Accueil Influenceurs Idéathèque Couveuse Panorama

Bookmark and Share

Il dénonce le mauvais usage de la régulation économique par l’Etat

mercredi 23 septembre 2009, par Isabelle Germain

Comme son papa, le célèbre économiste américain, James K. Galbraith en appelle dans un livre incisif, traduit en français, à un Etat régulateur pour l’intérêt général et non à un Etat prédateur au service des lobbies industriels.

JPEG - 11.2 ko
James K. Galbraith (source : nytmes.com)

Longtemps, économistes ou politiques se sont étripé sur le thème du trop ou trop peu d’Etat. La main invisible de l’Etat était trop puissante aux yeux des libéraux, pas assez aux yeux de leurs adversaires… Foin de subtils déplacements de curseur, James K.Galbraith le démontre sans ambages : la question n’est pas de mesurer l’interventionnisme mais de savoir pour qui roule la puissance publique. Et pour lui, c’est très clair : l’Etat finit par se mettre au service d’intérêts privés et devient un prédateur. Que les Gouvernements soient de droite ou de gauche.
Ce qu’il observe aux Etats Unis se produit partout en Europe et c’est bien pour ça que son ouvrage vient de sortir en France. Les responsables politiques de gauche, sans doute lassés d’être caricaturés en assistés d’un Etat providence pachydermique, se sont convertis au culte de la régulation du marché par lui-même avec ici ou là un peu plus d’interventionnisme que la droite. « Protectionniste est une épithète à tout faire, qui démolit toute démonstration et met un terme à la conversation. Le libre échange a acquis le statut d’un dieu, et ne cède en cela qu’au marché libre lui-même » écrit-il. Du coup, nous vivons dans des « Républiques-entreprises ».

Le géant de l’énergie Enron ou le « lobby des assurances privées anti-sécurité sociale », seraient les emblèmes de cet Etat prédateur, leurs activités lucratives concurrençant les grands services publics. Galbraith en appelle à la planification et à la reprise en main de l’action publique, indispensable pour lutter contre le réchauffement climatique et réduire les inégalités. Une telle politique n’ayant jamais, souligne-t-il, empêché les entreprises innovantes de prospérer. Il appelle de ses vœux une planification internationale pour se donner les moyens d’atteindre les objectifs environnementaux.

En sifflant la fin de la partie de la « République-Entreprise », Galbraith junior se place dans les pas de son père John, le célèbre économiste qui a conseillé plusieurs présidents des Etats Unis, de Roosevelt à Kennedy, pourfendant dérégulation et autre trait de l’intégrisme néolibéral. Si la démonstration du fils s’appuie sur l’exemple des Etats Unis, le schéma de vie et de mort de l’idée de marché libre pourrait suivre la courbe descendante des idéologies que pourrait connaître la France.


Repères :

« L’Etat prédateur, ou Comment la droite a renoncé au marché libre et comment la gauche devrait en faire autant, de James K. Galbraith, Seuil, 311 p., 23 €.

A lire également :
entretien de James K. Galbraith dans le New York Times


Poster un nouveau commentaire
Nous ! | | CGU | Archives | Administration
Copyright © 2009 - 2016 Cicero| Tous droits réservés
La reproduction totale ou partielle sans permission est interdite.