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L’Argus de la presse refuse d’être cotée à l’argus par Google

lundi 18 mars 2013

La guerre de la veille de l’information, estimée à 100 millions d’euros, ne fait que commencer entre les professionnels français et Google

Economie.La Févem fait partie de ces organismes parfaitement inconnus du public, mais qui joue un théâtre d’ombres chinoises influent sur le marché de plus en plus stratégique de l’information, de sa veille et de son analyse. Sous cet acronyme de Fédération des entreprises de veille médias, sont regroupées depuis 2008, l’Argus de la Presse, Explore, Kantar Media, Press Index et Up2News. Autant d’entreprises spécialisées en veille d’information, panoramas de presse, études de médiatisation multimédia et autre e-réputation. Leur clientèle sont les utilisateurs des prestations de veille médias. La Févem est présidée par Alexis Donot, le directeur général de l’entreprise la plus emblématique du secteur, l’Argus de la Presse, fondée en 1879. Or, un monstrueux aspirateur à données s’impose sans crier gare sur ce marché : Google.

Selon l’Afev, le montant des redevances payé par Google aux éditeurs ne sera que de 18 millions d’euros alors que les revenus de la multinationale américaine en France sont 14 fois supérieurs au marché français de la veille médias

Dans la traîne des éditeurs belges, une partie des éditeurs français, sous l’auspice des pouvoirs publics, viennent eux aussi d’acquiescer à un accord commercial avec la société Google. Mais d’autres entreprises, syndicats, associations ou fédérations (Geste, SNJ, FFAP, Spiil…) conteste ce principe. A l’instar des professionnels allemands, chez qui est envisagée la création d’un droit voisin au droit d’auteur.
D’où vient le problème ? " Cet accord intervient alors que, dans le domaine de la veille médias, les acteurs du marché entretiennent des relations suivies avec les éditeurs afin d’encadrer la copie numérique et l’utilisation des liens web " souligne la FéVem dans un communiqué en date du 18 mars. Concrètement, il est d’usage depuis de nombreuses années, que les sociétés de veille versent des redevances liées au droit d’auteur et à la diffusion des contenus presse et web. Ces redevances sont perçues directement par les éditeurs ou indirectement via le Centre français de droit de Copie (CFC). En 2011, ces redevances s’élevaient à 18 millions d’euros, c’est-à-dire " quasiment autant que le montant payé par Google aux éditeurs, alors que les revenus du géant américain en France sont pourtant 14 fois supérieurs au marché français de la veille médias, estimé lui à 100 millions d’euros " s’énervent ces entreprises qui se sentent flouées.

Une étude de la Févem réalisée auprès de 116 agences de communication en Europe (France, UK, Italie, Espagne) et 240 attachés de presse, souligne que Google est un concurrent sur une partie des activités de veille médias. " Ceci s’ajoute au fait que depuis 2 ans les redevances liées à l’activité de veille médias ne cessent d’augmenter et constituent une charge importante pour les acteurs français de la veille médias au point de menacer notre activité ou, du moins, de la réduire ".
Une solution de rémunération équitable existe selon la Fédération, celle d’un projet de loi proposée au gouvernement fin 2012 par l’Association de la presse d’Information politique et générale (Apipg). Les veilleurs d’infos ne veulent pas être côtés à l’argus par l’ogre Google, et comptent bien persévérer dans un travail intensif de lobbying. Loin des revues de presse et des compte-rendus officiels.


Repères :

http://fevem.asso.fr/


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