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Syrie : la guerre à tous les prix 

lundi 9 septembre 2013, par Christian Harbulot

Le débat sur la Syrie est-il le prétexte pour masquer la fuite en avant de puissances menacées dans leur suprématie ?

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Les Etats-Unis se battent sur plusieurs fronts. L’Histoire démontre que cette position est d’autant plus dangereuse que la superpuissance américaine ne remporte aucune victoire décisive sur ses principaux rivaux :
Le front iranien. Leur volonté de briser l’arc chiite symbolisé par l’Iran est contrariée par la position moins extrémiste affichée par le Président iranien Hassan Rohani. Le prétexte nucléaire a perdu de son sens compte tenu de l’ouverture de Téhéran sur une relance des négociations

L’ex front irakien. Le monde politique américain a été incapable de faire un bilan critique sur la manière dont ils ont littéralement fracassé l’Irak. La victoire de l’intervention militaire américaine contre Saddam Hussein a abouti à une catastrophe humaine et sociétale. Le bilan ne s’arrête pas aux centaines de milliers de morts civils. Ce pays est dans un état de détresse économique, sociale et culturelle. La politique américaine de reconstruction est un échec total. Les affrontements périodiques qui opposent les clans religieux et les forces manipulées par l’étranger rendent ce pays difficilement gouvernables.

Le front russe. Moscou a reconquis une partie du terrain perdu après les révolutions de couleur soutenues par les Etats-Unis. L’aventurisme militaire de la Géorgie a stoppé net la tentative de démantèlement de l’ex-empire soviétique.

Le front chinois. Les tentatives de Washington pour réduire la montée en puissance économique de la Chine s’avèrent pour l’instant peu efficaces. Pékin prend bien soin de ne pas se faire prendre dans l’escalade militaire.

L’affaire syrienne est un piège tendu par des puissances dont l’intérêt majeur est la défense de leurs intérêts

Les Etats-Unis ont aussi perdu une bonne partie de leur légitimité à pouvoir réformer le monde par l’instauration de la démocratie. Aujourd’hui, les révolutions arabes débouchent sur une perte de repères totale sur ce sujet majeur. Des dictatures sont renversées par les mouvements de rue. Les élections font arriver au pouvoir des gouvernements islamistes autoritaires qui s’écartent de la voie démocratique. La Tunisie est déchirée par les querelles internes. L’Egypte est de nouveau un régime sous contrôle militaire. Dans un tout autre domaine, les dégâts provoqués par l’affaire Snowden ne sont pas encore visibles à l’œil nu mais ils sont importants.

Un autre Etat se fait très discret, trop discret dans l’affaire syrienne. Il s’agit d’Israël. Le clan des faucons a mal vécu l’absence de frappes contre l’Iran. Il est désormais le fer de lance du lobbying intensif qui s’exerce auprès des pays occidentaux pour qu’il y ait des frappes contre la Syrie. Israël s’enferme peu à peu dans sa logique de guerre larvée pour fuir le débat sur l’Etat palestinien.

Il ressort de ce constat une évidence : l’affaire syrienne est un piège tendu par des puissances dont l’intérêt majeur est la défense de leurs intérêts. La France joue dans cette partie de poker menteur le rôle peu enviable d’idiot utile. Le prix à payer n’est pas à la mesure des risques encourus. Le peuple français saura en temps utile le faire comprendre aux gouvernants de ce pays.


Repères :

- Retrouvez Christian Harbulot sur :
www.ege.fr


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