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François Ruffin et Arnaud Viviant députés en 2017

lundi 19 juin 2017, par Emmanuel Lemieux

De la théorie à la pratique : Le premier candidat à Amiens-Nord a été élu député au deuxième tour, le second dans le 18e arrondissement parisien poursuit sa route dans la presse et littérature.

Politique. (Réactualisé le 12 juin et le 18 juin) L’un est élu, l’autre poursuit sa route. Le journaliste François Ruffin a gagné la bataille finale dans sa circonscription d’Amiens avec 56% des voix contre son challenger LREM, le romancier et rédacteur en chef de Charles Arnaud Viviant avait fait un petit tour et puis s’en est allé dans la 18e circonscription de Paris.

Il avait louvoyé en décembre, en février c’était fait au carré. François Ruffin, journaliste "indé", fondateur du groupe de médias Fakir et réalisateur de Merci patron ! se présentait dans la 1ère circonscription de la Somme. Ce n’était pas sur son site web qu’il en avait fait l’annonce mais comme tout bon politique, dans Le Courrier picard d’abord et à l’Agence France Presse ensuite. François Ruffin est donc le candidat de la gauche, hors PS, aux élections législatives de 2017 dans cette circonscription (Abbeville-Amiens nord). Il se présente sous l’étendard « La Picardie debout », et a empoché les adoubements de La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, des écologistes d’Europe Ecologie-Les Verts, du Parti communiste français et d’Ensemble, le mouvement de Clémentine Autain.
Son premier meeting s’est tenu à Flixecourt le vendredi 17 février. Il aura également tracté devant l’usine Whirlpool à Amiens, menacée de délocalisation vers la Pologne et particulièrement travaillée par les militants du Front national qui tentent de capter la colère ouvrière.
Qualifié pour le second tour, il a emporté le plébiscite haut la main, après une impressionnante remontada devant le candidat de La République en marche, Nicolas Dumont, arrivé en tête au premier tour. Ruffin élu le 18 juin on verra s’il tient ses promesses de campagne, à savoir : être rétribué au Smic, détenir un mandat révocable et décider de l’usage de sa réserve parlementaire par un jury populaire.

"Techniquement parlant, cette dépersonnalisation de la vie politique, qui est aussi l’enjeu primordial de sa déprofessionnalisation, passera évidemment par l’adoption de la proportionnelle intégrale." (Arnaud Viviant)

Sur sa page FaceBook, Arnaud Viviant commentait : "Avec tout le respect que je dois à François Ruffin, il me faut dire ici que son attitude dans cette bataille, me rend encore plus heureux d’être dans la même élection un candidat libre, indépendant de tout parti, et plus encore de leur union au nom d’un plus petit dénominateur commun (PPDC), dans la XVIIIème circonscription de Paris."

Beaucoup plus bobo mais pas moins indocile, le journaliste, romancier (et ami de la maison) Arnaud Viviant a fait savoir qu’il se présenterait lui en "candidat libre" pour les législatives dans le 18e arrondissement de Paris. Est-ce le numéro 17 de son excellente revue Charles qui lui a donné des idées avec ses romanciers s’imaginant à l’Elysée ? Le critique littéraire et impétrant parlementaire s’en est donc allé sur les terres de Clémenceau, Alain Juppé, Bertrand Delanoë, Lionel Jospin... ou Myriam El Khomri.

Viviant qui voulait "parlementer" aurait t-il été représentatif ? Il y a un an, il publiait dans Le Monde, un article intitulé "Comme tout le monde ou presque, aujourd’hui je suis candidat". Il regrettait notamment que la gauche n’ait pas opté pour une meilleure représentativité :
"Techniquement parlant, cette dépersonnalisation de la vie politique, qui est aussi l’enjeu primordial de sa déprofessionnalisation, passera évidemment par l’adoption de la proportionnelle intégrale : cette loi qu’aurait dû faire voter M. Hollande dès son élection s’il avait voulu être un grand président ; cette loi qu’il fera voter avant la fin de son mandat s’il tient encore à en être un." À la veille de ces élections, il nous commentait sa campagne avec un doux mélange de lucidité, d’auto-dérision et de posture romanesque. Le candidat de la "déprofessionnalisation" revendiquée avec 0,5% doit céder la place à deux monstres "professionnels" : soit Pierre-Yves Bournazel (LR) qui a engrangé 31,8% des suffrages face à Myriam El Khomri (SOC), qui malgré sa loi impopulaire, a capitalisé 20,2%. Les deux candidats se sont déclarés tous les deux Macron-compatibles, mais dimanche 18 juin, c’est le premier qui a été élu député. La biodiversité politique est en marche. Arnaud Viviant, lui, poursuit sa route, et nourrira de son expérience de terrain les pages de sa revue qu’il dirige.


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