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La politique s’intéresse à la nuit

samedi 13 novembre 2010

La Mairie de Paris a organisé le 12 et le 13 novembre, des Etats-généraux de la nuit parisienne. Il était temps. Selon de nombreuses études, la capitale dort trop.

En juin 2009, des étudiants de l’Ecole de Guerre économique (ELS-CA) publiaient leur "Rapport sur la compétitivité nocturne de Paris” face à d’autres capitales européennes telles que Berlin, Amsterdam, Londres et Barcelone. Verdict : la capitale française dort un peu trop. Les commanditaires de l’étude étaient la Mairie de Paris elle-même et la chambre syndicale des cabarets artistiques et des discothèques (CSCAD). Ce 12 et 13 novembre, la Mairie de Paris a jugé utile d’organiser les Etats-généraux de la nuit parisienne. Il y a assurément un patrimoine caché de la nuit urbaine.

45% des Parisiens dans la nuit

Les étudiants de l’EGE ont utilisé une technique des sciences commerciales pour mieux comprendre le phénomène parisien, celle des « l’analyse SWOT », à savoir l’établissement d’un carré des forces (Strengths), des faiblesses (Weaknesses), des opportunités (Opportunities) et des menaces (Threats) de chaque ville nocturne.

Selon le rapport de l’EGE, Paris n’a surtout aucune stratégie globale de la nuit, contrairement à Berlin, Londres et Barcelone. Passée au crible de SWOT, la capitale française constitue un vaste espace muséifié et mité. Même si cette période comprise entre 20 heures et 5 heures (norme INSEE) est généralement considérée comme glauque et dangereuse, noceurs et fantômes de la nuit ne sont pas encore prêts à aller au bal de l’ennui et de nombreuses personnes travaillent à ces heures que l’on pense mortes : 45% des Parisiens s’y activent.

Journaliste à Libération, Eric Dahan s’est taillé une réputation de "night reporter".

"A partir de 1995, à Paris comme à New York, il y a eu la volonté de moraliser la ville. Ça correspondait à la lutte contre les stupéfiants dans le monde de la nuit. Dix ans plus tard, on interdit de fumer." explique t-il au Monde. "La nuit meurt en silence” protestait en 2009, la pétition de l’association Technopol. Les conséquences de la loi anti-tabac, les discours hygiénistes sur l’alcool, l’insécurité liée à la drogue, de nouvelles formes de pruderie sociale, l’accroissement des plaintes de voisinage, une administration tatillonne sur les normes concourraient à une dégradation certaine des nuits parisiennes, selon les professionnels des bars musicaux, des discothèques ou des salles de concerts. Mais ne pas pleurnicher pour autant : "La fête n’est pas un droit de l’homme !", formule Eric Dahan. En revanche, faire de Paris une ville ouverte, avec des transports et des services accessibles à toute heure, lui semble être le défi à relever.


Repères :

A lire sur notre site :
Ils analysent pourquoi on va passer un mauvais réveillon

Le rapport EGE téléchargeable :
www.ege.fr

Un dossier intéressant sur le site de la Mairie de Paris :
www.paris.fr/portail/accueil/Portal.lut?page_id=1&document_type_id=2&document_id=92558&portlet_id=24329


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