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Pardon

samedi 5 décembre 2015, par Benoît Guillou

Traçabilité : Après un génocide ou un acte terroriste, est-il possible d’envisager la question du pardon, alors que les bourreaux, eux, estiment avoir raison ? Le 70e anniversaire de la libération des camps de la mort, mais également la couverture ironique de Charlie Hebdo au lendemain des attentats meurtriers réinterrogent la définition de cette notion. La réponse d’un journaliste-philosophe qui a enquêté lui sur le pardon dix ans après le génocide au Rwanda.

En règle générale, les tueurs placés en situation de devoir reconnaître les faits, n’avouent pas et ne demandent pas pardon. Ils s’abritent plutôt derrière le déni, le mensonge ou l’argument de la soumission à l’autorité, et c’est ainsi qu’avant un procès, ceux qui s’adressent à des auteurs de crimes de génocide constatent fréquemment le recours à ces stratégies de dénégation et de défense personnelle. Quant aux victimes, est-il tout simplement humain d’invoquer leur pardon, voire un pardon sans condition ? Du reste, peut-on admettre qu’un homme qui a tué des familles entières, comme ce fut le cas au Rwanda, puisse s’en laver les mains et demander pardon en offrant une chèvre ?

Pour essayer de mieux cerner cette question, j’ai choisi d’explorer la nature des relations qui se nouent autour des pratiques de pardon à partir d’une enquête conduite au Rwanda dans une période comprise entre 1994 et 2006. Je me suis rendu à plusieurs reprises dans ce pays, adoptant un parti pris qui, le plus systématiquement possible, laisse la parole aux acteurs afin de restituer les discours et les dispositifs relatant différentes figures de pardon ... (Pour lire le reste de l’article)


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