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Défendre la cause des harkis est-il fatalement d’extrême droite ?

dimanche 4 mars 2012, par Emmanuel Lemieux

Le philosophe Tzvetan Todorov propose que la France aide l’Algérie à retrouver leur mémoire criminelle commune

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Tzvetan Todorov invite à ce que Français et Algériens examinent la page noire des accords d’Evian : le massacre des harkis

Ce 19 mars 2012,on commémore le cinquantenaire des accords d’Evian qui ont mis un terme à la guerre d’Algérie. A chaque guerre, ses pertes et ses faillites morales, ses héros, ses salauds, ses victimes, ses questions sans cesse posées et ses tabous durables. La France 2012 semble se concentrer sur les derniers témoins pro-Algérie française de l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète), et réédite des témoignages majeurs de l’époque tels La Question d’Henri Alleg (Minuit), Le Déserteur de Maurienne (Minuit, toujours) ou encore les actes du procès qui devait interdire ce livre, le formidable document Provocation à la désobéissance (Minuit, encore).

Mais, semble t-il, il est moins aisé de se souvenir avec précision du sort des harkis, supplétifs locaux de l’armée française, dans l’immédiat après-Evian. Les causes de leur participation à la guerre contre les indépendantistes algériens sont multiples : volontaires par idéologie (une minorité), enrôlés malgré-eux, retournés par les services ou venus par opportunité de ressources. Or, il était prévu dans les accords que les actes et les prises de position antérieures à la fin du conflit ne déclencheraient aucune mesure de rétorsion ni de vengeance. En juillet 1962, les massacres de harkis commence. On les enterre vivants. On en fait bouillir dans des marmites. Certes, les autorités françaises ne l’ignorent pas, mais rien n’est organisé pour dénoncer cette répression ni surtout pour faire venir en masse les parias de l’Algérie.

Pour la gauche et une forte majorité d’intellectuels, les harkis sont des collabos

Les intellectuels français ? Dans leur forte majorité, ils furent pro-FLN. Après avoir soigneusement passé au Typex ceux, minoritaires, qui étaient partisans du MNA (Mouvement National Algérien) de Messali Hadj (Jean Cassou, Claude Lefort, Edgar Morin, Roland Barthes, Etiemble, Maurice Merleau-Ponty, Jean Rouch, Paul Ricoeur, ou encore Jacques Prévert), ils sont comme la gauche française qui a longtemps considéré que les harkis étaient des collabos à passer par pertes et profits de la révolution algérienne. De 50 à 60 000 tués cela fait beaucoup à mettre sous le tapis de l’histoire. 90 000 harkis parviendront bon gré mal gré jusqu’en métropole, et seront parqués à la va-vite, loin d’une opinion publique fatiguée de cette guerre et qui a soif de modernité et de consommation.

Insulter ou dénigrer les harkis pourrait être bientôt passible de 12 000 euros à 45 000 euros

Depuis, la cause des harkis méprisés a été reprise, si ce n’est reprisée par l’extrême droite qui en a fait des idiots utiles pour mieux servir la thèse de l’Algérie française et nourrir le livre noir du FLN. La mémoire et ses effets avancent lentement, au pas d’un sénateur pour ainsi dire : le 27 février, le Sénat a adopté en deuxième lecture, la modification de l’article 5 de la loi du 23 février 2005 destinée à protéger les harkis de toute agression les déshonorant. Les traiter de "sous-hommes" comme le fit le président du Conseil régional Languedoc-Roussillon, feu Georges Frèche, en 2006 coûterait maintenant à l’édile de 12 000 euros (insulte) à 45000 euros (diffamation). Toutefois, le texte voté par les députés a enlevé toute référence identitaire aux harkis en ne retenant que le terme "anciens supplétifs". En logique républicaine et laïque, il s’agissait de retenir tous les anciens supplétifs, comme il a été précisé par le ministre des relations avec les parlements, Patrick Ollier, lors du débat au Sénat : " Cette nouvelle rédaction permet d’étendre le champ de protection de la loi de 1881 à l’ensemble des anciens membres de formations supplétives d’Algérie : les harkis, les moghaznis, les makhzens,les groupes mobiles de protection rurale, les groupes mobiles de sécurité ou des groupes d’autodéfense. Par ailleurs, ne l’oublions pas, des formations supplétives ont servi dans les forces françaises lors d’autres conflits, comme les H’Mongs et les Moïs en Indochine. Il existe donc plusieurs catégories de supplétifs. Aussi ce texte vise-t-il – et c’est ce qui lui donne toute sa force – l’ensemble des forces supplétives qui ont servi dans l’armée française, ce qui englobe bien entendu les harkis."

"Examiner les actes commis au nom de notre Etat et de notre peuple"

"Cinquante années après, nous avons tous vieilli. Notre perception du monde a changé" veut croire l’écrivain Alain Vircondelet dans son beau témoignage, La Traversée (First). Il fit partie, lui, du million de Français d’Algérie, les "pieds noirs" qui, en juin 1962, du choisir entre "la valise ou le cercueil". Il note encore sur ces jours qui ont suivi les accords d’Evian : "On se demande comment le peuple algérien peut s’exonérer des meurtres commis au nom de sa révolution, comment il peut justifier les actes de barbarie qui ont été commis, en particulier les quelque 3000 morts lynchés et massacrés à Oran en juillet 1962, 5000 avancent certaines sources, acte purement gratuit de vengeance et d’hystérie alors même que le pays était libéré et les milliers de "colons" tués dans les terres, surtout dans les premières années de la rébellion." Alain Vircondelet est membre du Conseil scientifique du Centre de documentation des Français d’Algérie qui a été inauguré à Perpignan à la fin du mois de janvier.

De la tragédie harkie, Nicolas Sarkozy, candidat à la présidentielle, avait déclaré le 31 mars 2007 : « Si je suis élu président de la république, je m’engage à reconnaître la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre des harkis en 1962, afin que l’oubli ne les assassine pas une deuxième fois  ». Il n’en a rien été. Dans la revue Books (n°30) de mars, le philosophe Tzvetan Todorov aborde cette page noire d’un anniversaire que d’aucuns auraient souhaité apaisé, en évitant ces invités mal élevés de l’histoire francoalgérienne. Le penseur de la démocratie et des totalitarismes va même plus loin. Constatant qu’il serait contre-productif pour un intellectuel français de donner des leçons aux nationalistes algériens, il propose l’idée suivante : "Nous pourrions chercher à leur montrer l’exemple, en acceptant d’examiner les actes commis au nom de notre Etat et de notre peuple à nous."


Repères :

Par Houriale 6 mars 2013 : Appel à se rassembler : La journée de l’abandon des harkis le 12 mai 2013

Le 12 mai 1962, appliquant la politique du Gouvernement en place, Pierre Messmer, ministre des Armées, envoie au général Fourquet, commandant supérieur interarmées, basé à Alger, un télégramme lui demandant de sanctionner les officiers ayant pris sur eux d’évacuer des groupes de harkis depuis l’Algérie vers la métropole.

Trois jours plus tard, le 15 mai 1962, Roger Frey, ministre de l’Intérieur, confirme, dans une lettre adressée au ministre des Armées la volonté des autorités civiles d’abandonner les harkis sur le sol algérien : « ... Des groupes de harkis arrivent ou s’apprêtent à rentrer en métropole dans des conditions assez anarchiques... Il me paraît même probable que, dans certains cas, des harkis ont été incités à franchir la Méditerranée sans qu’ils aient été précisément menacés. Il y a là un danger certain... »

Si Pierre Messmer n’est pas le seul responsable de la tragédie des harkis, ce télégramme, qu’il a signé, est un symbole. Depuis le début de la guerre en 1954, pour servir la politique du gouvernement en place, des responsables militaires ont tout mis en œuvre pour enrôler des hommes, et aussi des femmes, parfois mineurs, pour combattre, en tant que supplétifs, aux côtés des soldats français. Plusieurs centaines de milliers de jeunes, principalement des ruraux, souvent pris en otages par les belligérants, participent à cette guerre. Ces mêmes responsables militaires les rassurent en leur promettant protection en cas de nécessité. Seuls quelques-uns d’entre eux tiendront leur promesse le moment venu.

Cet abandon, confirmé par des historiens, eut des conséquences tragiques dont les stigmates sont encore visibles aujourd’hui. On ne peut passer par pertes et profits les nombreuses exactions subies par d’anciens harkis et leurs familles, les humiliations, les tortures, les condamnations à une mort lente, les massacres. Les témoignages des anciens harkis refugiés en France, les archives nationales et internationales sont là pour l’attester. À titre d’exemple, un document du vice-président du Comité International de la Croix-Rouge (CICR), que nous mettons à la disposition du Président de la République, rapporte que 20 000 anciens harkis sont morts en déterrant, de force, des mines posées par le Génie militaire français pendant la guerre. Plusieurs dizaines de milliers de harkis ont été emprisonnés, en Algérie, à la fin de la guerre. Les autorités civiles et militaires étaient informées de la situation.

Les harkis et leurs enfants ont payé un lourd tribut à la guerre d’Algérie, non seulement en termes de pertes humaines et de drames familiaux, mais en termes d’exil, et, de relégation dans des camps sur le sol français.

Quelques personnalités françaises se sont exprimées sur le sujet :

- Le 13 septembre 1991, Jean Lacouture s’exprime dans l’hebdomadaire Télérama : « Ce tabou-là n’est pas près d’être levé. 100.000 personnes sont mortes par notre faute. Un massacre honteux pour la France comme pour l’Algérie. Le déshonneur est trop lourd à porter ».

- Le 4 novembre 1999, dans le quotidien Le Monde, Dominique Schnapper souligne : « La France s’est mal conduite. Elle n’a pas respecté sa parole pour des raisons politiques. Elle a abandonné à la vengeance de ses ennemis ceux qui étaient engagés pour elle. »

- Le 17 juin 2000, dans le quotidien Le Figaro, Jean Daniel écrit : " … Nous avons tous à demander pardon aux harkis". Le 17 septembre 2009, il revient sur le sujet et rapporte dans l’éditorial du Nouvel Observateur : « De Gaulle a abandonné les harkis : c’est son crime ; et le nôtre ».

- Le 18 mars 2010, à l’occasion de son élection à l’Académie Française, Simone Veil a prononcé un discours où, dans un passage qui leur est consacré, elle a exprimé une réelle compassion vis—à-vis du drame vécu par les harkis et leurs familles en 1962 : « La tragédie de ces familles entières abandonnées laisse en tout cas une tache indélébile sur notre histoire contemporaine. »

Des organisations de défenseurs de droits de l’Homme se sont positionnées sur le sujet :

- Le 10 septembre 2001, dans une tribune de « Libération » intitulée « Harkis : un crime d’état », Michel Tubiana, président de la LDH, écrit : « … La République a commis en 1962, en Algérie, un crime d’État… Il faut que la République reconnaisse sa responsabilité publiquement. »

- Le 20 septembre 2005, Jean-Pierre Dubois, président de la LDH, écrit au Président de la République Jacques Chirac : « N’est-il pas temps que notre pays reconnaisse officiellement qu’il a eu vis-à-vis de ceux que l’on a l’habitude d’appeler les harkis un comportement indigne de lui ? ».

- Le 3 mars 2006, dans un communiqué de presse, Mouloud Aounit, secrétaire général du MRAP, déclare : « Les supplétifs de l’armée française… ont été lâchement abandonnés sur place après le cessez-le-feu ».

- Le 9 septembre 2012, Alain Jakubowicz, président de la LICRA déclare lors des universités d’été de cette association : « (..) Si le message ne vient pas du plus haut niveau il n’est pas entendu. C’est pourquoi je souhaite m’adresser au Président de la république et lui demander solennellement… de rendre justice à nos concitoyens harkis… Le président Chirac, en 1995, 50 ans après la fin de la seconde guerre mondiale, a tenu au vélodrome d’hiver, le discours qu’on attendait d’un Chef de l’État. Il ne s’agissait pas de repentance, il s’agissait de refermer une page d’histoire. Le président Chirac a eu les mots justes en disant ce qui a été. Il n’a pas stigmatisé la France, il lui a au contraire rendu son honneur ; 50 ans après la fin de la guerre d’Algérie, justice doit à présent être rendue (…) ».

Trois Présidents de la République reviennent ou s’engagent sur le sujet :

- Le 25 septembre 2001, lors de la première journée nationale d’hommage aux harkis, Jacques Chirac, prononce, dans son discours officiel : « … Elle [La France] ne laissera pas l’oubli recouvrir la mort et la souffrance… Notre premier devoir, c’est la vérité. Les anciens des forces supplétives, les harkis et leurs familles, ont été les victimes d’une terrible tragédie… Les Harkis ne sauraient demeurer les oubliés d’une histoire enfouie… »

Jacques Chirac parle de souffrance, de terrible tragédie, de devoir de vérité sans reconnaître la responsabilité de la France dans l’abandon et les massacres en 1962.

- Le 31 mars 2007, le candidat à la présidentielle, Nicolas Sarkozy, déclare devant un parterre de membres d’association de harkis : « Si je suis élu, je veux reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre de Harkis et d’autres milliers de ’’musulmans français’’ qui lui avaient fait confiance, afin que l’oubli ne les assassine pas une nouvelle fois. »

Nicolas Sarkozy n’a pas tenu son engagement de campagne.

- Le 5 avril 2012, le candidat à la l’élection présidentielle, François Hollande, écrit aux associations de harkis : « Si le peuple français m’accorde sa confiance, je m’engage à reconnaître publiquement les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des Harkis, le massacre de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil des familles transférées dans des camps en France. Au-delà de cette reconnaissance tant espérée et tant attendue, que l’actuel président sortant a refusé d’accomplir, je veux ici vous faire part de mon intention d’assurer aux Harkis et à leurs descendants la reconnaissance de la République. ".

François Hollande a parlé de fautes, le 25 septembre 2012, mais n’a toujours pas tenu son engagement de campagne.

Pour demander au président de la République de tenir son engagement :

Rassemblement le dimanche 12 mai 2013, à 10 heures

Place en face de l’entrée principale du Palais de justice,

4 boulevard du Palais à Paris – Métro : Cité


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Par LOUANCHIle 29 décembre 2012 : Défendre la cause des harkis est-il fatalement d’extrême droite ?

HARKIS LES CAMPS DE LA HONTE :
lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news
En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l’époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l’Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l’ isolement total de la société française. Sur les
quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd’hui se décide à parler.

35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.

Sur radio-alpes.net - Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13) - Ecoutez : Hocine Louanchi joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d’Evian n’effacent pas le passé, mais l’avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi) Interview du 26 mars 2012 sur radio-alpes.net


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Par Hocinele 24 avril 2012 : Défendre la cause des harkis est-il fatalement d’extrême droite ?

bonjour,je viens solliciter votre attention en ce qui concerne ma situation suite à des démarche de administration... pour h obtenir un logement est travaille.
comment prouvez que je suis une fille d’harkie !!!

dans l’attente d’une réponse
veuillez croire a mes salutation distinguer.

merci


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le 13 mars 2012 : Défendre la cause des harkis est-il fatalement d’extrême droite ?

Se méfier de l’essentialisme : les harkis, dits "bleus de chauffe" qui torturaient en Algérie Français et Algériens, sont-ils à même niveau moral que ceux qui ont effectivement combattus ? Combien de tortionnaires dans les malheureux camps où ils furent enfermés, en France ? Sont-ils dignes de reconnaissance ou redevables de comptes ?


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Par fille de harkis abandonné en algeriele 9 mars 2012 : Défendre la cause des harkis est-il fatalement d’extrême droite ?

J’ai l’honneur de venir très respectueusement pour vous écrire ce message, pour réclamer ma nationalité française ; je réclame une loi qui peut me faire bénéficier de ma nationalité française car je suis Française dès la naissance. Je suis une fille de harkis, je suis née en Algérie française en 1961 au moment de la guerre d’Algérie et au moment où mon père s’est engagé volontaire dans l’armée française pour l’Algérie française.

J’ai envoyé une demande de nationalité française au consulat de France à Alger...mais ma demande est restée sans suite. Je n’ai rien reçu du consulat de France à Alger. J’ai trop souffert dans ma vie ; aujourd’hui j’ai 50 ans, j’habite en Algérie et ma vie est tellement dure que je suis devenue aujourd’hui une handicapée.

Tout a commencé quand je suis entrée à l’école en Algérie ; tout le monde me traitait de « fille de harkis » et j’en ai été perturbée dans mes études que j’ai dû quitter à 10 ans. Je me suis renfermé sur moi-même, à la maison. J’ai peur des gens et des mots « fille de harkis ». A cet âge de 6 ans, je ne connaissais pas ce que voulais dire « fille de harkis » et ça m’a fait peur.

Je suis restée à la maison jusqu’à l’âge de 18 ans et je me suis marié avec un mauvais homme, un alcoolique, parce qu’il n’y a personne pour se marier avec une fille de harkis, c’est considéré comme une honte pour les gens. Je n’ai pas la possibilité de choisir en tant que « fille de harkis ». A cet âge, je ne connaissais rien de la vie, j’étais trop complexée et refermée sur moi-même.

Après mon mariage a l’âge de 18 ans a commencé une autre souffrance avec mon mari et avec l’alcool ; il me frappe toujours et même lui me dis que je suis une « fille de harkis ». J’ai 7 enfants avec lui, 3 majeurs et 4 mineurs. La vie avec ce mari est noire. Il m’a rendu handicapée tellement il me frappe toujours. Mais j’ai réussi à fonder une famille avec lui et à avoir des enfants. Mais même à mes enfants, je n’ai pas pu leur donner tout l’amour dont ils ont besoin.

Ma vie a été très dure depuis le début et à ce jour je souffre, je ne connais rien de la vie car j’ai quitté l’école a l’âge de 10 ans. Je vous écris ce message grâce a mon fils ; il a 28 ans, un bon niveau d’étude et il connait bien le français. Parce que moi je ne sais plus ce qui se passe dans la vie mais c’est grâce à mon fils que je comprends beaucoup de choses.

J’ai attendu l’âge de 50 ans pour réclamer ma nationalité française. C’est par mon fils que je vous écris mon histoire en tant que fille de harkis, une fille qui est née Française d’un père engagé volontaire dans l’armée française pour l’Algérie française. Je me demande, si l’Algérie était restée française est-ce que je serais devenue une étrangère ? Je me demande pourquoi mon père devint étranger a l’indépendance de l’Algérie, lui qui a sacrifié sa vie ainsi que la vie de sa famille pour l’Algérie française ?

Je me demande pourquoi la France a mis mon père a la même place que les Algériens qui ont combattu pour l’indépendance de l’Algérie ? Je me demande pourquoi la France n’a pas fait la différence entre ses ennemis et ceux qui ont sacrifié leur vie pour la France ? Je ne sais pas comment un enfant étranger mais qui est né en France devient français même si ses parents sont les ennemis de la France ? Et moi, je suis née en 1961 en Algérie française, d’un père soldat dans l’armé française, engagé volontaire dans l’armé française au moment de la guerre d’Algérie. Je suis née et ma vie a été en danger pour la France, d’un père qui a sacrifié sa vie et la vie de sa famille pour la France et pour les valeurs de la République française, et pour vivre ensemble et pour son identité française.

· Je vous écrit ce message pour réclamer une loi pour avoir ma nationalité française qui a été retirée à l’indépendance de l’Algérie j’ai perdu la nationalité française dans mon enfance et mon père c’est engagé volontaire dans l’armée française pendant la guerre d’Algérie pour l’Algérie française et contre l’indépendance de l’Algérie merci

C’EST POUR L’HONNEUR DE LA FRANCE QUE J’AI SOUFFERT TOUTE MA VIE EN ALGERIE

A ce jour je souffre en tant que fille de harkis
Fille d’un homme qui a défendu la France au moment de la guerre
Fille d’un homme qui a défendu l’honneur de la France au moment de guerre
A l’honneur de la France que mon père a défendue
A l’honneur de la France que j’ai souffert pendant 49 ans rendez- moi mes droits
Arrêté de m’envoyer des messages comme quoi j’ai aucun droit
J’ai souffert dans ma vie pour l’honneur de la France

Mon père a sacrifié sa vie, ainsi que la vie de sa famille pour la France lorsque la France avait besoin de lui au moment de la guerre
Aujourd’hui on a besoin de la France au moment de paix

Fille de harkis abandonnée en Algérie


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