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Eric Naulleau aurait un mauvais Esprit des Péninsules

samedi 6 novembre 2010, par Emmanuel Lemieux

Eric Naulleau a été épinglé par la justice qui estime que l’éditeur et chroniqueur d’On n’est pas couché a spolié son actionnaire majoritaire, en déposant la marque de leur ancienne maison d’édition, L’Esprit des péninsules, à son insu.

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Eric Naulleau, éditeur et chroniqueur d’On n’est pas couché (Darius pour Lesinfluences.fr)

L’Esprit des Péninsules ? C’est à Sofia qu’il faut aller chercher les origines du nom de la maison d’édition cofondée en 1998 par Eric Naulleau et Rodrigo de Zayas. L’écrivain bulgare Yordan Raditchkov, expliquant à un journaliste le succès de ses livres dans les pays scandinaves en comparaison de l’indifférence française, tint cette expression allégorique :

" Peut-être s’agit-il d’un esprit des péninsules ! Vous savez, personne ne considère que le couloir est une pièce de l’appartement. L’Europe non plus ne s’occupe pas des couloirs, des péninsules. "

En 1993, Eric Naulleau, ex attaché parlementaire, avait même baptisé de l’Esprit des péninsules une association loi 1901, où il assurait les activités d’édition.
Mais les choses sérieuses débutèrent en 1998, et cela commença comme une douce lune de miel : le pianiste et écrivain Rodrigo de Zayas, de plus classé à gauche, avait consenti à investir dans cette maison d’édition gérée par Eric Naulleau, près de 2,5 millions de francs de l’époque.
Durant une dizaine d’années, L’Esprit des péninsules (EDP) fut une entreprise éditoriale pleine de ferveur et de courage. On y publia d’ailleurs Yordan Raditchkov, mais bien d’autres chefs d’oeuvre balkaniques ou des pays arabes. Rodrigo de Zayas lui même y publia une tétralogie monumentale d’un millier de pages, intitulé "Ce nom sans écho". Alors pourquoi se méfier ?
En 2003, Eric Naulleau, à l’insu de son associé, a déposé la marque "L’Esprit des péninsules".

Lorsque la maison d’édition, criblée de dettes malgré le succès du 100e livre du catalogue, La littérature sans estomac, pamphlet de Pïerre Jourde, se retrouve dans la tourmente financière, l’actionnaire principal songe à vendre ses parts à un éditeur libéral, proche de José Maria Aznar. Le conflit entre les deux associés s’amorce. Blocages, fâcheries, vexations. Et dans le bras de fer, le pianiste actionnaire découvre que s’il a régulièrement versé de l’argent à l’EDP et Eric Naulleau, la marque ne lui appartient pas.

Carambouille sentimentale

La cour d’appel de Paris a bien reconnu, ce jeudi 4 novembre, la "mauvaise foi" d’Eric Naulleau.

Au JDD, Eric Naulleau assez confus a plaidé la carambouille sentimentale : "Cette marque me tient à coeur, c’est mon côté sentimental, je vis avec elle depuis dix-sept ans et je considère qu’elle m’appartient." Désormais, cette marque, tout comme Eric Naulleau, entretemps devenu star audiovisuel "bankable", a rejoint le giron de l’éditeur Jean-Claude Gawsewitch. Or, en 2007, le tribunal de commerce de Paris a placé la société L’EDP en redressement judiciaire, puis ordonné sa liquidation. Cette maison d’édition détient un joli catalogue de 200 ouvrages. Avocats et conseils des deux bords vont devoir débrouiller une demande des juges : transférer la marque " à compter de de la date de dépôt" à "la société L’Esprit des péninsules, représentée par son liquidateur". Eric Naulleau a fait appel.

" Les vies humaines sont des phrases écrites avec beaucoup d’amour et d’inspiration, mais pleines de fautes", dit souvent l’écrivain Yordan Raditchkov. Si ça peut consoler.


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