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Philippe d’Iribarne, chercheur de diversité

mardi 17 août 2010, par Emmanuel Lemieux

d’Iribane Philippe

Philippe d’Iribarne étudie la diversité des cultures nationales et leur point de résistance dans la mondialisation, notamment face au management standardisé des entreprises multinationales.

« Comment se fait-il que dans les entreprises multinationales, malgré la pression unificatrice des modèles réputés universels de management, les manières de s’organiser que l’on observe aux quatre coins de la planète restent si diverses ? » s’interroge Philippe d’Iribarne, directeur du laboratoire « Gestion et société » (CNRS).

Il est le précurseur d’une discipline des sciences humaines et sociales qui n’a pas encore de nom, dont les travaux entamés il y a plus d’une quinzaine d’années commencent à sérieusement intéresser le monde de l’entreprise. « J’ai ouvert le chantier immense d’un objet sociologique non identifié », formule-t-il en s’amusant. Ce septuagénaire à l’élégance british, natif de Casablanca et porteur d’un nom basque, est un étrange franc-tireur qui se meut dans les institutions de la république et du CAC40. Ancien élève de l’École polytechnique, ingénieur général du corps, il a été aussi le collaborateur du futur Nobel d’économie, Maurice Allais, avant d’être directeur de recherches au CNRS. En 1973-1974, il fut également chargé de mission à la présidence de la République sur « les questions de civilisation et de condition de vie », et rédigea le premier rapport officiel sur le bonheur.

La question de la culture, notion élastique, lui est arrivée lorsqu’il a eu l’idée de la chercher dans les lieux où a priori elle est absente : les relations commerciales et le monde de l’entreprise. A priori. Car en réalité, même dans les endroits les plus avancés du secteur économique d’un pays quel qu’il soit, la culture d’une nation, mais aussi celle d’un groupe, d’un clan ou d’une ethnie déborde de partout. Ceux qui s’imaginent qu’il ne s’agit là que d’aimable trait folklorique vite éradiqué par les règlements intérieurs transnationaux en seront pour leurs frais. Combien de fois le management si lisse et standardisé se retrouve contrecarré par une réalité difficile à saisir ?

Les codes de l’honneur

Pour s’en rendre compte, Philippe d’Iribarne n’est pas allé bien loin. À l’usine française de Saint-Benoit-le-Vieux. Comme dans les codes du chevalier médiéval, qu’Iribarne a longuement étudiés, les collaborateurs de l’entreprise marquent un point d’honneur à se fixer des responsabilités implicites et à s’assigner des devoirs, tout en se défiant des règles imposées d’en haut. C’est un choc conceptuel : alors que depuis des années la théorie de « logique de marché » prédomine, faisant d’un individu au travail un acteur censé être opportuniste et répondre à de fines analyses stratégiques, Philippe d’Iribarne complique le jeu en démontrant que tout ne se décide pas sur le terrain de la compétitivité, de l’efficacité, du rapport qualité/prix. Ce serait même tout le contraire : la société distingue entre des droits et des devoirs qui sont assez éloignés de la logique purement marchande. Ces phénomènes qui échappent à une rationalité universelle, interfèrent en permanence dans le management, et pas uniquement à l’usine de Saint-Benoît-Le-Vieux.

Philippe d’Iribarne et son équipe repèrent ces mêmes phénomènes d’interactions aux États-Unis et aux Pays-Bas. Les travailleurs de l’usine de Patrick City répondent eux à la culture du contrat. S’ils sont libres d’organiser leur travail comme bon leur semble pour atteindre leurs objectifs, le « deal » est permanent avec la hiérarchie. Le principe d’honnêteté vient également suppléer la défaillance d’un contrat. La hiérarchie doit se soucier des subordonnés : vérifier leur travail est ainsi un signe de sollicitude et non de surveillance comme les Français le ressentent. Ce fonds culturel ne provient pas du tout du monde de l’entreprise, mais se trouve en résonance avec des racines religieuses et philosophiques profondes : les fondateurs de l’Union voulaient une libre association de citoyens devant Dieu.

Quant aux ouvriers hollandais de Sloestad, ils élaborent eux un esprit de consensus. Là aussi, cette culture se réfère aux tréfonds d’une société constituée à travers l’accord d’Utrecht en 1759 entre provinces. Ce mélange de compromis et d’indépendance farouche n’est pas sans conséquence sur le travail en commun dans une entreprise néerlandaise. La « matière noire » se fait toujours aussi présente et prégnante dans les organisations humaines les plus huilées du monde entier. Il ne faut surtout pas voir cette culture comme un folklore prévient le chercheur. « Les traditions seraient impuissantes si elles ne se matérialisaient pas par des structures et des procédures, comme les structures et les procédures seraient impuissantes sans traditions capables de les faire respecter », analyse encore Philippe d’Iribarne.

En France, la peur d’être servile

Le cœur de toute culture selon Philippe d’Iribarne pulse d’une crainte fondamentale : la peur d’être remis en cause. Face à ce péril, chaque culture donne ses réponses pour le conjurer ou le domestiquer. La culture française aurait une détestation de la servilité. « La figure du parvenu, c’est-à-dire celui qui se conforme à ce que l’on doit faire, est très mal vue en France. Les Français haïssent cette figure, qui, en fonction de leur hiérarchie sociale, est soit considérée comme un larbin soit comme un intrus. Les Français usent donc de stratégies très particulières pour se conformer mais surtout sans le montrer », s’amuse Philippe d’Iribarne.

Or, aux États-Unis ou en Chine, c’est tout le contraire ! cette notion de conformité est très positive. Si la culture française redoute plus que tout une mise en scène visible de la servilité, c’est une autre peur qui étreint la société américaine : « elle est marquée de manière durable par la crainte de voir son destin régi par quelqu’un d’autre, affirme le chercheur. Ainsi, « le terme d’encroachment (selon le Webster’s, « to trepass or intrude », c’est-à-dire : « pénétrer sans autorisation ou faire intrusion ») évoque bien ce dont il s’agit. Une réponse à cette crainte est fournie par la place que tiennent les rapports contractuels dans la vie en société. » En définitive, ce sont ces valeurs traditionnelles américaines – égalité et communauté – qui dirigent la gestion des entreprises.

La peur d’être souillé ou ensorcelé

D’autres « craintes fondatrices » de par le monde structurent toute une pluralité de conceptions traditionnelles. Ainsi le monde indien craindrait sa déshumanisation dans ce qui est souillé. La société balinaise redouterait d’être submergée par des émotions habituellement contenues. Le Mexique, lui, cultiverait la hantise d’être abandonné par autrui et de se retrouver confronté à sa propre impuissance. Pourquoi au Cameroun, des entreprises parmi les plus modernes de l’économie du pays vivent-elles avec une charge profonde de méfiance collective que le management même le plus avancé a du mal à endiguer ? La crainte de la société camerounaise serait ce qui se trame contre soi, à l’abri des regards. La duplicité de son entourage et même de ses proches est incluse dans cette méfiance, et s’est traduite dans des comportements similaires sur leur lieu de travail. Des gens vivent ainsi dans la suspicion des « intérêts cachés », engendrant des résistances ou à l’inverse, des « pièges » pour révéler la sorcellerie et les mauvaises intentions. L’originalité de Philippe d’Iribarne est de chercher la culture là où l’on estime qu’elle est absente.

Pour mieux comprendre la corrosion, au contact du monde divers, du standard de la rationalisation occidentale et de références à prétention universelle, Philippe d’Iribarne a privilégié le monde de l’entreprise. Ses recherches financées par des groupes permettent de mesurer le foisonnement des situations. Classique, Total a commandé une étude pour aider à la définition d’un code de conduite éthique face à des cultures politiques religieuses différentes. Original, le groupe Danone voulait comprendre pourquoi dans sa filiale mexicaine, il y avait une telle adhésion « extraordinaire et plutôt heureuse » de ses collaborateurs, alors que le management ne se distinguait pas particulièrement à l’œil nu par un traitement spécial. « La rencontre des cultures est riche de promesses, mais celles-ci ne peuvent se concrétiser qu’à travers maintes épreuves. La capacité de la modernité occidentale, sous ses multiples aspects, à être un phare pour l’humanité est en question », remarque le sociologue. Préparons-nous à un périple cabossé, semé de quiproquos et d’embûches, plutôt qu’à une balade sympathique dans le Disneyland culturellement balisé de la mondialisation, où triompheraient tous les petits matins les grandes valeurs universelles.

Le groupe Lafarge a volontiers accepté d’être le gros cobaye de Philippe d’Iribarne et de son équipe. Comment une société multinationale, dont le fonds est lesté par un humanisme chrétien de bon aloi, peut-il répandre ses valeurs et dispensé son management dans des pays aussi divers par exemple que la Chine (Bureaucratie céleste), ou la Jordanie (rapports tribaux) ? En 2000, la marque a dû revoir complètement son style de management en le rapprochant des méthodes anglo-saxonnes, prenant acte d’une internationalisation et d’un personnel anglophone accru. Mais était-ce suffisant ? Sollicité par le PDG Bruno Lafont, Philippe d’Iribarne a ainsi épluché, morceau de bravoure de l’enquête, les deux versions des textes managériaux du Groupe, l’une originelle française, l’autre américaine. Même avec une traduction fidèle et une correspondance des deux langues, ces textes en apparence techniques marquent un étonnant écart de valeurs et de conceptions des sociétés. Pourquoi ? Dès que l’on s’éloigne d’un très haut niveau d’abstraction des valeurs, un peu cosmétiques, la manière de s’organiser met en jeu les rapports entre l’entreprise, ses actionnaires, ses personnels et ses clients, qui eux, baignent « dans une vision globale de l’homme et de la société qui est éminemment culturelle ». Des études de cas dans les filiales du groupe illustrent à merveille ce grand écart, malgré un tronc commun de valeurs.

L’enquête publiée sous forme de livre, L’Épreuve des différences [1], peut être lue comme les travaux pratiques de l’essai stimulant, Penser la diversité du monde (Seuil, 2008), ou bien comme le premier chapitre du grand livre de la mondialisation et des cultures. En tous les cas, la promesse d’un feuilleton-fleuve des sciences humaines qui vient à peine de commencer.

« Les entreprises doivent tenir compte du contexte culturel, ce qui ne veut pas dire qu’elles doivent pour autant le subir passivement. L’effet de ces traditions n’est pas mécanique et laisse une grande part aux initiatives. Reconnaître l’importance de la tradition ne nous oblige nullement à croire que nous sommes des sociétés immobiles, suivant l’image largement folklorique des sociétés traditionnelles. Il n’y a aucune contradiction entre l’existence de ces phénomènes et la volonté de réformer et de moderniser », prévient Philippe d’Iribarne.

Les Lumières tamisées

Les aires culturelles en apparence marquées par l’unité géographique se fragmentent et se compliquent au fur et à mesure qu’on les étudie. La mondialisation économique n’a en rien homogénéisé « l’esprit des peuples ». Le marché se frotte ou se heurte à d’autres rationalismes. L’universel est très relatif. La démocratie ne semble pas tout terrain. Partant de là, et ne résignant pas à un présupposé « choc des civilisations », Philippe d’Iribarne s’est attelé à une tâche d’inventaire et d’élucidation des cultures du monde entier face au marché et son management transnational. Le moins que l’on puisse dire est que ces cultures ne se dissolvent pas vraiment dans le grand détergent culturel de l’Occident, et de ses messages universels de salut et d’émancipation véhiculés par les Lumières. Les Lumières en procès ? Non, les Lumières tamisées par la diversité du monde.

Malgré ses bonnes manières, Philippe d’Iribarne sait qu’il peut indisposer les chercheurs en sciences humaines et sociales : la « culture » est une notion caoutchouteuse que l’on peut tordre dans tous les sens. « Ma conception de la culture n’est pas celle que désignent les anthropologues, elle n’a rien à voir avec le folklore traditionnel, ni avec du communautaire, pas plus qu’avec une psychologie comportementaliste », prévient-il. Et comme de s’excuser : « ça ne rentre pas dans les disciplines. Anthropologues, sociologues et philosophes n’y trouvent pas leur compte. Le philosophe François Julien, lui, parle de « plis de la pensée » pour évoquer ce qui sépare la pensée chinoise des héritiers de la Grèce antique, et l’islamologue Olivier Roy de « grammaire » pour évoquer les solidarités au Moyen-Orient. » De même Philippe d’Iribarne met à distance, sans les ignorer totalement, les « habitus » d’un Pierre Bourdieu, ou les florissantes cultural studies : « Mais leur objet exclut tout ce qui serait susceptible de caractériser de vastes ensembles. »

Philippe d’Iribarne n’ignore pas non plus qu’il évolue à tâtons sur un champ de mines. Malgré l’ONU reconnaissant « la diversité culturelle » à l’échelle mondiale depuis 2000, « l’époque redoute aussi que l’évocation des différences culturelles dissimule le racisme et en insistant sur ces valeurs différentes, entrave la globalisation de l’humanité » analyse le directeur de recherches.

« Un enjeu crucial pour les sciences sociales »

Au fond, les sciences humaines et sociales sont-elles outillées pour comprendre la culture au sens iribarnien ? Philippe d’Iribarne : « J’ai l’impression d’avoir identifié les outils de compréhension pour comprendre cette pluralité des cultures. Au départ, je me suis intéressé à ces terrains nouveaux de la recherche avec des outils classiques empruntés à l’anthropologie, la sociologie, la philosophie politique ou l’histoire. Toute une partie du travail sur ces terrains nouveaux a consisté à hyper-bricoler des outils qui ne ressemblent plus du tout aux anciens ».

Philippe d’Iribarne perçoit dans sa démarche, « un enjeu crucial pour les sciences sociales. » Dans les années 1980, j’ai rencontré beaucoup de scepticisme il est vrai. Je me souviens d’un Erhard Friedberg (co-auteur avec Michel Crozier de L’acteur et le système) lors d’un colloque s’agaçant vivement de ce que ses origines autrichiennes puissent interférer en quoi que ce soit dans ses comportements de chercheur. Seuls, les linguistes ont manifesté de l’intérêt pour notre approche, parce que la comparaison de la forme des discours selon les cultures fait partie de nos recherches. »

Mais celles-ci ne voient-elles par leur universalisme scientifique encagé à son tour dans une culture nationale ? « Notre manière française de faire c’est d’essayer de trouver derrière une collection de choses des structures fondamentales, remarque-t-il. Les Français ne disent pas des choses fausses mais posent des questions très particulières, remarque encore le chercheur. Je lis beaucoup de choses non françaises que je juge intéressantes. Les angles d’attaque sont différents selon les cultures et les sciences humaines de différentes nations, mais il ne me semble pas que tout soit étranger et incompréhensible. »

Il l’écrit dans L’Épreuve des différences : « Les rapports entre la démocratie et les droits de l’homme d’un côté, et la variété des cultures, de l’autre, font particulièrement question. Il paraît insupportable de penser que ces valeurs puissent être durablement l’apanage de certains. Et il l’est tout autant d’imaginer que l’Occident ait pour mission de faire « progresser » les cultures qui ne leur sont pas favorables. Que l’Occident cesse de parcourir son chemin en solitaire », plaide sans illusion le chercheur. Le choc des civilisations n’existe sans doute pas, l’incompréhension des cultures, elle, est plus probable.


Repères :

[1L’Épreuve des différences de Philippe d’Iribane, Le Seuil 2009


Par Edouard STACKEle 16 décembre 2011 : Philippe d’Iribarne, chercheur de diversité

Pour mon observation des comportements et des cultures, il existe une dimension fédératrice "intra-culturelle", c’est le comportement archaïque de confiance/défiance, ouverture/fermeture, bienveillance/malveillance, qui est perçu spontanément dans le non-verbal entre individus et qui va faire la base de la coopération ou du conflit.L’analyse des signaux se fait dans les couches profondes du cerveau (limbique et reptilien) et influence le comportement d’abord incosncient.
Les inter-culturalistes (colloque Sietar Europe spetembre 2011 Cracovie)se focalisnt beaucoup sur les différences.
Edouard Stacke


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Par Daniel-Alain MASSICARDle 29 août 2010 : Philippe d’Iribarne, chercheur de diversité

COMMENTAIRE (10A001A01) et (18A419A01). HEUREUSEMENT QUE LES CHERCHEURS EXISTENT POUR VALIDER LA CONNAISSANCE UNIVERSELLE. Le savoir individuel (virtuel) est l’acquisition de connaissances en soi. Le savoir-faire individuel (réel) est l’expérience à soi. Les apprentissages des savoirs individuels (savoir-faire, savoir-être, savoir-vivre, etc. …), puisés pour la plus grande partie dans la connaissance du monde pour tous, confèrent un savoir à soi, sans obligation d’en apprendre et ou d’en comprendre les tenants et les aboutissants et à fortiori, sans compétence ni qualification à pouvoir les expliquer aux autres. Pour le plus gand nombre d’entre-nous, seuls comptent les résultats immédiats pour notre bien-être individuel. On ne devrait pouvoir prétendre transmettre que ce que l’on a appris et compris. Rares seront ceux qui du berceau à la tombe, auront tout pensé, tout appris, tout compris, tout fait, tout dit, tout écrit, tout lu de ce qui les intéresse et ou les concerne.

COMMENTAIRE (10A001A02) et (18A419A02). L’ENSEIGNANT GÉNÉRALISTE. L’enseignant généraliste apprend et transmet les connaissances et les instructions, à partir de la connaissance universelle, académique et théorique, pouvant aller jusqu’à la non-obligation d’apprendre à faire. Il n’est pas si éloigné que cela, le temps ou un étudiant en médecine pouvait apprendre à soigner sans jamais avoir vu un malade … !

COMMENTAIRE (10A001A03) et (18A419A03). L’ENSEIGNANT-CHERCHEUR L’enseignant-chercheur expérimente et acquiert les compétences pour transmettre ses découvertes, ce qu’il a personnellement expérimenté et ce qu’il sait faire. CONFUCIUS disait : « Expérimenter, c’est discerner ce que l’on comprend de ce que l’on ne comprend pas ». Savoir le code de la route n’est pas à priori connaître la conduite sur tous les réseaux du monde, en temps réel et à fortiori avoir la compétence à enseigner la conduite et pourtant ... ! Combien de personnes confondent le fait d’avoir vu, lu ou entendu avec leur expérience et compétence personnelle.

COMMENTAIRE (10A001A04). SOYONS MODESTES ET RÉALISTES ! Je vous propose la réflexion suivante : « La moitié des choses perçues ne sont pas exprimées ; la moitié des choses exprimées ne sont pas écrites ; la moitié des choses écrites ne sont pas lues ; la moitié des choses lues ne sont pas comprises et la moitié des choses comprises le sont de travers. Sur vingt personnes qui parlent d’un sujet, une (ou deux) en parlent bien, dix huit ou dix neuf ignorent en tout ou partie ce dont elles parlent, souvent en disent du mal, et la vingtième qui voudrait en dire du bien, le fait mal ».


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le 26 août 2010 : Philippe d’Iribarne, chercheur de diversité

Parmi les précurseurs des relations entre le management des grandes organisations et le couple culture-pouvoir, il faut lire et relire Pierre Legendre


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Par Louisle 26 août 2010 : Philippe d’Iribarne, chercheur de diversité

Cette diversité n’est pas seulement entre nation mais en France entre régions.
Pour mon entreprise, bien que Breton, j’ai travaillé à Nantes,en Alsace, dans la Drôme,en Touraine et à la Défense. Quand on est un simple chef d’équipe on ne commande pas pareil un Breton, un Alsacien ou un Provençal, sa réponse à l’ordre est très différente, comme sa façon d’aborder le travail qui finalement sera fait.
J’ai aussi bossé en Egypte, j’ai été étonné par leur assiduité et leur volontarisme au boulot, loin de la réputation que l’on donne aux Arabes, dans des essais répétitifs ce sont les personnes avec lesquelles j’ai eu le plus de plaisir à travailler car ils recommencent 5,10 fois la même manoeuvre où le mondre Français m’aurait renvoyé dans les 22 mètres !
Louis, cadre EDF en retraite


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Par GMle 25 août 2010 : Philippe d’Iribarne, chercheur de diversité

du langage et de la diversité française furent aujourd’hui exprimées les singularités par le princeps de l’État.
Sarkozy, dans une volonté de management par anticipation de résultat, à donné aux sambassadeurs l’analyse française des problèmes auxquels l’Europe doit faire face.
parmi lesquels des marchés incohérents qu’il faut encadrer.
comment, , il ne le sait pas encore, mais "personne n’osera dire le contraire, les marchés sont incompréhensibles."
prenant l’exemple du marché des changes et du cours du blé, leur volatilité fait peser sur les agents économiques de trop grand risques pour investir sereinement ou garantir leurs contrats.
il prend donc position, dénonce le système, appelle au dialogue le g20 g8, pour, sans revenir à bretton woods, établir un nouveau système.

Ce que je reconnais comme français, c’est qu’il leur à dit qu’il était le chef, qu’il ne comprenait rien et qu’il ne savait pas quoi faire.

quand même, les intentions sont louables, les choses sont dites sans détour, comme je viens de le faire on peut facilement retourner contre lui sa franchise, et ce qui lui reste comme obstacle semble bien, comme l’affirme Philippe d’Iribarne , LA PEUR D’ÊTRE REMIS EN CAUSE.
Car il reste encore de français d’avoir effectivement mis le doigt sur le problème, et d’enjoindre ceux qui l’écoutent à le suivre sans se retourner.

La première raison inhérente à cette peur est due à une mauvaise mise en forme de ces propos.
Car si la crise des subprime à fondé l’argument de risque généralisé et systémique, laisser penser que tout investisseur est dans le même cas de conscience qu’un turfiste, c’est méconnaitre cette partie des agents qui font le système et comprennent toujours là ou est leur interêt.

Et c’est bien cette trop grande légèreté dans le propos qui appelle leur remise en cause.

- http://www.marianne2.fr/La-culture-...

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Par patrick valasle 25 août 2010 : Philippe d’Iribarne, chercheur de diversité

Et si par hasard (on sait que le hasard n’est pas sans loi, mais c’est une loi sans intention) le grain de sable de chaque culture dans le moule des soi-disantes règles d’uni-formatages universelles tenaient à la diversités des langues qui surdéterminent les cultures dans leurs particularités propres pour chaque peuple ?
En revanche ce n’est pas un hasard si la langue dite universalisante des entreprises du marché mondial soit l’anglais qui tend à s’imposer partout.
Heureusement, chacune (des langues maternelles) résiste selon des modalités spécifiant la culture singulière des sujets qui la parlent.


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