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Georges Bataille tape-t-il encore dans l’œil ?

mardi 29 mai 2012, par Les influences.fr

La Revue des deux mondes tente de réanimer la mémoire de l’écrivain

Georges Bataille (10 septembre 1897 - 9 juillet 1962). Histoire de l’Œil, L’Anus solaire, La Part maudite, Madame Edwarda, L’Expérience intérieure, Lascaux, ou la Naissance de l’art, Le Bleu du ciel, L’Érotisme, ... En attendant la biographie de l’écrivain des soleils noirs, de l’érotisme et de la mort, signée Michel Surya et à paraître fin mai chez Gallimard, il n’est pas inutile de se remettre dans l’œil, pour ainsi dire, une actualité de Georges Bataille. La Revue des deux mondes de mai lui consacre un courageux et copieux dossier à facettes, et à la mesure même de son oubli empoussiéré cinquante ans après sa mort.

"Un point d’irréductibilité dans un monde de marchandisation "

Que le fondateur de la revue Critique ou de la très nietzchéenne Acéphale se retrouve ainsi célébré dans une organisation littéraire beaucoup plus pondérée fait symptôme. Il aura certes marqué son temps, outré la justice des bonnes mœurs, influencé bien des jeunes lecteurs mais il n’y a plus un Enfer Bataille. C’est au purgatoire de l’indifférence désormais qu’on l’exhume le temps d’entretiens et d’analyses éclairant pourtant une impressionnante et sourde énergie créatrice et intellectuelle. Ce que confirme dans un entretien, un conservateur de la Blibliothèque nationale, détentrice du manuscrit original Histoire de l’œil, Guillaume Fau : à ce jour aucune exposition digne de ce nom ne lui a été dédiée, contrairement à Artaud, Cocteau ou encore Barthes. Ses Œuvres complètes dans la Pléïade, sous la direction de Jean-François Louette, publiés dans la douleur et enfin en 2004, témoigne également de cette perplexité devant l’œuvre protéiforme de Georges Bataille. Au fond, l’écrivain, revuiste et contributeur du Collège de sociologie, paie sa discrétion de son vivant, comme s’en souvient Philippe Sollers auprès d’Alexandre Mare : "Georges Bataille parlait peu et certainement pas pour ne rien dire. Il s’exprimait d’une voix très douce, ecclésiastique".

Cette dépense trop mesurée de la parole lui aura été sans doute préjudiciable dans la mêlée intellectuelle particulièrement bavarde de l’après-guerre. Il y a pourtant une actualité Bataille en 2012. Michel Crépu le dit bien dans son éditorial : "Cinquante ans après sa mort, Bataille figure plus que jamais ce point d’irréductibilité dans un monde de marchandisation en perpétuelle évaluation et comptabilité de lui-même. Il y a une altérité de Bataille, immense et calme qui n’est pas de ce monde-là. Pour autant, son mode de présence n’en est que plus signifiant, plus précis."


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