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Le prêt-à-penser Google des étudiants français

dimanche 6 janvier 2013, par Christian Harbulot

Très inquiétant : L’Enseignement supérieur n’a pas les outils de formation adéquats pour préparer des millions d’élèves à la société et au marché de l’information

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Les clés du savoir numérique restent à inventer : n’en déplaise à la "petite Poucette" du philosophe Michel Serres qui voit en elle le salut de l’humanité au temps du numérique, la soif de clics de l’internaute ne rend pas plus intelligent qu’un livre poussiéreux sur un rayon de bibliothèque que l’on n’ouvre pas. Le monde économique est aujourd’hui de plus en plus dépendant des multiples vecteurs de production et de diffusion de l’information en temps réel. Dans le même temps, l’économie de la connaissance est en train de devenir un champ de développement spécifique qui ne s’arrête pas au e-commerce mais s’étend aussi bien à la compétition entre les systèmes éducatifs qu’à la démultiplication des centres de production de connaissances. Sur la base d’un tel constat, une partie de notre système éducatif doit se mettre en phase avec la mutation en cours.

Lorsque je demande aux étudiants de me définir le marché de l’information, rares sont ceux qui savent me répondre. Cette lacune de base a une explication simple : le système éducatif français ne donne pas les éléments de base d’une culture générale sur la société de l’information dans laquelle évoluent des millions d’élèves depuis au moins deux décennies. Un tel constat n’est pas sans conséquences : l’une des plus importantes est la méconnaissance par les nouvelles générations de l’usage fonctionnel et marchand que les entreprises font de l’information payante ou gratuite.

Les étudiants qui rentrent sur le marché du travail se débrouillent comme ils peuvent pour faire face aux multiples besoins informationnels dès leur première fonction. Leur connaissance d’Internet se résume le plus souvent à de la collecte sur Google et à une implication souvent très ludique sur les réseaux sociaux. Ils ne sont pas les seuls responsables de cette carence. Par faute de créativité et de réflexion approfondie sur le sujet, l’Education Nationale n’a toujours pas compris la nature du changement dans la praxis de l’information (recherche, analyse, usage opérationnel).
Dans le domaine de la recherche d’informations, le savoir faire moyen d’un étudiant en BAC + 5 ou + 6 se limite bien souvent à l’usage intensif de Google. Sans sous-estimer l’importance de cet outil, il fournit une capacité de réponse beaucoup trop limitée pour traiter sérieusement une question aux dimensions multiples et transdisciplinaires. Une mise à niveau est requise pour fournir un travail efficace. Or cette mise à niveau se résume aujourd’hui à des démarches individuelles très empiriques qui sont loin de produire les effets attendus.

Cette situation est préoccupante. Pour combler ce vide, il est urgent de donner une culture générale sur l’usage de l’information dans une activité professionnelle comme dans la vie quotidienne. Ce changement de contexte éducatif ne dépend pas que de du passage à l’utilisation pédagogique des outils numériques. Il est indispensable de donner aux lycéens et aux étudiants des points de repère sur l’état de l’existant en termes de contenu. C’est l’intérêt de l’étude numérique sur le marché privé de l’information que vont publier les éditions de La Bourdonnaye. Réalisé par des étudiants professionnels de l’Ecole de Guerre Economique, ce travail a le mérite de couvrir un sujet quasiment vierge et pourtant essentiel dans le fonctionnement des entreprises.


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