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L’homme aime détruire sa nature

lundi 22 octobre 2012, par Emmanuel Lemieux

Un essai de Christian Godin, précis et dérangeant sur la destruction de la nature par l’homme

Philosophie. C’est l’un des essais les plus dérangeants, chargés d’idées et indispensables, de la rentrée. Alors que les discours « greenwashing » polluent l’air du citoyen berné par des entreprises dites vertes et de développement durable, un philosophe s’emploie à tuer une idée qui a la vie dure : non, l’homme ne veut pas sauver son monde.
Maître de conférences de philosophie à l’université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand, Christian Godin détecte un vice de forme : « La nature est vivante et c’est peut-être cela qu’obscurément nous ne supportons plus. » En dénaturant la nature, l’homme se met au diapason de sa propre dénaturalisation : « comme la mort a pris au sexe le rang de tabou dominant et que l’idée d’inconscient est efficacement refoulée (elle est incompatible avec la dramaturgie de la liberté et de la volonté dont notre société a besoin), le déni de mort est sans doute le déni le plus puissant dans les sociétés contemporaines. »

Ce que reproche le philosophe à l’écologie actuelle c’est sa déshumanisation. L’idée forte de l’écologie s’est laissé dépouiller de sa poésie profonde. Elle s’est dissoute dans la politique, l’administration et l’économie. Encore triomphant, le capitalisme reverdit en se recyclant dans l’économie verte mondialisée, car il prouve une fois de plus sa puissance d’universel, quitte à faire oublier que le mode de vie qu’il induit, développé et consumériste, provoque inégalités d’un côté et destructions de l’autre.


Repères :

La haine de la nature, de Christian Godin, Collection L’Esprit libre, Champ Vallon, 226 pages, 19 €. Sortie : septembre 2012.


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