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Mendès France en dircom de François Hollande

samedi 2 juin 2012

RELIRE. Dire la vérité, de Pierre Mendès France, Texto. Quand "PMF" faisait ses causeries radiophoniques du samedi soir

Le 18 octobre prochain, on célèbrera le 30e anniversaire de la disparition de Pierre Mendès France (1907-1982). L’ancien président du Conseil qui marqua durablement le pays est depuis considéré comme le second totem des socialistes français : A PMF, la sobriété pure du dire et du faire, à François Mitterrand le talent florentin de la conquête du pouvoir. Le nouveau président de la République, comme beaucoup d’autres de sa génération, se réfère volontiers aux deux sources.

À peine investi le 18 juin 1954, président du Conseil, PMF a cherché à imposer sa marque de fabrique. C’est ainsi qu’il a eu l’idée d’utiliser la radio comme média direct (et moyen de s’épargner les embrouilles politiciennes de la IVe république). Il y eut vingt-cinq "causeries du samedi". Eric Roussel président de la Fondation Mendès France, suggère dans l’introduction d’un recueil de ces allocutions (2007, Texto), que le président du Conseil s’est lui-même inspiré d’un certain Roosevelt, qui avait employé le même canal pour expliquer son new deal aux Américains. Autour de PMF, un petit groupe de collaborateurs suggéraient les thèmes et les termes de ses Causeries : Stéphane Hessel, Georges Boris, Jean-Louis Crémieux-Brilhac ou encore Simon Nora. Décolonisation, fin de la guerre d’Indochine, Tunisie, emploi et industrialisation, unité politique, cohérence sociale... Les sujets commentés et les décisions expliquées ne manquèrent pas samedi après samedi dans ce si court règne de sept mois et dix-sept jours.

François Hollande qui a inauguré le 29 mai dernier au 20h de France 2, un type d’entretien sobre, pour mieux faire contraste avec le côté bling-bling et petit Bonaparte de son prédécesseur, semble s’inscrire dans cette démarche toute mendésienne. Au jeu de la relecture des Causeries et des comparaisons, on pourra méditer cette intervention :

"Depuis trop longtemps, nous sommes retardataires, tandis que nos voisins, nos concurrents, eux, marchent à grands pas. (...) Nous avons tous l’impression qu’il y a quelque chose qui ne va pas et que nous sommes privés les uns et les autres de ce à quoi nous avons droit. C’est une cause de division, c’est une cause d’échanges de récriminations, entre agriculteurs, fonctionnaires, ouvriers, industriels, commerçants ; de récriminations souvent injustes, mais qui traduisent un mécontentement qui, lui, est justifié.
Quant à notre jeunesse, elle n’est pas heureuse parce qu’elle redoute l’avenir, au lieu de l’envisager dans l’espérance et dans la joie.
(...) Le mal, c’est le retard de son organisation économique qui est comme ankylosée et réfractaire aux évolutions les plus indispensables. C’est que nous avons pris l’habitude de conserver, en les maintenant souvent à l’aide de protections de toutes sortes, des formes de production qui sont dépassées, au lieu de les encourager à se transformer. C’est à cela qu’il faut porter remède." Signé Mendès France, le 7 août 1954.


Repères :

le 2 juin 2012 : Mendès France en dircom de François Hollande

Eh bien tout cela a donné une décolonisation atrocement ratée, et mené à coup d’Etat de 1958. Très bien, la causerie...très bien, très, très bien.


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