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Il donne un nouveau rôle politique à la famille

mardi 2 juin 2009

« Proximologie » : il s’agit d’une nouvelle science qui se dessine avec les mutations de la famille, le vieillissement de la population, la nouvelle place des personnes âgées dans la société, sans oublier la redoutable maladie d’Alzheimer. Selon le philosophe Pierre-Henri Tavoillot, on passerait de « Famille je vous hais » à « Famille, je vous aide ». À l’Etat d’en prendre la mesure.

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portrait Pierre-Henri Tavoillot

Proximologie : C’est une nouvelle discipline scientifique qui se dessine avec les mutations de la famille, le vieillissement de la population, la nouvelle place des personnes âgées dans la société, sans oublier la redoutable maladie d’Alzheimer qui frappe plus d’un million de personnes en France. Ces données émergentes bouleverseraient de fond en comble les relations familiales, selon le philosophe Pierre-Henri Tavoillot. D’où vient ce spectaculaire retournement du discours des années 60 ? « On est passé du « familles, je vous hais » aux « familles, je vous aime » et « je vous aide », insiste le maitre de conférences en philosophie politique dans son article de la nouvelle revue semestrielle intitulée, justement, Réciproques.

Examinant les statistiques INSEE, notamment celles de février 1999, le philosophe remarque un changement de climat. « Si la cohabitation des générations se raréfie (notamment en France et en Europe du Nord), la coexistence rendue possible par l’allongement de la vie, se fait de manière non seulement pacifique, mais « amicale » », observe t-il.
40% des plus de 50 ans rencontrent ainsi leurs parents au moins une fois par semaine. 60% des personnes âgées ont un contact direct avec un membre de leur famille dans la même période. 43% des grands-parents français vivent à moins de 9 km de leurs enfants et petits-enfants. « A l’ère de l’individu, c’est dans sa famille qu’on choisit ses plus solides amis, ceux qui constituent les piliers de l’identité personnelle » s’enthousiasme encore le philosophe.

Se gardant d’un discours idyllique (la famille constitue également un extraordinaire vivier de rancoeurs et de criminalités en tous genres, et la canicule de 2003 n’aura pas été d’une solidarité exemplaire), il note malgré tout une « nouvelle fracture sociale » : « elle discrimine ceux qui bénéficient de l’assistance familiale et ceux qui en sont dépourvus. »

Les vrais précaires sont ceux qui ne disposent pas d’un réseau de parents. Un chiffre édifie également sur cette solidarité inter-générationnelle : l’aide familiale pèse 14,5 millliards d’euros par an en France, et est amenée à augmenter encore. « La puissance de cette solidarité dans un contexte d’hyperindividualisme et d’hyperconsommation invite à réfléchir. » Et cette réflexion risque de se faire à marche forcée : La maladie d’Alzheimer, première cause de dépendance chez les personnes âgées, réclame un soutien massif de l’Etat pour les familles des malades, en première ligne.

« Aider les aidants » : Pierre-Henri Tavoillot estime que l’Etat serait bien inspiré de changer profondément de philosophie générale devant ces nouvelles familles, et devenir « un auxiliaire de la vie privée plutôt qu’un régisseur de la sphère publique »


Repères :

A lire :
Réciproques, revue de proximologie n°1 (mars 2009)- 14, boulevard Richelieu-92 845 Rueil-Malmaison Cedex.
reciproques@gmail.com


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