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Les militaires sud-coréens privés de sodomie

vendredi 5 août 2016, par Arnaud Vojinovic

Fin juillet la Cour constitutionnelle sud-coréenne a confirmé la validité d’un article du code militaire punissant à deux ans de prison tout acte homosexuel entre deux militaires.

L’homosexualité est un sujet épineux en Corée du Sud. Si une mort sociale guette les courageux qui ont fait leur coming-out, l’homosexualité n’est pas considérée comme un crime. Pourtant l’armée l’entend d’une autre oreille et considère tout acte homosexuel consenti ou non comme un crime. En effet selon l’article 92-5 du code pénal militaire, la sodomie est punissable de deux ans d’emprisonnement. Sont concernés les militaires mais aussi les employés civils travaillant pour l’armée.

Pour la très grande majorité des jeunes Coréens, le service militaire de quasi deux ans est toujours considéré comme une forme de rite de passage à l’âge adulte. C’est le moment où une jeunesse contestataire, rêvant de sortir du carcan confucéen, est laminée par un rouleau compresseur autoritaire. La liberté de l’orientation sexuelle qui fait partie de ces aspirations à un mieux être civil est au contraire farouchement combattue par l’institution militaire qui la sanctionne comme un facteur possible d’amollissement des soldats et susceptible de fragiliser la discipline nécessaire pour mener une guerre.

Le code pénal militaire coréen est entré en application en 1962. S’inspirant du code militaire américain, les Coréens y ont ajouté leur touche personnelle, reflet de la culture patriarcale de la péninsule : le fameux article 92-5. Bien que le code ait été souvent amendé au cours de son histoire surtout depuis l’avènement de la démocratie, cet article pénalisant l’homosexualité, lui, n’a jamais été modifié. Même si cet article est jugé par certains comme anticonstitutionnel car ne respectant pas la loi de 2001 de la Commission des droits de l’homme qui légifère sur les discriminions basées sur les orientations sexuelles.

Le terme employé dans le code militaire est gyegan (계간), littéralement « coït avec un poulet », une référence explicite à la zoophilie

L’affaire a déjà été portée à deux reprises devant la Cour constitutionnelle, en 2002 et 2011. Celle-ci a d’abord pris soin de définir ce qu’était la sodomie. Le terme employé dans le code militaire est gyegan (계간), littéralement « coït avec un poulet », une référence explicite à la zoophilie. Après un long travail d’analyse, la sodomie version militaire a été définie par la Cour comme un coït anal. Au contraire, le ministère de la Défense ajoute toute pratique homosexuelle aux côtés des relations sexuelles avec des animaux. Suite à la demande de l’ONU afin que le gouvernement coréen abolisse cette loi, en novembre 2015 la Commission des droits de l’homme coréenne a émise une recommandation dans ce sens afin de protéger les minorités sexuelles des discriminations dont elles sont victimes. C’est donc la troisième fois que les associations LGBT saisissent la Cour constitutionnelle pour qu’elle libéralise l’article 92-6, anciennement 92-5. Et encore une fois, la majorité des neufs sages a jugé l’article 92-6 du code pénal militaire, pénalisant l’homosexualité comme conforme à la constitution ; décision qui laisse en suspens certaines questions comme le dépistage du HIV ou l’homosexualité féminine.
Ce dernier jugement donne du grain à moudre et conforte les associations protestantes. Particulièrement homophobes, elles s’opposent violemment tous les mois de juin à la tenue à Séoul de la Gay pride et du Queer Festival.


Repères :

le 5 août 2016 : Les militaires sud-coréens privés de sodomie

quel est le "long travail d’analyse" auquel s’est livrée la Cour ? des travaux dirigés ? des exercices sur le tas ? des expériences première main ? Les Français veulent savoir !


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le 5 août 2016 : Les militaires sud-coréens privés de sodomie

sujet épineux ... de fait, de fait


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