Accueil Influenceurs Idéathèque Couveuse Panorama

Le Diamantaire : Diamonds Are Forever

mardi 16 avril 2013, par Jean-Luc Hinsinger

Alchimiste contemporain, le Diamantaire transforme les miroirs abandonnés en diamants délicatement insérés dans l’écrin parisien de ses nuits blanches.

Elle est loin la bourgade normande où l’exercice des tags et autres graffiti vandalistiques prenaient le pas sur les heures de cours. Mais toujours présente la rencontre fondatrice avec Oré (1) venu faire une démonstration de street art, invité par fée clochette maternelle à la médiathèque caennaise, et qui lui laisse quelques bombes en guise de miniardises.
Bac pro de métallier-chaudronnier en poche, il se consacre à bousculer et façonner tôles et métaux, le temps de constituer le pécule qui lui ouvrira les portes d’une école de graphisme.
Arrivé dans la capitale, il se fond dans la foule, se plonge dans l’anonymat citadin, acte de naissance de l’art urbain : signifier son existence par la déclinaison de son patronyme si l’on est graffeur, ou par l’affichage de sa créativité pour les street-arteux !
C’est ainsi que naît le « Projet Viou » et ses collages, dont les murs du quartier Beaubourg gardent un bon souvenir.

Dans le livret de famille de Viou émargent la sémillante Miss.Tic et ses pochoirs calembourdieux ; le docte Shepard Fairey « Obey » et ses affiches de contre-propagande ; sans oublier le cousin d’outre-Manche Martin Handford et son globe-trotter « Charlie » camouflé dans un océan de personnages.

Au panthéon visuel du futur Diamantaire est inscrite en lettres dorées la scène finale d’Opération Dragon de Bruce Lee, spectaculaire reprise kunfugesque de celle non moins mémorable du couple Orson Welles et Rita Hayworth dans La Dame de Shangaï pris au piège des reflets kaléidoscopiques d’un palais des glaces.
Le miroir : objet signifiant des psychanalystes ; muse inépuisable des poètes ; au centre de bien des mythes : de Narcisse à Alice et son merveilleux pays, de Don Quichotte à Blanche-Neige …

Un miroir brisé gisant dans la rue sera le déclic. Les sept années de malheur induites ne seront pas inéluctables. Pourquoi ne pas inverser le cours du destin ?…
Le garçon décide d’offrir du beau, du durable, que la rue soit rendue à ses « villa-joie » ! Quoi de plus éternel que le diamant ?
S’ensuivent les soirées déambulatoires à la recherche du matériau miroir, entier ou fragmenté, abandonné en attente d’enlèvement, reflet défraîchi de vies anonymes, inconnues et insondables…

De ces miroirs, enfilant son costume d’alchimiste – blouse grise maculée de couleurs –, à force de découpes et de pochoirs, la transformation s’opère… la citrouille devient carrosse, l’objet délaissé devient diamant… « Bonjour, Monsieur Le Diamantaire ! »
Ce bijou est offert à tous sans exception ni exclusion : enfants ou vieux, fortunés ou miséreux, parigots ou citoyens du monde… Clin-d’œil malicieux tantôt scintillant d’un rayon de soleil, ou sombre d’un ciel orageux…

Du petit format au mega-diam’s, ils se comptent maintenant par centaines à Paris mais ne dédaignent ni New York, ni le Sri Lanka, ni prochainement les collines hollywoodiennes à défaut de temple maya, de grande muraille de Chine ou de pyramide égyptienne. Numérotés depuis le 100e, ils sont localisables sur le compte Facebook du Diamantaire suivant la méthode space-invaderienne (2).

Ce mois d’avril, des rues caennaises parcourues avec Oré pour une opération retrouvailles, le Diamantaire saute le pas de l’entrée en galerie (chapeau à Benjamin Derouillon, néo-galeriste intrépide et innovant…) dans son atelier reconstitué pour l’occasion où ce jeune artiste de tout juste 26 ans fera la démonstration de sa technique et de son talent.
Pour cette première exposition solo, seront présentées de toutes nouvelles pièces jouant sur les reflets, les transparences, les lumières, toutes choses impossibles dans la rue, où ses œuvres sont de plus en plus la proie d’indélicats égoïstes… La rançon du succès !

A ses débuts, le Diamantaire affichait le slogan : « Jusqu’ici, tout va bien »… Il semble que ce soit toujours le cas !


(1) Oré : street-artiste caennais connu par son personnage fétiche, le Quetzalcóatl : serpent à plume, divinité mexicaine.
(2) Space Invader : street artiste normand (encore !) connu pour ses milliers de mosaïques inspirées du jeu vidéo culte japonais Space Invaders, numérotées et localisées.


http://www.lediamantaire-paris.fr/


Repères :


"Diamonds Are Forever - Saison II"

du 8 octobre au 19 décembre 2015
du mardi au samedi 11h-19h

Galerie Wide Painting.
17 Rue du Cardinal-Lemoine
75005 Paris
T +33 1 47 20 75 59
widepainting.com


Poster un nouveau commentaire
Nous ! | | CGU | Archives | Administration
Copyright © 2009 - 2016 Cicero| Tous droits réservés
La reproduction totale ou partielle sans permission est interdite.