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Maurice Papon veut qu’on se souvienne de lui

mardi 12 avril 2011, par Emmanuel Lemieux

L’ex-secrétaire général de la préfecture de Gironde sous l’Occupation, condamné pour complicité de crimes contre l’humanité en 1998 et décédé en 2007, avait rédigé ses Mémoires.

L’éditeur de Jacques Vergès, Jean Bothorel ou encore Roland Jaccart l’a confirmé : Les Mémoires de Maurice Papon, ex-secrétaire général de la préfecture de Gironde sous l’Occupation, condamné pour complicité de crimes contre l’humanité en 1998, et décédé en 2007 à l’âge de 96 ans, paraîtront fin avril-début mai aux éditions Jean Picollec. Ce livre de 350 pages aurait été écrit entièrement par l’intéressé lui-même, et s’intitule La mort dans l’âme. Jean Picollec qui a reçu ce manuscrit de la part d’un journaliste ayant couvert le procès Papon, a dû ensuite lever les réticences des héritiers de l’ancien haut fonctionnaire de Vichy.

Ainsi celui que la justice considéra comme "impotent et grabataire" et qui selon la loi Kouchner, put finir sa peine assigné à résidence et non en cellule, conserva toute sa tête et une détermination à l’auto-réhabilitation dans un projet de livre. Dans ce texte posthume, Maurice Papon devrait ainsi aborder à sa façon, son procès, sa condamnation, Vichy mais également la guerre d’Algérie, et sous sa responsabilité, les terribles répressions de la manifestation du 17 octobre 1961, ainsi que celle du métro Charonne, le 8 février 1962. Sans oublier ses années d’élu RPR, son poste de ministre du Budget dans le gouvernement de Raymond Barre de 1978 à 1981.

Enterré avec la légion d’honneur

A ce jour, seul un récit autobiographique admiratif et compréhensif, La Robe et l’Épée (Editions de L’Harmattan) avait été publié au crédit de Maurice Papon, celui de l’un de ses plus jeunes avocats, Francis Vuillemin, qui secondait lors du procès Me Jean-Marc Varaut.
A la mort de Papon, Maître Francis Vuillemin, avait affirmé que son client serait enterré avec la légion d’honneur : "Je veillerai personnellement à ce que l’accompagne dans son tombeau la croix de Commandeur de la Légion d’honneur que Charles de Gaulle lui a remise de ses propres mains, pour l’éternité."


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