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Pascal Perrineau : "La présidentialité et la protection"

vendredi 17 février 2012, par Les influences.fr

"Quels sont les clivages stratégiques qui, selon vous, vont s’installer dans cette campagne présidentielle ?" L’analyse du politologue Pascal Perrineau pour Lesinfluences.fr

Les clivages stratégiques de la campagne présidentielle sont à ce jour de deux types. Le premier concerne la question de la « présidentialité ». Nous avons en effet à faire à une élection à part, dans un contexte inédit de crise intense, à la fois économique, sociale et financière. Cela renforce la question de la capacité de leadership des candidats auprès d’électeurs soucieux quant aux questions d’expérience politique et de gestion de la crise. Comme le montre la déclaration de Nicolas Sarkozy mercredi, qui cherche à marquer sa différence sur ce terrain face à François Hollande, même si celui-ci a amélioré son image sur ces thèmes récemment. Ce critère de « présidentialité » manifeste un clivage important entre les deux candidats et un léger avantage au président sortant.

Le second clivage porte sur la capacité à protéger les Français, dans un contexte que l’opinion publique considère comme vecteur de graves menaces. Il concerne des thèmes aussi divers que la protection sociale, le pouvoir d’achat, l’éducation ou encore la lutte contre le chômage. Sur ce terrain-là, le candidat socialiste fait la course en tête. Sur les questions sociales, sociétales et économiques, il a l’avantage sur N.S., qui pense plutôt le thème de la protection au travers de celui de la compétitivité.
C’est donc sur ces deux clivages forts : « présidentialité » et « capacité à protéger » que s’organise la division entre les deux candidats.

"Ce critère de « présidentialité » manifeste un clivage important entre les deux candidats et un léger avantage au président sortant"

Mais il existe une série d’autres clivages moins déterminants et cependant présents dans cette campagne. Un clivage idéologique droite/gauche qui renvoie au souci d’alternance politique classique. Un clivage sur les valeurs, dans une stratégie de premier tour, où François Hollande désigne par exemple la finance comme ennemie. Alors que Nicolas Sarkozy défend la liberté, la responsabilité et l’autorité comme des valeurs au cœur de la droite.
Mais ce ne sont pas seulement ces clivages qui orienteront la campagne. La capacité à protéger et à diriger le pays, dans le contexte de crise, seront les deux clivages déterminants pour le second tour de la présidentielle.


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