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Crise à Polytechnique

dimanche 5 octobre 2014, par Christian Harbulot

Du problème croissant de la formation des élites

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La crise que vit aujourd’hui l’Ecole Polytechnique est symptomatique de la non pensée qui prévaut dans le monde politique à propos de l’orientation des structures de formation financées majoritairement par les fonds publics. Depuis des décennies, cette grande école que l’on fait encore défiler de manière pavlovienne dans les premières unités représentatives de la cérémonie du 14 Juillet, a perdu toute dimension patriotique. La très grande majorité des diplômés de l’X part dans le privé, en particulier dans la finance. Les anciens élèves profitent de la mauvaise rédaction d’un texte de décret pour ne pas rembourser l’argent dû à l’Etat dans le cas d’une telle décision. Mais il y a plus grave. L’Etat ne donne aucune directive sur l’orientation de cette institution qui pourrait jouer un rôle d’avant-garde dans la mise en perspective des écosystèmes dont a besoin l’économie française pour se régénérer.

Vivant sur sa rente de situation historique, l’Ecole Polytechnique est devenue le symbole de l’incapacité des élites à s’investir dans un projet collectif pour enrichir la France. Il en est de même de l’Ecole Nationale d’Administration qui s’avère incapable de muter pour sortir de cette vision périmée du monde dans laquelle l’a enfermée le processus de reproduction de la haute administration. Les futurs acteurs de la gouvernance française n’apprennent pas les mécanismes d’accroissement de puissance qui prévalent dans le monde du XXIe siècle. Ils en sont restés à une lecture rassurante de l’après guerre dominée par les Etats-Unis et les rouages économiques et normatifs du monde occidental. L’évidence d’une France très fragilisée ne leur saute pas aux yeux. Pourvu que cela dure est leur corps de doctrine individuel intime. Priorité au classement de sortie et à la place au soleil. Un tel laisser-aller dans la matrice profonde du système central dont dépend l’avenir du pays, a quelque chose de désespérant.

X est devenu le symbole de l’incapacité française

Les défenseurs des dogmes ripolinent leurs idées en s’inventant de nouvelles légitimités. Tel universitaire libéral vient nous rappeler que l’Etat ne doit pas se mêler d’économie en faisant fi d’une réalité pourtant bien voyante : les économies conquérantes (Etats-Unis, Chine, Allemagne, Russie, Corée du Sud, Brésil…) s’articulent toutes autour d’un projet de puissance qui ne dit pas son nom. Nous ne sommes pas dans cet état d’esprit. Une partie de la société française le revendique haut et fort. Mais nous le payons très cher au quotidien. Le pacifisme consumériste ne conduit pas au village planétaire mais à la dégradation du niveau de vie de larges couches de la population, à la réduction de nos marges de manœuvre dans les domaines vitaux de l’activité humaine et à la soumission à la loi du plus fort.
Cette évidence est niée par les forces « rassurantes » qui se targuent d’être les sauveurs de la démocratie. L’incantation en politique, même si elle est le fait d’une bête de scène comme Nicolas Sarkozy, a fait son temps. L’heure n’est plus aux recettes électorales mais à la réécriture des fondamentaux de notre stratégie de puissance


Repères :

Retrouvez Christian Harbulot sur www.ege.fr


Par Jean-Claude Harbulotle 9 octobre 2014 : Crise à Polytechnique

Dans l’excellent article de Christian Harbulot une malencontreuse coquille s’est glissée.

Deuxième paragraphe : "...pour sortir de cette vision périmée du monde dans laquelle l’a enfermé...", il faut écrire " enfermée" puisque le complément d’objet direct précède le verbe transitif de la proposition relative au passé composé. Ce complément d’objet est le pronom "l’" ( mis poour la ) désignant l’Ecole Nationale d’Administration ; donc le participe passé du verbe enfermer doit s’accorder et s’écrire au féminin.


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