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Fillon-Copé, « ah, les p’tites femmes, les p’tites femmes de Paris ! »

jeudi 27 septembre 2012, par Philippe-Joseph Salazar

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Le Rhéteur cosmopolite tire sa révérence. Ceci est ma 46e et dernière chronique. Mais je quitte la scène sur l’entraînant duo chanté par BB et Jeanne Moreau, « ah les p’tites femmes, les p’tites femmes de Paris ! ». Pourquoi ? Eh bien, pour vous inviter à décrypter le duo Fillon-Copé, en glissant sur le livre de l’un et le programme de l’autre la crinoline des paroles de J.-C. Carrière, et d’effeuiller nos deux effeuilleuses de l’UMP – allez, cliquez sur la pétulante séquence de Viva Maria [1] :

ou sur l’affriolante version Dalida-Mireille Mathieu :

Viva Maria,1965. L’année où le Général fut porté par le suffrage universel à la présidence. L’année du lancement du satellite Astérix par la fusée Diamant, qui fit de la France la troisième puissance spatiale. 1965, quand nous étions heureux et que BB et Jeanne Moreau chantaient « ah les p’tites femmes, les p’tites femmes de Paris ! », un nouvel hymne national.

Dans ma première chronique, j’écrivais [2] : « Ce ne sont pas des livres qui font gagner une élection, mais une « idée », toujours simple, qui frappe, avec l’énergie heureuse de l’évidence mentale et de l’image sensorielle : « travailler plus pour gagner plus, « yes, we can ! », « la force tranquille », « Giscard à la barre ». Des « idées », simplettes, des idées idiotes (« idiot », en grec ancien= ce qui se suffit à soi-même), des mots qui se suffisent à eux-mêmes - tout comme les crayons de maquillage et les fards au rayon des cosmétiques ». Bref, un refrain.
Alors, voulez-vous suivre avec moi les couplets de l’immortel duo, sur le mode plaisant qui sied à l’Ile des Pingouins où nous vivons désormais, comme dans le roman inspiré d’Anatole France ?

Premier couplet, chanté par MM. Fillon et Copé, artistes lyriques de la scène parisienne :

De deux choses l’une
Deux jambes ou deux yeux,
C’est toujours par deux
Qu’on cherche fortune.
Mais blondes ou brunes
A Paris font mieux :
Une égale deux
Et deux n’en font qu’une.

(Ici le refrain, trois fois : Ah les p’tites femmes, les p’tites femmes de Paris !).

Décryptage : Remplacez « blondes ou brunes » par « chauves ou brunes » et « Paris » par « UMP ». Les deux n’en font qu’un, regardez-les de près. Et comprenez bien que ce duo factice est pour « faire mieux ». L’un fait mousser l’autre. Et après coup, chacun s’y retrouve. On se partage le lot.

Deuxième couplet, où MM. Fillon et Copé donnent une leçon de haute politique :

Au clair de la lune
Deux cœurs capricieux
Font à qui mieux mieux
Maintes infortunes.
On en invite une
Elles viennent à deux.
On invite les deux
Il n’en vient aucune.
(Le refrain).

Décryptage : La morale des deux derniers vers est à méditer pour ceux qui parmi les militants de l’UMP, piètre relief du gaullisme, s’imaginent que l’un ou l’autre feront revenir leur parti d’où il est sorti. Ces deux capricieux causeront maintes infortunes. Et, au bout du compte, aucun ne fera l’affaire.

Troisième couplet, où MM. Fillon et Copé en appellent à Dieu et à la multiplication des pains :

J’en multiplie un,
J’en multiplie deux.
Ah, comme c’est fâcheux
Qu’elles sont importunes !
Dix fois cent fois une
C’est trop périlleux.
Par pitié mon Dieu
Qu’il n’en reste aucune !
(Le refrain).

Décryptage : Eh oui, c’est ce que les partisans de Melle Le Pen espèrent aux municipales, que le cancan Fillon-Copé fasse qu’il n’en reste aucune, d’idée de droite, et que tout ce beau monde, en frous-frous populaires, entonne d’un seule voix le refrain entraînant du parti de papa. Mais c’est périlleux. Par pitié, mon Dieu !

Quatrième couplet, où MM. Fillon et Copé, artistes lyriques, tirent une morale de leur chanson :

N’ayez pas d’rancune
Vous serez heureux.
Dites-leur adieu,
Car deux c’est trop d’une.
La tête y en n’a qu’une
Ah non, y en a deux !
Pour les amoureux
Chacun sa chacune.
(Le refrain).

Décryptage : L’UMP est vouée en effet à avoir deux têtes, ah non, y en a trois, car celle aussi de « mon amoureux ». Mais soyez sans rancune, il y aura distribution de dessous affriolants, de colifichets et de brimborions tirés des caisses, des trésors, des malles de la République : « Ah les p’tites femmes, les p’tites femmes de Paris ! ». Tous en chœur.

Pour ceux que la féminisation des deux sires qui se disputent l’oxymoron de l’ « héritage de Nicolas Sarkozy » choque, je rappelle que Malaparte, dans sa Technique du coup d’Etat, anticipa magistralement la prise de pouvoir de celui qu’il nomma : « Une femme : Hitler ». Mais, là, ce ne sont que des « p’tites femmes ». Et de petits coups.

Je vous salue. Et je vous retrouve, sur le mode sérieux, dans un nouveau projet des "Influences.fr". A très bientôt.


[1De Louis Malle, 1965. La musique est de G. Delerue.


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