« Et merde putain bordel cornegidouille fouchtra », Jimmy Gladiator est mort

Le 12 avril 2019, par Rédaction les influences

Le poète libertaire et créateur de nombreuses revues culturelles surréalistes a cassé sa pipe le 10 avril dernier. L’un de ses amis, Abdul Kader El Janabi, lui rend hommage.

#Culture

Influenceurs. Les Ossements dispersés... Ce fut le premier fragment autobiographique repéré en 1994 de Jimmy Gladiator (aux éditions L’Embellie roturière). L’un des grands poètes incontournables et inconnus de la planète libertaire a disparu corps et biens le 10 avril. Né le 7 janvier 1948 à Paris, quartier des Batignolles, il gîtait à Houilles. Sous ce pseudo de combat, il se dépensa sans compter à créer, lancer, animer des fanzines, des feuilles de chou et des revues : Le Melog (1975-1978), La Crécelle noire (1979-1981), Hôtel-Ouistiti, Camouflage ou Au libre olibrius. Rien que les titres nous font encore saliver comme devant des friandises surréalistes.
On navigue sur ses titres de poésies et de romans, La Braise des fois, (Reflex, 1997), Les Petits Vieux de la bonne sieste, (L’Esprit frappeur, 2002), À Spleen vaillant, d’un rien possible, Roman Rock’n Roll (1978-2005), (L’Harmattan), D’un voyage en Palestine. Itinéraire d’Houilles à Tulkarem, (Ab Irato, 2005), De paille et d’or ou Le Guignol des Batignolles, (Éditions Rafaël de Surtis, 2011). À Jimmy Gladiator, Les éléphants de la patrie (Libertalia, 2008) reconnaissants !

Poète et militant anar, il était « arpenteur et orpailleur »

Militant de la CNT, à vivre de bouts de ficelles, d’articles sur l"histoire de l’automobile et de bar associatif (La Mouette rieuse dans les années 1980), il chercha à faire de sa vie un Blasphème autobiographique (opus publié aux Éditions Rafael de Surtis sises 7 rue Saint-Michel - 81170 Cordes sur Ciel).
Sa langue fut celle d’un gladiateur des Lettres, électrique, insoumis, foutraque. Extraits de Contemplé d’abîme, je merveillais les cauchemars

« Et merde putain bordel cornegidouille fouchtra
Ventre saintgris do prdlele couilles de bouc bite de bœuf
Et merde pute borgne trouduc du pape foutredieu
ben vla aut’chose foutue vie cheyenne d’existence
vinguieux morbleu chierie dégueulis fausse-couche de crapaud
diantre et merde et nom de zeus et merde et merde

bon qu’est-ce que je fais
quand le verbe faire est de futur limité
très limité

bon qu’est-ce que je dis
et à qui
toute mon image qui change de goût
de couleur et d’odeur
la vache
… »

L’un de ses amis, Pierre Peuchmaurd, l’a décrit comme « arpenteur et orpailleur  ». Une démarche, toute une vie « à ne rien rendre à César, à errer aujourd’hui dans les ruines futures de l’Empire. À écrire des poèmes, à chercher l’or du sang. »
À l’annonce de son décès, le poète surréaliste et libertaire Abdul Kader El Janabia fait circuler sa petite légende à lui de Jimmy Gladiator.

Jimmy GLADIATOR (7 janvier 1948- 10 avril 2019)

La nuit est morte
Morts aussi tous ces instants profonds
Qui exigeaient qu’on les vive
Sur le zinc
Entre les cahiers solitaires
Sous les réverbères des songes
Et les éclairs de printemps.
Oyez les crécelles
Dans les terrains vagues
Jouant sous la fraîcheur du regard
Avec des rires allumés de fables.
Ainsi voyagent les jours
Tels le froid et la douceur de la marche.

Abdul Kader El Janabi




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