Pierre Lemieux

L’anarcho-capitaliste attaque l’Etat canadien pour le droit à porter des armes

Le 10 mai 2009

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Portrait dessiné : Darius

Chercheur au think tank californien « The Independent institute » et professeur associé à l’Université du Québec en Ouatais, chroniqueur et essayiste prolifique, 62 ans, il est l’un des des plus brillants théoriciens mondiaux de « la souveraineté de l’individu » et surtout de « l’anarcho-capitalisme. » Son Que sais-je ? en France, en 1988, constitua un petit best-seller. Il le propose désormais en téléchargement libre. Son opuscule, aujourd’hui compliqué à trouver, même en ligne, Le droit de porter des armes (1993) déclencha également son petit effet de scandale. Plus encore au Canada. Depuis des années, il rédige à tour de bras analyses économiques et pamphlets sur le « fascisme sanitaire » de l’Etat qui interdit le citoyen de fûmer librement, ou encore sur le contrôle asphyxiant selon lui du port d’armes.

Le 26 et 27 mai, le théoricien québecquois du port d’armes libre portera surtout le fer lors d’un procès au palais de Justice de Saint-Laurier, près de son petit village de Lac-Sagay, face à l’hydre étatique incarné en l’espèce par le fonctionnaire contrôleur des armes à feu local. Au passage il s’en prend sur son blog aux bureaucrates de la poste qui n’ont pas daigné diffuser en temps et en heure auprès de ses concitoyens, une lettre expliquant le fond du procès d’un honnête « coureur des bois » comme il se désigne, dans la trace des ancêtres libres tireurs.

Objet du procès : Pierre Lemieux a refusé de répondre à des questions jugées intrusives, lors du renouvellement de son permis, et attaqué l’Etat, tout en conservant son arsenal. « L’idée reçue par excellence veut que la simple disponibilité des armes – et, a fortiori, la reconnaissance du droit de porter des armes – soit un facteur causal, une condition nécessaire, de la criminalité violente. Or, cette corrélation entre crime et disponibilité des armes est bien difficile à trouver » martèle t-il depuis les années 1990. Bref, à lire et à écouter l’économiste dans ses nombreuses conférences, « la criminalité violente aux États-Unis était faible quand les armes étaient plus accessibles il y a un demi-siècle ; et son évolution depuis a suivi les atteintes au droit de porter des armes. » Les Colombine et les mass-murders des campus sont à mettre sur le compte d’un affaissement généralisé de la morale.

« Le taux moyen d’homicide de 5,7 pour 100 000 habitants aux États-Unis ne doit pas occulter la diversité qui se cache sous cette moyenne. Si la criminalité violente est plus élevée aux États-Unis que presque tous les pays développés, elle est, dans certains États, aussi basse qu’au Canada ou en Europe », relativise Pierre Lemieux, et de noter que le New Hampshire est l’un des Etats où l’on tue le moins avec un taux comparable aux plus bas taux de la paisible Europe, alors qu’il s’agit de l’un des lieux où le droit de porter une arme n’a pas été législativement raboté . Et de se réjouir par exemple que la Cour Suprême ait été atteinte en 2008 par une contestation constitutionnelle parce que la réglementation interdit depuis 1975 les armes de poing à Washington D.C. A qui profite le crime de la réglementation du port d’armes au Canada ? Selon le professeur, pas de doute. « Il profite surtout à l’État, c’est-à-dire à ceux, politiciens et bureaucrates et leurs clientèles privilégiées, qui ont intérêt à accroître le pouvoir de l’État au prix de nos libertés », tranche t-il.

Le procès promet d’être homérique, avec tout le gratin des économistes libertariens à la barre, dénonçant l’anti-constitutionnalité du questionnaire pour le renouvellement du port d’armes en particulier, et le rôle de l’Etat en général et qui selon Pierre Lemieux, relève, tout comme les Etats-Unis d’ailleurs, « d’un régime socialiste à visage humain ».




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