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La Fondapol dégoupille ses idées pour la présidentielle

vendredi 9 décembre 2011, par Les influences.fr

Après avoir influencé l’Elysée avec sa théorie de la Règle d’Or, le think tank, dirigé par Dominique Reynié, propose 12 idées pour 2012

"Penser pour agir", affirme son slogan. La Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), think tank dans l’attraction de l’actuelle majorité, lance officiellement le 12 décembre, sa campagne "12 idées pour 2012", et la détaille sur son site Web, assorties de dizaines de propositions. "La crise est salutaire, parce qu’elle nous pousse à inventer, imaginer, avoir des idées. Notre pensée politique est en train de se libérer du conservatisme dans lequel elle s’est enlisée en voulant prolonger trop longtemps la survie d’un modèle épuisé par ses contradictions, étouffant sous le poids de ses dettes", explique en substance le document de travail, supervisé par le politologue Dominique Reynié.

Militants de la Règle d’or et de la TVA antidélocalisation

Le corpus de propositions et d’analyses a été travaillé à l’aune du triptyque idéologique du think tank, à savoir "libéral, progressiste et européen".
La grande affaire intellectuelle de La Fondapol est la théorisation et la promotion auprès des politiques de la règle d’or, une règle budgétaire constitutionnalisée afin de "garantir la maîtrise des finances publiques". C’est du think tank de la rue de Grenelle qu’est partie cette idée aujourd’hui défendue par le gouvernement. En février 2010, l’économiste Jacques Delpla publiait une note de la Fondapol intitulée Réduire la dette grâce à la Constitution.

De fait, la Règle d’or constitue le gros chantier "prioritaire" des 12 idées de la Fondapol pour la présidentielle 2012. Instituée, cette nouvelle règle du jeu budgétaire pousserait à redéfinir les interventions de l’Etat et à la réorganisation efficace de l’Administration, à l’instar du Canada et de la Suède. Le think tank préconise également une réforme du système de santé, en s’appuyant sur l’exemple des travaillistes néo-zélandais (la sécurité sociale divisée en 5 groupes privatisées et mis en concurrence, l’Etat prenant en charge les assurés les plus vulnérables) ainsi qu’à la réforme en profondeur de la protection sociale. Des propositions variées accompagnent le principe de la Règle d’or, telles que "Financer le désendettement par la cession de participations non stratégiques de l’Etat" (N°5), ou encore "Mettre sur pied une TVA antidélocalisation après avoir réduit le champ des exemptions" (N°7).

Mieux aux yeux des think tankers : cette fameuse règle budgétaire ne briderait en aucun cas la liberté politique. Bien au contraire, elle interdirait "le socialisme et le libéralisme démagogiques et inconséquents", forçant à la cohérence des choix politiques en matière de dépenses publiques et de prélèvements. La Fondapol a la certitude que la Règle d’or finira par s’imposer. Et qu’importe la couleur du Président de la république en mai 2012. Le référendum fait partie de ses propositions au cas où le Congrès ne parviendrait pas à former une majorité.

La lutte contre les inégalités est " contre-productive et liberticide"

L’autre projet pour un chantier libéral concerne, sans surprise, le rôle de l’Etat : "De l’Etat providence à l’Etat solidaire" explicite la Fondapol. Tout un train de mesures est recommandé, basé sur une philosophie de la justice sociale- car l’une des caractéristiques de ce think tank est d’entretisser faisabilité politique et redéfinition des valeurs libérales : selon l’organisme, il faut en finir avec l’ambition d’éliminer les inégalités. Cette visée conduit inévitablement à des politiques toxiques, "liberticides et contre-productives". En revanche, "éradiquer la pauvreté" et "lutter contre l’esprit de rente" apparaissent comme deux débats essentiels pour la campagne de la présidentielle 2012. C’est dans cet état d’esprit de lutter contre les positions enkystées, les monopoles de droit privé qui fausse la concurrence, que la Fondapol préconise d’en finir avec le cumul des mandats, d’autoriser un début de class action (action de groupe de consommateurs) ou bien d’"immuniser de toute sanction pénale" les salariés ou les mandataires des entreprises qui participent avec l’Autorité de la concurrence à la dénonciation d’une situation de cartel.

Bienveillante avec les nouvelles technologies, la Fondapol souhaite que la culture numérique supplée fortement une administration publique rénovée et dope la réforme. Parmi les propositions de services publics resserrées, le programme suggère par exemple la création de "Maisons d’Etat" : "contrairement à une idée reçue à la mode, la présence physique de l’Etat sur le territoire national demeure considérable" assène la rapport. il s’agirait donc de "rendre plus polyvalents les agents afin de créer des maisons de l’Etat dans les territoires, assurant un rôle de guichet unique d’information et, à terme, de traitement des démarches."

Les énergies renouvelables sont aussi polluantes

Les autres idées force concerne des changements souhaités dans le cursus scolaire, l’université, la diversité et le vivre ensemble sans oublier une véritable "fédération francoallemande". La question sensible du nucléaire est également abordée, la Fondapol estimant que l’écologie se doit d’être "novatrice et créer des richesses", bref, tourner le dos à la décroissance. Le think tank libéral reconnait le traumatisme de Fukushima, mais estime que le nucléaire français doit garder toute sa place dans la production d’électricité et dans le mix énergétique, jusqu’à au moins 2030. En attendant que d’autres énergies puissent prendre le relais (capter l’énergie solaire dans le désert, faire la promotion des smart grids, concevoir un réseau d’éoliennes offshore) le think tank rappele que les autres énergies dite renouvelables peuvent être également polluantes. Le cadmium, "produit jugé extrêmement dangereux et dont la durée de vie est infinie", est utilisé dans la fabrication de panneaux photovoltaïques.

Un nouveau nouveau monde à l’oeuvre ou une magnifique panoplie d’indien intellectuel vite bousillée par un candidat capricieux à la présidentielle ? On pourra rapidement constater lesquelles de ces 12 idées souris blanches lâchées sur la place publique, parviendront au bout de la course et donneront le ton de la campagne.


Repères :

www.fondapol.org


Par novo 7le 25 février 2012 : La Fondapol dégoupille ses idées pour la présidentielle

nice post,thanks for sharing ! BTW,check out my new android 4.0 tablet novo 7.

- nice work

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le 15 décembre 2011 : La Fondapol dégoupille ses idées pour la présidentielle

12 idées pour 2012...eh bien j’attends avec impatience 3001 où une idée, la bonne, suffira.


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Par gg69le 11 décembre 2011 : La Fondapol dégoupille ses idées pour la présidentielle

Une règle d’or constitutionnelle serait donc plus forte qu’un engagement solennel d’un traité international ( les 3 % du PIB de plafond d’impasse budgétaire et les 60 % du PIB de dette publique cumulée ) que la France et l’Allemagne se sont empressées de ne pas respecter. Je me méfie beaucoup !


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Par SPle 10 décembre 2011 : La Fondapol dégoupille ses idées pour la présidentielle

C’est amusant : encore une organisation libérale qui prone moins d’Etat mais est financé...par l’Etat !
Le paradoxe français : on crache dans la soupe.
Pourquoi ceux qui critiquent le rôle de l’Etat sont souvent ceux qui en vivent indirectement.
(Exemple des groupes Dassault ou Lagardère. D’ailleurs celui-ci produit l’émission "Cdans l’air" sur France 5 où apparait souvent lex mêmes experts dont M.Ryenié, président du Fondapol : le monde de l’entre-soi et des salons est petit).

- LIBERAUX PAYES PAR L’ETAT ?

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