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Du sexe et de la drogue en temps de guerre

samedi 13 août 2016

Chercheurs et journaliste s’intéressent aux représentations et violences sexuelles lors de la guerre d’Algérie, ou aux pratiques toxicomanes sous le nazisme.

Société. Le groupe État islamique (EI) a réactualisé les pratiques sexuelles en temps de guerre, notamment par leur mise en esclavage sexuel des femmes yazédis, minorité ethnique considérée comme les hérétiques irrécupérables de l’islam, mais aussi par l’usage frénétique du Captagon, la drogue pour les combats.

" Féminiser l’ennemi, surviriliser le pouvoir."

Les violences sexuelles dans la guerre d’Algérie ont intéressé un groupe de chercheurs, historiens, anthropologues, sociologues et psychanalystes, conduit par Catherine Brun, maître de conférences en littérature à la Sorbonne nouvelle – Paris 3, -et à qui on doit déjà l’ouvrage La guerre d’Algérie, les mots pour la dire (2014) et Todd Shepard, historien, professeur associé à la John Hopkins University et spécialiste de l’histoire coloniale française. Le sexe, la violence et et la guerre d’Algérie ( CNRS éditions, 300 p., 25 €, le 8 octobre ) s’interroge sur "cette omniprésence du sexe dans les représentations réciproques des ennemis. Si des travaux existent, tentant de dire la réalité des exactions et plus particulierement de la torture et des viols, peu prennent pour objet la sexualisation du conflit, qu’il s’agisse de féminiser l’ennemi ou de surviriliser le pouvoir."

Un fait têtu : Les représentations sexuelles " obsèdent" les discours et les figurations de la guerre, et ce, des deux côtés. Ainsi l’étude collective fait état des viols (des femmes comme des hommes), émasculations, bâtardises, exacerbations viriles, tortures ciblées, outrages sexuels des cadavres, sans oublier le commerce des corps. Ce prisme scientifique fait ressortir l’importance des violences sexuelles dans le quotidien d’une guerre. Pour ce qui concerne le côté français, la psychiatrie coloniale de l’École d’Alger aura beaucoup influencé " la stigmatisation de l’impulsivité criminelle chez l’indigène algérien".

L’Allemagne hitlérienne des années 30-40 : une "défonce" généralisée et spectaculaire.

Autre aspect étudié dans un autre ouvrage, celui de la toxicomanie belliqueuse. Le journaliste et documentariste Norman Ohler en fait état dans, tout un programme, L’extase totale ou Le IIIe Reich, les Allemands et la drogue (La Découverte, 250 p., 21 €, le 8 septembre).
L’enquête de long souffle qui a eu un grand succès en Allemagne se base sur l’exploitation d’archives, qui permet de dresser avec la narrative fiction si plaisante du journalisme anglo-saxon, la fresque impressionniste et impressionnante d’une toxicomanie massive dans l’Allemagne hitlérienne des années 30-40. Toute une société, des dirigeants aux intellectuels, des étudiants aux soldats de la Wehrmacht, se sera ingéniée à la défonce. Le plus spectaculaire est l’obsession de l’armée allemande qui commanda 35 millions de comprimés de pervitine (méthamphétamine ou crystal met) avant de se lancer à la conquête de la France. On vit ainsi des fantassins dopés marcher en rangs serrés et sans mollir jusqu’à 60 kilomètres par jour, et des conducteurs de blindés insomniaques et résolus.


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