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Le sport c’est de la merde

lundi 28 mai 2012, par Benjamin Coderc

L’emprise sportive, de Robert Redeker, François Bourin Editeur. Le philosophe veut rallumer le feu au stade olympique

Avec son nouvel essai L’emprise sportive, publié à quelques semaines des J.O de Londres, le philosophe Robert Redeker enrichit, réactualise et affirme les propos de son pamphlet en 2008, intitulé Le sport est-il inhumain ?, et dans lequel déjà l’industrie néo-libérale des shorts et crampons en prenait pour son grade. Le second équivaut le premier et pourrait même reprendre le titre du chanteur Jacno, soit Le sport … sous-titré c’est de la merde (in l’album Tant De Temps, 2006, label Warner). Robert Redeker voudrait propager le brasier au stade olympique, mais d’où vient alors ce coup de mou de l’auteur qui contamine le lecteur ?

Pourtant, la démonstration est largement étayée et la télécommande bloquée sur la retransmission de Roland Garros paraît soudain beaucoup moins innocente. Les sentences de prêcheur catastrophé qui jalonnent tout l’ouvrage cachent tout de même d’emblée une légère ambiguïté. Il ressort en effet de L’emprise sportive que Redeker, s’il semble abhorrer clairement toute forme de mécanisme ou de représentation sportives, semble également, en témoigneraient les multiples et solides références aux champions d’autres époques, avoir dans le passé goûté lui aussi aux plaisirs coupables de l’amateur décérébré.

Le raisonnement tente ainsi d’imbriquer deux postulats qui pourraient très logiquement s’opposer, ou tout du moins frictionner sérieusement. D’une part, un jugement d’ordre absolu, impliquant l’essence même du sport et au-delà d’un quelconque rapport à son évolution si ce n’est dans une comparaison peu flatteuse avec son équivalent antique : « Le sport est une idéologie… au même titre que le communisme, le fascisme, le libéralisme, les religions. Il exalte la victoire, la compétition, le plus fort, la démesure, les vainqueurs.  »

L’industrie sportive, nouveau pouvoir spirituel

D’autre part, un jugement d’ordre relatif, temporel, incriminant volontiers ceux (supporters, politiques, petits soldats ou grands généraux des fédérations, sponsors, médias, intellectuels complaisants ou négligeants, voire les sportifs eux-mêmes…) qui ont fait de cette "chose" déjà intrinsèquement méprisable un monstre glouton, pur produit de la modernité. De la mutation des corps « des Robocop, des Terminator… des mutants  » et de l’esprit «  les substituts actuels de l’âme et du corps : le mental et le body  », à l’invasion de la sphère sociétale « nouveau pouvoir spirituel dirigeant les âmes… mythe social contemporain qui a placé la politique et la diplomatie à son service », jusqu’à la destruction programmée des valeurs morales et de l’intellect : « … des mercenaires immatures et cupides tapant dans un ballon sont élus au rang de divinités quand les véritables créateurs de civilisation sont rejetés dans l’ombre. ».

Malgré le procès à charge intenté à l’objet sportif, ce n’est pourtant pas tant son influence propre et néfaste qui semble intéresser l’auteur. Pas tant du moins que son statut de symptôme, d’hallucination collective érigée à dessein en miroir d’exemplarité méritocratique. Le libéralisme est présenté comme ce grand horloger, tout responsable et coupable (une fois de plus) de cette mutation progressive vers une humanité sans imaginaire, vers une société de l’argent fou, de l’évaluation pour seule légitimation, d’un darwinisme exacerbé bien au-delà de simples impératifs de survie et d’une notion de progrès écrasante, tendu comme un arc vers ses seuls objectifs de rentabilité et de productivité. « L’essence de l’homme moderne réside dans ces deux mots : la compétition et la performance sous l’égide de l’évaluation chiffrée. »...
Bref et de toute façon, le sport c’est toujours aussi inhumain et c’est toujours autant de la merde même si c’était-quand-même-un-peu-mieux-avant. Un essai franchement rabat-joie et donc parfaitement déconseillé à la veille d’un été bien garni en rituels païens.


Repères :

Par Dpxle 8 septembre 2012 : Le sport c’est de la merde

Si ce n’était que de la merde ! C’est un poison sournois, radio actif qui empoisonne l’esprit des jeunes

Le sport, une sphère inhumaine, ou l’enfant devrait évoluer, jouer pour le plaisir. Un lieu ou les moins bon devrait avoir leur place, et cotoyer les meilleurs.
Au lieu de cela, l’enfance y est broyer. Dans les moindres club, l’argent est présent pour motivé la réussite. La réussite du coach, apprentit dictateur qui r^ve d’exploit, de gloire et d’argent.

L’enfant, là dedans ? Un pion, qui saute à la moindre contre performence, un pion qui n’a pas le droit de jouer. Seulement le droit de gagner.

Il suffit de roder sur les terrains d’entrainement, les salles, et d’écouter la violences des propos des coachs. M^me à l’armée, en entrainement commando, il y a des mots, des violences, que je n’ai pas entendus


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le 30 mai 2012 : Le sport c’est de la merde

Parfait ! Merci.


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