Les éditions du Seuil doivent prendre un nouveau locataire

Le 5 juillet 2014, par Les influences.fr

Un procès réveille soixante ans plus tard, le nom de Robert Lapoujade, créateur du logo de l’éditeur et compagnon de route emblématique du Seuil

#27 rue Jacob #Culture #Jean-Paul Sartre #Le Manifeste des 121 #Maurice Nadeau #Robert Lapoujade #Seuil

Culture. Désormais ce logo officiel des Editions du Seuil devra être impérativement accompagné du nom de son créateur, le peintre, cinéaste et essayiste Robert Lapoujade (1921-1993). Ainsi vient de trancher la justice, qui met un terme à un flou de 62 ans. Le dessinateur avait imaginé en 1951, ce dessin devenu logo qui représente la grille d’entrée et la façade du 27 rue Jacob, immeuble occupé par Le Seuil de 1945 à 2010,-avant que le groupe ne migre en lisière de la Porte d’Orléans, et que les éditions des Arènes ne s’y installent à leur tour.

Robert Lapoujade oublié est pourtant emblématique de l’histoire de l’éditeur, qu’elle soit professionnelle ou intellectuelle

Cette création, sans accord écrit ni rémunération, relevait d’une amitié liée en 1945 , avec les directeurs des éditions du Seuil, Paul Flamand et Jean Bardet. Mais à l’usage, le nom de Robert Lapoujade avait été oublié. Or le parcours de ce créateur est emblématique de l’histoire de l’éditeur, qu’elle soit professionnelle ou intellectuelle. Il illustra bien des recueils et des couvertures du Seuil de l’âge héroïque. Il fut même auteur maison en 1955 de Les Mécanismes de fascination avec une préface du philosophe Jean Hyppolite.

Peintre prolifique, volontiers préfacé dans ses expositions par Sartre ou Maurice Nadeau, il s’opposera vivement dans un manifeste au réalisme socialisme défendu par le PCF stalinien des années 50, estimant qu’engagement social et abstraction ne sont pas incompatibles. Il réalisa également de petits films expérimentaux,dans l’utopie audiovisuelle qu’était le Service de la recherche de l’ORTF dirigé par Pierre Schaeffer.
Son premier long-métrage Le Socrate (avec Jean-Pierre Manchette aux manettes du scénario) obtient le prix spécial du jury au festival de Venise en 1968. Dans ses cartons, s’entassent 110 marionnettes pour une comédie musicale à jamais inachevée, avec Claude Nougaro et Romain Didier à la composition musicale, et intitulée Les mémoires de Don Quichotte. Après Montauban, sa ville natale, qui lui a attribué le nom d’un square, le 27, rue Jacob vient de lui confier un bail éternel.



Par Patrick Fonzesle 11 novembre 2014

Passionné de Lapoujade, j’ai demandé qu’on lui baptise un Square dans sa ville natale, je ne comprends pas qui a fait ce procès mais suis heureux de savoir que son nom va être rajouté !

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