans ce format géant, une fois descendues de leurs images, elles ne sont pas toujours à la hauteur, devrait-on dire à la mesure, du purement visuel.
Je ne sais plus quel auteur disait n’avoir pour comptes d’écriture à rendre que ceux de son engagement auprès de l’histoire qu’il raconte, au service de laquelle il se trouve, certainement pas de son lecteur ou spectateur, et que c’est encore, ce faisant, la meilleure manière qui soit de respecter ce lecteur ou spectateur.
Tout cela pour en venir à la réflexion suivante, qui passe elle par une bête constatation : ces histoires remarquables, cinématographiquement agencées, nidifient désormais dans les séries télévisées, plus volontiers qu’aux menus des salles dites obscures.
Pour un grand nombre, en tout cas. Pas encore majoritairement, peut-être, mais le chemin est pris.
Certes, toutes les séries télévisées ne sont pas des chefs-d’œuvre. Les flots de la production charrient invariablement leurs débris qu’on retrouve accrochés aux berges. Il y a, il y aura toujours des « Plus belle la vie » et des « Joséphine » et des « Julie Lescaut », pour nourrir et assouvir la soif et l’appétit des naufragés bâfreurs de fast-food. Le remarquable dont il était question par avant ne se signale pas sur le dessus du panier dans la french production. Regardez « Braquo » dont une première saison écrite et (en partie) réalisée par Olivier Marchal augurait du bonheur à venir. Et puis, crac : la seconde saison nous tombe dessus, affligés que nous sommes par un scénario caricatural à l’extrême, louchant vers « The Shield » pour sans vergogne en tirer des ficelles, une réalisation qui se veut pétée à l’adrénaline et n’est qu’épileptique, des personnages devenus super-héros de quartier, vidés de toute « chair humaine », catapultés vers le but fatal de leur parcours incontournable (ben voyons) de réhabilitation dans un steeple chase de péripéties abracadabrantes … caricatures de caricatures qui appellent et provoquent, là où il faudrait trembler ou être en compassion, le fou rire, tous unis dans le ridicule, les malheureux…

Alors que de là-bas, nous arrivent par vagues des bijoux qui illustrent plus que parfaitement la qualité dont il était question quelques lignes en amont … Nous arrivent « Justified », flic « de campagne » retombé dans son Kentucky natal et un univers propre à Daniel Woodrell et Elmore Léonard ; nous arrivent « The Killing », version US refondue made in Seatle, aussi bien que la mouture Copenhague d’origine – il pleut autant dans chacune de ces villes… Nous arrivent les majestueux « The West Wing  » et « Tudors » (en regard des catastrophiques «  Piliers de la Terre » et « Borgia » ), les « Game of Thrones » les « The Shield  », le cinglé « Breaking bad », le fascinant « Mad men », le magnifique « Good Wife  » et sa non moins magnifique Juliana Margulies, le bouillonnant et pétaradant « Sons of anarchy », le sulfureux « Dexter  », le décalé «  Fringe  » ; après « Deadwood » de très haute mémoire, voici qui pointe le nez du prometteur « Copper », revoyons «  Soprano », « Six feets under  » (au final duquel vous vous tapez huit bons jours de blues pour cause d’abandon rédhibitoire…) et puis…

Et puis : « Tremé ». Tremé, nom d’un quartier musical de la Nouvelle-Oréans. Série chorale, sans jeux de mots. Personnages : des musicos. Lieu : la Nouvelle-Orléans, bien entendu. Le temps : quelques mois après le passage de Katrina. La vie, revenue, perdue, reconstruite. Ça, c’est big top ! Deux saisons déjà. On voudrait que jamais ça ne s’arrête. Que chaque soir, à jamais, on puisse aller au cinéma dans les méandres de ces rues-là, du fond de notre salle de séjour-projection.

Et enfin « Smash  », ou comment écrire, monter, produire, créer, interpréter une comédie musicale qui traitera de rien moins que la vie de Marilyn Monroe, en même temps que vivre et s’aimer et se mordre, avec au centre de la danse la plus que merveilleuse, à voir et entendre, Katharine McPhee… ( soupir)


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