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Padgett Powell ???????????

jeudi 9 février 2012, par Arnaud Viviant

Cet écrivain américain a-t-il vraiment écrit un roman entièrement à la forme interrogative ? Tour de force ou tour de cochon ?

Avez-vous lu « Le mode interrogatif  » de Padgett Powell ? Pouvons-nous en parler ensemble un moment ? Qu’avez-vous songé de ce roman ( ?) uniquement écrit sur le mode interrogatif ? Avez-vous réellement pensé qu’il s’agissait d’un roman ? Vous êtes-vous dit : Padwett Poxell est allé au bout du truc ? Ou au contraire, vous êtes-vous dit : quitte à écrire un roman uniquement sur le mode interrogatif, une idée disons à la Perec, un tour de force comme d’écrire un livre entier sans la lettre E, en moins dur quand même, vous êtes-vous dit, comme nous, ce type n’a pas vraiment fait le job ? Vous êtes-vous souvenu à brûle-pourpoint que dans son recueil « Nouvelles sous ecstasy  » Frédéric Beigdeber avait déjà écrit un texte court, pas terrible non plus au demeurant, entièrement sur le mode interrogatif ? Vous êtes-vous porté garant, à tort, devant vos amis, vos proches, votre famille, de l’originalité du projet ? Avez-vous seulement imaginé un instant dérisoire au regard de votre propre histoire et de toutes les autres histoires confondues que c’était là du jamais lu ? Que c’était un truc incroyable ? Impensé ? Inouï ?

Américain, typiquement américain, tellement américain ? N’avez-vous pas eu le sentiment, par instants, qu’on se foutait tout aussi bien typiquement de votre pauvre gueule de Français ignare ? Vous êtes-vous laissé influencer par les « blurbs  », ces phrases publicitaires, dont l’une signée de Jonathan Safran Foer, pauvre de lui, et qui dit : « Ce livre va carboniser les pauvres malheureux volumes rangés à ses côtés. Comment n’entre-t-il pas immédiatement en combustion ? C’est un mystère pour moi. Avec cet ouvrage, Padwett Powell nous réveille  » ? Cette phrase dont la fausseté apparaît immédiatement, pour reprendre son adverbe central, qui jouerait pivot au basket-ball de la sémantique si et seulement si elle rebondissait, vous a-t-elle réveillé ?

Ou est-ce la phrase de Richard Ford, imprimée pour le coup en quatrième de couverture, qui vous a invité à l’achat aléatoire, celle qui dit : " Si Duchamp ou Magritte avait écrit un roman, il ressemblerait au livre fantastique de Padgett Powell " ? Avez-vous eu, après avoir lu, ou essayé de lire le roman de Powell le sentiment de vous être fait avoir comme des bananes ? Si oui, pouvez-vous expliquer pourquoi ? Avez-vous été déçu par le haut de la page 106, celle où Powell écrit : « Aujourd’hui, avez-vous une impression d’ordre ou de capharnaüm ? Est-ce que vous harcèleriez, dans un hôpital, une jeune fille qui porte une blouse rose ? Savez-vous précisément ce qu’est, ou était, une candy-striper ? Avez-vous déjà vu un pot en écorce ? Que pouvez-vous me dire sur les bagues interstitielles et la stabilité dimensionnelle ? Voulez-vous me demander quelque chose ?  »

Avez-vous eu le sentiment, vous aussi, qu’en peaufinant un peu l’idée, il aurait été effectivement possible d’écrire un VRAI roman entièrement sur le mode interrogatif, mais qu’ici l’auteur s’est laissé aller ? Cela vous a-il donné envie d’écrire à votre tour, ce qui ne serait pas si mal ? Et pour finir, en littérature croyez-vous plus souvent aux miracles qu’au marché ?


Repères :

« Le mode interrogatif », de Padgett Powell, éditions Rue Fromentin, 232 pages, 16 euros. (Sortie : 2 février 2012)
www.ruefromentin.com


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