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Made in France-China

jeudi 18 décembre 2014, par Christian Harbulot

La France inaugure un nouveau type de « collaboration » avec la Chine : gare au pillage

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L’acquisition éventuelle par des intérêts chinois de l’aéroport de Toulouse est la démonstration symbolique des calculs à court terme et de l’absence totale de stratégie géoéconomique au niveau du pouvoir politique français. En cédant la majorité de 49,9% que possède l’Etat dans le capital de Toulouse-Blagnac à un consortium chinois, composé de deux acteurs non aéroportuaires (Shandong Hi-Speed Group et le FPAM Group), le gouvernement n’a pas pris la mesure des dégâts collatéraux engendrés par une telle décision. L’aéroport de Toulouse Blagnac est une plateforme qui couvre des champs d’activité bien plus larges que le transport de passagers. L’industrie aéronautique positionnée dans cette région est le cœur de notre savoir faire dans un secteur dont l’économie française tire de nombreux avantages, notamment pour ses exportations. La présence permanente de Chinois qui auront accès à une masse très importante d’informations de toute nature fragilise ce dispositif qui jusqu’à présent était très compétitif parce qu’il avait su conserver une certaine cohérence. Depuis son décollage économique, la Chine est connue pour avoir recherché systématiquement des raccourcis afin de compenser son retard technologique mais aussi dans le but de devenir un compétiteur à part entière dans de nombreux secteurs d’activité. Cette posture particulière les incite à être très agressifs dans la collecte d’informations sur tous les sujets qui peuvent contribuer au renforcement du potentiel industriel chinois.
Il existe déjà un précédent qui indique un certain laxisme dans notre prise en compte des enjeux de ce type.

"La présence permanente de Chinois qui auront accès à une masse très importante d’informations de toute nature fragilise ce dispositif qui jusqu’à présent était très compétitif parce qu’il avait su conserver une certaine cohérence "

Huawei, entreprise chinois fondée en 1988, spécialisée dans les réseaux de télécommunications en tant qu’équipementier, dans les routeurs et les téléphones mobiles est présent sur le territoire français depuis maintenant 10 ans. Il est le principal fournisseur de SFR et Bouygues Telecom dans le cœur de leurs réseaux mobiles. Huawei représente 650 emplois et génère 306 millions d’euros de chiffre d’affaire en France. L’opération séduction se poursuit encore de nos jours avec entre autre un investissement de 1,5 milliards d’euros d’ici 2018 dans son centre de R&D à Sophia-Antipolis. Le passé militaire du président fondateur de Huawei, Ren Zhengfei, laisse supposer des liens étroits entre le comité central et l’équipementier. Aux Etats-Unis, Huawei est interdit d’activités commerciales. Cet acte de protectionnisme a une explication qui échappe à l’entendement de la gouvernance française, publique ou privée.
Le rapport du sénateur Bockel appellait à « Interdire sur le territoire national et à l’échelle européenne le déploiement et l’utilisation de routeurs ou d’autres équipements de cœur de réseaux qui présentent un risque pour la sécurité nationale, en particulier les routeurs et certains équipements d’origine chinoise ». Cette recommandation est restée lettre morte.


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