Des historiens de l’EHESS partent en guerre contre Hubert Védrine

Le 9 novembre 2018, par Rédaction

Après Stéphane Audouin-Rouzeau, c’est au tour de l’historien André Burguière de s’indigner et d’appeler au boycott d’un séminaire qui a pour invité Hubert Védrine.

#Mentalité

Polémique. Et de deux ! « La section de la Ligue des Droits de L’Homme de l’EHESS tient à dire après notre collègue Stéphane Audoin-Rouzeau son indignation qu’un séminaire de la FMSH sur « Violence et sortie de la violence » puisse inviter Hubert Védrine, secrétaire général de l’Elysée au moment du génocide du Rwanda, à venir parler "du rôle de la recherche pour la prise de décision dans les crises internationales". » Dans un mail adressé lui aussi à tous ses collègues le 8 novembre, un autre gros calibre de l’École, l’historien André Burguière, emboîte le pas et fait feu sur l’un des invités du séminaire de la Fondation de la maison des sciences de l’homme, que préside Michel Wieviorka. Comme nous le révélions hier. Rappelons que la FMSH n’est que voisin de pallier et de structure de l’École des hautes-études, mais les frontières sont poreuses.

Hubert Védrine « est libre bien sûr d’exposer où il le veut sa défense de la politique criminelle suivie alors par la France » mais pas à L’École

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André Burguière, historien et ancien directeur d’études à l’EHESS. De nombreux essais dont L’École des Annales. Une histoire intellectuelle (Odile Jacob, 2006), Le Mariage et l’Amour en France (Seuil, 2011) et La gauche va t-elle disparaître ? (Stock 2017).

L’invité maudit a été invité fin novembre à disserter en conclave sur les prises de décisions en matière de politique internationale. Burguière estime que cette invitation est insultante d’un point de vue mémoriel et scientifique. « Celui qui était le plus proche collaborateur du Président François Mitterrand au moment où le gouvernement français ordonnait à son armée de soutenir et d’armer au Rwanda un régime responsable du massacre de 800 000 Tutsis, est libre bien sûr d’exposer où il le veut sa défense de la politique criminelle suivie alors par la France. Mais qu’il vienne le faire dans notre École… ou juste à côté, serait une insulte pour les victimes des massacres mais aussi pour les collègues de notre Ecole (dont le regretté José Kagabo) qui se sont attachés à procurer à l’élucidation de cette tragédie l’éclairage d’une véritable recherche. »

André Burguière invite ses collègues et étudiants de l’EHESS a une contre-conférence expresse, que tiendra Stéphane Audouin-Rouzeau, " Questions sur le génocide des tutsi rwandais " ( mercredi 14 novembre à 12h 30 à l’amphi Furet, 105 Bd Raspail) . Et appelle « en revanche au boycott en signe de protestation du séminaire de la FMSH »... dédié aux violences et aux moyens de s’en sortir.



Par Jean Weberle 10 novembre 2018

Je pense tout au contraire qu’il faut le faire venir et l’entendre, Hubert Védrine. C’est ainsi qu’on peut prétendre juger. Écouter ne signifie pas approuver...

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    Par Amb. Joseph Mutabobale 14 novembre 2018

    Hubert Vedrine immortalise la fameuse “ Poupée qui dit Non, Non, Non...” Gardez-le hors de portée de blesser les victimes une nième fois.


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    Par Jacquesle 14 novembre 2018

    Mr Burgière,
    Je salue votre vigilance et votre détermination à dénoncer cette prise de parole de Hubert Védrine. M Védrine a manqué son occasion d’arrêter tout au moins de limiter la violence inouïe du génocide contre les Tutsi au Rwanda, il en cherche une de se reprendre dans un séminaire. Il a commis une grossière erreur, il n’a pas de leçons à donner, plutôt des réprimandes à recevoir !


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