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François Hollande ensablé

mercredi 20 mars 2013, par Christian Harbulot

La France s’enlise dans le déni de la guerre économique

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Indépendamment de son bilan historique très contestable après 1949, Mao Tse Toung a apporté un certain éclairage sur l’analyse des contradictions de la société chinoise avant 1949. La situation de la France en 2013 mériterait de se prêter à un tel exercice. Plusieurs contradictions frappent aujourd’hui les esprits dans l’hexagone. Prenons la plus significative : la presse étrangère ne comprend pas pourquoi François Hollande est un chef de guerre responsable dans l’intervention au Mali (décision et prise de risque assumée) et perd sa crédibilité en politique intérieure. A priori, le Président de la République n’était pas plus préparé à mener une guerre militaire qu’à assumer les vicissitudes d’une guerre économique. Dans l’imbroglio malien, il a su trouver le chemin de la légitimité et mettre l’opinion publique de son côté. Dans la crise à rebond de l‘économie française, il n’a pas affiché de vision, pas pris de risque et encore moins trouvé de légitimité comme en témoigne la chute vertigineuse de sa popularité dans les sondages d’opinion.

La presse étrangère ne comprend pas pourquoi François Hollande est un chef de guerre responsable dans l’intervention au Mali et perd sa crédibilité en politique intérieure.

Il est vrai que pour l’intervention au Mali, François Hollande a à sa disposition une force organisée et unifiée qui s’appelle l’armée française. Mao appellerait cela une force unifiée qu’il est dur de diviser. Les criques incohérentes émises par Nicolas Sarkozy dans son interview donnée à Valeurs Actuelles ont fait long feu sur ce dossier et partiellement plombé le message de « come back » du vaincu de la dernière élection présidentielle.

En revanche, sur les questions économiques, le pouvoir exécutif avance en terrain miné. Il n’existe pas en France de force unifiée pour se mettre en ordre de marche dans un processus de guerre économique. Depuis le démantèlement des points d’appui de la politique industrielle gaulliste au milieu des années 70, tout le cadre du discours est à reconstruire. C’est un exercice d’autant plus difficile que la majorité des élites de ce pays et des médias tournent le dos à une telle démarche. Le passage d’Arnaud Montebourg sur Europe 1 du 3 mars dernier est un cas exemplaire de cet autisme des bien-pensants du libéralisme apatride de la fin du siècle dernier. Lors de ce « grand rendez-vous », Jean-Pierre Elkabbach passait d’une question à une autre sans chercher à comprendre le sens des réponses de son interlocuteur. Dans cette caricature d’interrogatoire, Arnaud Montebourg (qu’on aime ou qu’on n’aime pas) a été clair sur un point, celui des rapports de force économiques auxquels notre pays est confronté et qu’aucun des journalistes présents n’a nié et encore moins commenté.

La question reste posée : comment faire naître en France une force unifiée pour mener la guerre économique qui s’impose ? Certainement pas en fuyant le débat par la demande faîte à Jacques Attali de travailler sur "l’économie positive", et encore moins en essayant de gauchiser le discours pour conserver un électorat idéologique qui a toujours tourné le dos à ce type de problématique.


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