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Nadine Morano, la mamatamore

samedi 14 janvier 2012, par Denis Parent

Tags : Nadine Morano

Spécialité de la politique sarkozyste, elle incarne une certaine culture de "la vente à la criée"

Tags : Nadine Morano

Nadine Morano. Cette femme souffre depuis toujours de porter un nom de cirque. Elle a pourtant un talent certain pour la scène et quelque chose de vertigineux dans sa façon de mettre les gens au défi. On a tous des Morano dans la famille. Qui en font voir des vertes et des pas mûres. Qui, attention, vont se mettent en pétard. Qui pensent que ça va pas se passer comme ça. Qui vont nous montrer de quel bois elles se chauffent. Qui sont suivie partout par des grands chevaux qu’elles montent sans cesse. Elles incarnent un mégèrisme soft, celui qu’on apprivoise jamais. On les redoute, car on les épouse parfois avant de comprendre. C’est qu’elles ont un certain charme. L’encanaillement bourgeois, la vulgarité trop mûre, l’aigreur de n’avoir pas été à temps.

Kamikaze elle semble avoir donné son corps à la sarkause

Le trouble saisit devant ce plastron qui semble sortir d’une réunion Tupperware avant d’entrer dans une tea-party. Kamikaze elle semble avoir donné son corps à la sarkause. Elle met ses habits de guerrière jouant les amazones pastis 51 en tailleur démodé et décochant ses piètres flèches mal empennées. Pourtant elle n’est ni Mireille ni Jeanne d’Arc dont son mentor revendique tant le pucelage. Il est curieux de constater à ce propos combien les femmes fortes qui peuplent la Sarkozie incarnent une culture dite de « la vente à la criée ». MAM , Bachelot et Lagarde droites dans leurs gaines, en sont deux autres exemplaires, paritairement fortes en gueules, sévères, maîtresses d’elles-mêmes uniquement. Coïncidence ? Les Amara, les Yade plus délicates dans l’expression, plus raffinées sans doute, en tout cas moins mamatamores, sont repoussées vers les marges de l’empire. Et même Dati le joli venin. Ne parlons pas de la présidente consorte qui, tel l’oisillon, se cache pour accoucher. Mais revenons à madame sans gégène. C’est une Lorraine qui a fait dans la communication. Une femme de cabinet. Elle a converti son franc-parler en euro en rencontrant le président alors qu’il était loin de l’être. Ce qui trahit une grande habileté. Elle a fait secrétaire, députée, secrétaire d’état, puis ministre. De tout ou à peu près : famille, formation, apprentissage, avec elle on apprend.

De son extrême-Est elle est venue avec ce défi déguisé en aplomb, des gens aux pieds pris dans la glaise, couverts de gelée blanche et de phylloxera et qui, campés devant Paris-la-tapette, éprouvent le besoin de faire croire qu’ils ont du affronter des siècles de prussiens, de pestes buboniques, d’émeutes parpaillotes, de manigances d’anars et de francs-mac (eux aussi convertis à l’euro) pour n’avoir pas l’impression d’avoir la culotte qui marque sous le pantalon. La France profonde d’en bas, celle qui sait ce que travailler veut dire.

Un jour, dans quelques lunes, il y aura des réunions familiales dans la famille Morano quand Nadine sera devenue aussi vive que madame Thatcher aujourd’hui. On se réunira pour célébrer le passé tragi-comique de l’ancêtre et l’on regardera les vieux films de la campagne 2012. Et que restera-t-il si ce n’est un malséant sentiment de gène ?


le 25 janvier 2012 : Nadine Morano, la mamatamore

Parfait. Vraiment parfait. Presque du Léon Bloy. Ou du Daudet. Le grand. J’admire.


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