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Mobiliser les ingénieurs

vendredi 26 septembre 2014, par Christian Harbulot

Le moyen français pour rebondir dans la crise

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Les affrontements économiques se durcissent de plus en plus. Face à cette situation, le constat est très clair. Les économies les plus conquérantes et les mieux organisées sont celles qui ont su trouver une articulation entre l’intérêt privé et l’intérêt de puissance. En Asie, ce sont des contextes nationaux qui sont à l’origine des modèles compétitifs. Le Japon a été le pays précurseur de cette nouvelle forme de dynamique économique. Pour échapper à la colonisation occidentale, les Japonais ont créé une infrastructure industrielle pilotée dans un premier temps par l’Etat puis progressivement privatisée. Tous les moyens ont été utilisés pour trouver les solutions adéquates (copie de machines, transferts de technique, espionnage industriel). Contrairement à l’ex-URSS qui a cherché à développer une industrie lourde, le Japon s’est concentré sur des cibles commerciales à sa portée (industrie textile) et sur les fondements d’une industrie de défense (chantiers navals pour la marine).

La Corée du Sud a eu une démarche assez similaire après la guerre de Corée. Pays sans industrie (l’occupant japonais les avait construites sur le territoire de la Corée du Nord), la Corée du Sud a dû inventer une matrice de développement en jetant les bases d’un système éducatif très coercitif. En cinquante ans, la Corée du sud est devenue une des économies les plus conquérantes du monde, y compris dans le club très fermé des technologies de défense. La Chine a fait sortir de terre un capitalisme d’Etat qui est l’expérience actuelle la plus démonstrative d’une politique d’accroissement de puissance par l’économie.

A l’Ouest, les Etats-Unis résistent par les ressorts de leur posture impériale : imposition du dollar comme monnaie dans les échanges, verrouillage par les normes de secteurs stratégiques comme celui des infrastructures portuaires, pugnacité commerciale soutenue à la fois par des milieux financiers très réactifs et les atouts de leur superstructure (sociétés d’audit, de conseil, cabinets juridiques de taille critique sur le marché mondial ).
Les clés de cette réussite s’apparentent à ce que nos libéraux nommeraient du nationalisme économique. Des pays comme l’Allemagne adoptent des méthodes similaires pour amener tout le monde à foncer dans la même direction après des réunions «  où le sang coule sous la porte ». Les Allemands comme les Italiens du Nord ont réussi à créer une compétitivité fondée sur l’ancrage territorial de leurs moyennes entreprises.

La balle n’est pas le camp de l’Etat mais dans la main du secteur privé de l’ingénierie

Et la France dans tout cela ? Les dirigeants d’entreprise expliquent qu’ils réussissent mieux seuls qu’en cherchant à travailler en groupe. Le patriotisme économique est mort de ce constat véridique. L’ancrage territorial recherché par le biais des pôles de compétitivité a le plus grand mal à trouver un rythme de croisière. Le politique n’a pas osé imposer des priorités et a essaimé les crédits dans une logique de clientélisme électoral.

Que reste-t-il comme piste ? Partir de nos points forts : la culture du monde de l’ingénieur est une base de départ solide à condition de retrouver le chemin d’une stratégie de convergence des initiatives. La création d’écosystèmes en appui sur nos points forts est un objectif à notre portée. Il faut créer l’envie. La balle n’est pas le camp de l’Etat mais dans la main du secteur privé de l’ingénierie. Les bureaux d’étude sont le fer de lance de cette nouvelle révolution des idées. A eux de montrer l’exemple en créant les territoires informationnels sur le Web pour faire passer le message dans la jeunesse française.


Repères :

Retrouvez Christian Harbulot sur www.ege.fr


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