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Eleanor Roosevelt, une first lady de première

vendredi 13 juillet 2012, par Benjamin Coderc

Pollué par la critique aux gros sabots de Valérie Trierweiler, le portrait d’Eleanor Roosevelt (Tallandier) signé Claude-Catherine Kiejman vaut mille fois mieux que cette piètre instrumentalisation

Une femme forte, une rebelle au grand cœur et à l’esprit incisif, un personnage moderne et attachant que (comme le veut la formule frelatée) « rien ne prédisposait à un tel destin »... La récente biographie d’Eleanor Roosevelt signée Claude-Catherine Kiejman* donc "tombait à pic ".

Et il n’en fallait pas moins à la créature mi-first midinette de notre nouveau président pour légitimer un peu sa présence à la tête de l’Etat, et nous faire prendre conscience avec force subtilités de tout le courage avec lequel on mène de front une double vie de femme libre**. Il est en effet bien difficile d’apprécier le travail de l’auteur sans l’entrevoir aussitôt à travers le prisme un tantinet exaspérant de la nouvelle téléréalité élyséenne. Curieuse manie Paris-Matchienne.

Bien sûr, c’est de bonne guéguerre. Et si le sérieux devrait évidemment nous contraindre à mettre de côté l’anecdotique pour ne s’intéresser qu’à la substantielle moelle hagiographique, d’autant plus lorsque l’on sait qu’un bon éditeur ne se privera jamais d’une de ces petites connexions fortuites entre le monde des vivants et celui des morts inspirants, comment résister ? Et puis après tout, est-ce bien là le plus important ? La critique pré-présidentielle n’a pas vraiment fait frémir les ventes de la biographie. Mais qu’importe, tout comme son héroïne du jour, notre first lady à nous aussi est journaliste ! Une telle modernité, teintée d’élégance et de caractère… Réjouissons-nous ! Car, très honnêtement, les pièces jaunes, c’était tout juste bon pour Bobonne et Potiche. Non ?

Car tout de même encore… Il y a quelque chose de terriblement réjouissant à voir Valérie T. s’éprendre avec tant de grâce de la statue d’Eleanor. Comme si Herman Van Rompuy se sentait soudain d’invoquer publiquement le fantôme de Marc-Aurèle afin de nous faire toucher du doigt toutes les vicissitudes inhérentes à l’administration d’un empire : un grand moment de solitude.

Une ode au féminisme élégant

Toujours est-il que le document de C-C Kiejman ne laisse que peu de choix au lecteur. Admirer Eleanor Roosevelt ou admirer Eleanor Roosevelt (pouvait-il seulement en être autrement ?). Documentée, sincère, aussi fluide que captivante, la lecture d’ Eleanor Roosevelt. First Lady et rebelle se révèle de fait extrêmement plaisante. Un vie de roman ou le roman d’une vie, largement à la hauteur de la femme la plus célébrée d’Amérique, après Beyoncé. Une ôde à un féminisme élégant et une voix de plus en faveur de la réhabilitation du féminin dans le bourbier misogyne de la grande Histoire.


Repères :

Eleanor Roosevelt. First Lady et rebelle, de Claude-Catherine Kiejman, éd. Taillandier, 253 pages, 19,90  euros. Sortie : 18 mai 2012.


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