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Europe : meurtre à l’italienne

mardi 26 février 2013, par Christian Harbulot

Avec des élections italiennes anti-européennes et une pensée politique en panne sèche, la France a t-elle une responsabilité historique à assumer ?

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Le score du mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo aux dernières élections italiennes est-il un signe de l’effondrement des repères politiques en Europe ? Lorsque les peuples commencent à voter n’importe comment et pour n’importe qui, il est temps de se demander pourquoi. L’Europe est aujourd’hui écartelée entre deux mondes : Les Etats-Unis qui ne souhaitent pas qu’elle devienne une puissance et les nouvelles puissances qui profitent de l’affaiblissement économique de l’Occident. Cette réalité la condamne à subir ce jeu d’influences contradictoires sans capacité réelle de renverser la situation à son profit. Autrement dit les Etats-Unis la maintiennent à flots pour ne pas se retrouver avec un front incontrôlable dans leur dos face à l’Asie. De son côté, la Chine et les nouveaux entrants ont intérêt à préserver la cohésion de ce marché captif pour écouler ses produits.

L’Europe est aujourd’hui écartelée entre deux mondes : Les Etats-Unis qui ne souhaitent pas qu’elle devienne une puissance et les nouvelles puissances qui profitent de l’affaiblissement économique de l’Occident

C’est dans cet espace d’incertitudes, générées par l’évolution des rapports de force entre les puissances non européennes, que s’érode peu à peu la légitimité populaire des partis politiques des pays membres de l’Union Européenne. Sans affirmation de la puissance, l’Europe est condamnée à vivre du bon vouloir d’autrui. Les électorats aussi peu informés soient-ils du dessous des cartes, expriment ce malaise à leur manière, c’est-à-dire par la dérision et l’opportunisme comme le démontre si abruptement le résultat des élections italiennes. Comment contourner cette situation de dépendance stratégique ?

Notre pays a-t-il une responsabilité historique à assumer ? A l’image de l’intervention au Mali où la France a enfin osé prendre ses responsabilités, seule, les autorités françaises doivent adopter un « parler vrai » en matière de stratégie communautaire. François Hollande dont la pensée économique n’est pas le point fort n’a pas d’autre choix que de surprendre une fois de plus. Alors que l’Allemagne et la Grande Bretagne se concentrent sur leurs intérêts réciproques, il n’est pas interdit à la France de porter un message fort afin d’amener l’Union Européenne à imiter les Etats-Unis pour sauver leur économie nationale : plan ambitieux de création d’emplois et d’activités sur le sol européen, mesures protectionnistes assumées pour faire face à la concurrence déloyale, définition communautaire d’axes prioritaires de développement.
Le refuge dans l’attente hypothétique de la relance et la défausse d’idées exprimée par la sempiternelle hausse des impôts risquent de signer l’arrêt de mort de la gouvernance socialiste. Mais l’enjeu n’est pas qu’électoral. C’est aussi le fragile cadre de développement édifié sur les ruines de la seconde guerre mondiale qui est menacé. Le piège dans lequel se sont laissé prendre les élites européennes depuis des décennies résulte d’un repli assumé sur le consumérisme et l’abandon de toute recherche d’identité collective. Pour tenter de sortir d’un tel cul de sac, ce ne sont pas les partis politiques qu’il faut dissoudre mais c’est le courage d’exister qu’il faut prendre à deux mains.


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