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Google dans le collimateur d’un nombre croissant d’entreprises européennes

samedi 5 juillet 2014, par Christian Harbulot

Le second monde en train de naître sous nos yeux, le monde immatériel, est un espace qui sera occupé par les plus malins

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L’information est restée confinée dans les cercles de spécialistes. Quelque 400 acteurs européens du numérique ont pourtant déposé plainte le 15 mai 2014 auprès de la Direction générale de la concurrence à Bruxelles pour dénoncer des pratiques anticoncurrentielles et des abus de position dominante. Cette action n’est pourtant pas anodine. Regroupés sous l’appellation Open Internet Project (OIP), les membres de cette coalition contre Google sont très divers. Il s’agit de grands groupes de média comme l’Allemand Axel Springer, et le français Lagardère Active, de start up, de des syndicats (éditeurs de contenus en ligne et tour operators), ainsi que des associations de défense des consommateurs. La plainte de l’OIP s’ajoute aux 18 procédures en cours à Bruxelles contre le géant américain de l’Internet. Elle pointe du doigt notamment une pratique invisible par les internautes, qui consiste à changer brutalement d’algorithme, ce qui affecte des sites concurrents mais pas les propres sites de Google. »

Dans cette démarche, l’OIP reste profil bas en espérant que cette démarche correspondra au climat feutré qui prévaut dans les couloirs des institutions communautaires. L’avenir dira si cette stratégie est payante.

Il existe aujourd’hui des moteurs de recherche qui sont plus performants que Google

Mais le plus grave n’est pas là. Il existe aujourd’hui des moteurs de recherche qui sont plus performants que Google qui pourraient être notamment utilisés dans un cadre de préservation de la souveraineté nationale. Les start up françaises qui sont porteuses d’une telle innovation ne peuvent espérer bénéficier de l’effet Snowden, c’est-à-dire de la mise exergue de la surveillance que les agences américaines de renseignement comme la NSA exercent notamment sur l’Europe et la France. La création par exemple d’un moteur de recherche militaire qui échapperait à la galaxie du web américain est difficilement imaginable compte tenu de la posture très atlantiste de la gouvernance politique française depuis le départ du Général de Gaulle en 1969. Si une telle initiative est possible technologiquement, elle ne l’est pas politiquement. La haute hiérarchie militaire s’est elle-même enfermée dans une relation privilégie avec les Etats-Unis et l’OTAN qu’il est vain d’espérer une volonté de non dépendance sur ce type de sujet.
La question du contrôle d’Internet est un débat qui, pour l’instant, reste confiné sur le terrain sociétal et traité en proportion du niveau de polémique qui y prévaut.

En France, le débat est quasi inexistant, malgré l’initiative de certains parlementaires comme la sénatrice Catherine Morin-Desailly, qui tentent d’élever ce thème de réflexion au bon niveau stratégique. Le second monde en train naître sous nos yeux, le monde immatériel, est un espace qui sera occupé par les plus malins (puissances comme entreprises). Sans stratégie d’accroissement de puissance dans ce nouvel espace multidimensionnel, la France subira la loi du plus fort. Tant que le pouvoir politique français ne prendra pas ses responsabilités, les beaux discours sur la cyber défense sont à ranger dès à présent au rayon des accessoires de la ligne Maginot.


Repères :

Retrouvez Christian Harbulot sur www.ege.fr


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