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Mort d’un empoisonneur politique Indien

samedi 24 novembre 2012, par Bernard Turle

Tags : Bombay

Sur fond de crise économique, le populisme indien bouge encore, comme l’ont démontrées les foules qui ont accompagné les funérailles du leader Bal Thackeray, grand admirateur d’Hitler

GIF Politique.(Correspondance) Les funérailles dimanche à Mumbai de Bal Thackeray, "Sena Supremo", figure charismatique du nationalisme marathe, admirateur de Hitler, ont attiré des foules comparables ou supérieures en nombre à ce qu’on avait connu lors des funérailles du Mahatma Gandhi ou de Nehru. On connaît depuis longtemps le pouvoir du Shiv Sena, parti nationaliste et xénophone de l’Etat du Maharashtra, prompt à agiter ses fanions orange, à rassembler les foules, notamment par le biais de la menace physique orchestrée par ses "gundas". La nouveauté, dimanche, tenait au fait que la mégapole mondialisée de Mumbai s’est immobilisée toute seule, par le seul pouvoir de la peur intériorisée de ses habitants.

La ville s’est vidée, tout était fermé, la circulation était inexistante. Malgré les craintes de violence, un seul incident majeur a été signalé : une clinique a été saccagée, ses équipements coûteux ont été complètement détruits suite aux commentaires sur Internet de la nièce du propriétaire, condamnant l’immobilisation de la ville et l’impossiblité de venir en aide aux patients. Ce vandalisme est, trois jours après, décrit à la télévision comme "l’expression de la douleur des partisans du défunt". La vie citadine a lentement repris ses droits au cours de la journée de lundi mais les esprits progressistes sont accablés par l’événement. Dans tel immeuble, de sages messieurs de la classe moyenne ont préféré renoncer à leur partie dominicale de cricket dans la cour privée de leur immeuble suite aux menaces de membres du Shiv Sena qui ont promis de leur casser bras et jambes s’ils maintenaient leur partie. Tel directeur d’établissement en vue s’est senti "obligé" d’assister à la cérémonie. Tel personnage en vue, impliqué dans plusieurs organisations caritatives, explique opter pour la non-acceptation de fonds venus de l’étranger pour les ONG auxquelles il participe, le BJP, parti d’extrême droite qui remportera sans doute les élections nationales en 2014, voyant dans les capitaux étrangers de l’argent forcément versé à des fins de conversion (à l’Islam ou au catholicisme).

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Une annonce surprise, mercredi, trois jours après les funérailles de Baj Thackeray, vient conforter la réalité de la pression populiste sur la vie publique indienne, dans cette période où le boom économique a perdu tout son allant, où l’inflation galope et où l’actuel gouvernement du Congress est "accusé de faiblesse", tout en confirmant implicitement que Rahul Gandhi, héritier de la dynastie, mènera les prochaines élections et pourrait devenir le prochain premier ministre. Le gouvernement de New Delhi vient d’annoncer la pendaison ce matin à 07H30, du seul survivant des terroristes reponsables des attaques de Bombay en novembre 2008, Kasab. L’extrême-droite, qui accusait le gouvernement de sauver Kasab pour ne pas s’aliéner son électorat musulman, se dit satisfaite : "mieux vaut tard que jamais", reconnaissent ses représentants. La réaction des musulmans du pays, pour l’heure, ne sont pas connues. Pas plus que celles du Pakistan ou d’autres instances susceptibles de réagir violemment.

L’"Inde incroyable", slogan du ministère du tourisme indien ces dernières années, ne sait plus trop que croire.


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