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La guerre de l’information russo-américaine

mardi 14 mai 2013, par Christian Harbulot

Un séminaire est consacré à ce conflit sous-estimé de l’après guerre-froide

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Il existe des sujets tabous dans le domaine des rapports de force entre puissances. Les affrontements informationnels qui opposent régulièrement les Etats-Unis à la Russie sont devenus un cas d’école dans le domaine. C’est la raison pour laquelle l’Ecole de Guerre Economique en partenariat avec la revue Perspectives Libres organise sur ce thème un séminaire de recherche, à Paris, le jeudi 23 mai à l’Ecole Militaire qui réunira des experts russes dont l’universitaire Alexandre Bedritski. Ce dernier a rédigé sa thèse en sciences politiques sur La mise en œuvre du concept de guerre de l’information par la direction militaire et politique des États-Unis. Pourquoi donner la parole aux Russes sur un sujet aussi fortement polémique ? Une évidence : la Russie reste encore profondément marquée par les dérives totalitaires de la période soviétique. Une remarque : la presse occidentale et plus particulièrement la presse française abordent la question de manière récurrente sous la forme d’une dénonciation des manquements à la démocratie par le chef de l’exécutif russe Vladimir Poutine. Un constat : les actions souterraines des Etats-Unis d’Amérique ne sont jamais prises en compte dans l’analyse des faits. Ce déséquilibre est malsain car il fausse la lecture de la réalité.

L’analyse de l’exercice d’une démocratie ne peut pas se faire en dissociant le contexte intérieur des autres éléments. C’est un peu comme si on étudiait la problématique interne du Chili à l’époque de Salvador Allende en faisant abstraction de la politique étrangère américaine à l’égard de ce pays.

L’ingérence informationnelle des Etats-Unis dans les affaires russes n’est pas assimilable à une démarche désintéressée fondée sur une aspiration à défendre le respect des pratiques démocratiques sur une base de réflexion non partisane. Elle est l’expression indirecte d’une politique de puissance dont le but non déclaré est de prendre le dessus sur la Russie et d’en limiter la renaissance stratégique depuis l’arrivée de Poutine aux affaires. Privés de l’emprise des conseillers américains sur Boris Eltsine, les Etats-Unis ont tenté dans un premier temps de grignoter la sphère d’influence de l’ex-empire russe par les révolutions de couleur puis dans un second temps en appuyant les prises de position des fondations américaines et de leurs correspondants locaux. Le contrôle de l’activité des ONG par l’Etat russe est un exemple de la nécessité d’une double lecture afin de faire la part des choses.

Cette mesure répressive peut être décryptée à la fois comme une atteinte à la liberté d’opinion et comme une action de contre influence dans la mesure où de nombreuses ONG sont fiancées ou aidées par des intérêts nord-américains. La mise en exergue de ce type de rapports de force est plutôt rare. Ce fut le cas en 2012 lorsque l’ambassadeur des Etats-Unis, à l’image de l’arroseur arrosé, émit de vives protestations sur la manière dont les Russes le traçaient par l’entremise d’une équipe de télévision lors de ses déplacements pour rencontrer des représentants de la société civile russe.


Repères :

- Pour s’inscrire au séminaire du 23 mai : http://www.cerclearistote.com/conferences_et_colloques.ws


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