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De Christine Boutin aux alter-mondialistes, pour un salaire de citoyen dès la naissance

mardi 29 juin 2010, par Emmanuel Lemieux

Une allocation de base, sans aucune contrepartie, pour chaque citoyen tout le long de sa vie... C’est l’idée que vient de relancer le think tank Utopia.

Est-ce décent ? Est-ce bien raisonnable ? A l’heure où le chômage selon l’OCDE est de haut niveau et durable dans la zone euro, au moment où les Etats annoncent la couleur grise de la rigueur, les propositions du think tank Utopia, qui se veut dans l’attraction et à la disposition de toutes les gauches françaises, à de quoi surprendre. Ou agacer. Ou rafraîchir.
Attribuer à chaque citoyen français, dès sa naissance, un revenu régulier à vie et sans aucune contrepartie... Selon ses théoriciens, cette idée permettrait d’éradiquer la misère et de faire disparaître le chômage. L’ opuscule simple et clair, vif et incisif, signé Baptiste Mylondo, économiste de la décroissance et de l’économie solidaire, débroussaille le débat. Car c’est un vieux débat et une idée serpent de mer qui travaille autant le camp de la redistribution socialiste que celui de la droite libérale.

Des économistes aussi contrastés que John Kenneth Galbraith, James Tobin ou encore Milton Friedmann ont réfléchi à cette idée. En France, Alternatives Libérales préconise 500 euros pour chaque citoyen, tout comme les chrétiens démocrates de Christine Boutin militent pour ce pécule citoyen (une obole de 300 euros par mois). Yann Moulier-Boutang l’économiste et conseiller de Dany Cohn-Bendit, défend l’idée d’un "revenu universel, inconditionnel et substantiel." Des économistes proches de l’ alter-mondialisme, tels Michel Husson, récusent cette idée car elle agrandirait la fracture sociale entre nantis diplômés et travailleurs peu ou non qualifiés. Martin Hirsch ou l’économiste Denis Clerc estiment ce projet bien peu crédible.

750 euros minimum

L’ADN du "revenu inconditionnel" imaginé par Utopia a un tout autre séquençage que celui des libéraux. Dix points le caractérisent :
C’est un revenu en espèces et non en nature ; il est versé à chaque citoyen ; il est versé sans condition et sans contrepartie ; il est cumulable avec d’autres revenus ; il est versé à titre individuel ; il est versé tout au long de la vie ; il est d’un montant forfaitaire, distinguant entre majeurs et mineurs ; il est d’un montant suffisant permettant de se passer d’un emploi ; il est versé mensuellement.

A combien se monterait ce fameux revenu ? A minima, 750 euros pour un adulte, estime l’économiste, car il ne doit pas être un revenu de précarité.

B. Mondylo balaie le terrain des préventions et des présupposés avec une certaine habileté pédagogique, mais butte sur la question centrale, celle qui traverse tout le livre, comme elle a traversé bien des débats dans les sociétés industrielles sur l’autonomie ou l’assistanat des populations en décrochage : ce principe de revenu inconditionnel ne risque t-il pas d’éloigner un peu plus de l’insertion par l’emploi, les populations les plus fragiles ?

Pour Utopia, il est justement temps de déconnecter travail et revenus. Le "revenu inconditionnel" ouvre la brèche dans le tout-productivisme et provoque toute une série de questions : partage de la pénibilité et du temps de travail, activités non marchandes et richesse sociale, possibilité d’enrichissement personnel, autonomisation, sens du travail, fracture culturelle dans la société,... B. Mylondo s’appuie sur les expérimentations américaines sur le sujet pour démontrer la pertinence de ce revenu. Ainsi, dans les années 1960, on testa le projet d’un impôt négatif. A l’instar de cette expérience qui durant quatre années bénéficia à 1400 foyers du New Jersey et de Pennsylvanie, les conclusions observèrent une aide sociale utile et une faible baisse du volume de travail (une baisse moyenne de 7,9% d’heures travaillées).
Mais les travaux de l’historien Romain Huret sur l’Office of Economic opportunity (OEO) qui, de 1945 à 1974, envisagea, sur ordre de la Maison Blanche et des présidents successifs, d’éradiquer la pauvreté du sol étasunien, contredisent les conclusions de l’économiste d’Utopia.

Supprimer le mot « pauvreté »

Toutes ces décennies de réflexions et de tests en tout genre débouchèrent sur une chimère et l’exact contraire d’un "revenu inconditionnel".
Au bout du bout du compte, une loi d’un revenu minimum garanti, fut uniquement imaginé pour trois populations cibles : les personnes âgées, les aveugles et les handicapés percevront ainsi 1680 dollars pour une personne seule, 2520 pour un couple. Plus de trois millions de pauvres méritants furent ainsi récompensés à partir de 1974. Une lecture très catégorielle et culturaliste de la pauvreté était ainsi assumée par le législateur. Nixon, dès sa première entrée en fonction, demanda aux ministères d’évacuer de leur terminologie, les mots « pauvreté » et « pauvres », au profit de « familles à bas revenus ». Les éléments de langage d’une novlangue étant plus faciles à manier que l’idée d’un revenu inconditionnel.
Aberrant, farfelu ou visionnaire, B. Mylondo pointe une chose juste : le besoin d’un revenu inconditionnel d’utopie. Cette idée a encore un bel avenir dans les débats.


Repères :

Un revenu pour tous, de Baptiste Mylondo, les Editions Utopia, 5 euros (2010).
Contact : Les Editions Utopia, 30, rue Amelot, 75011 Paris
A lire sur notre site :
Le plan secret pour faire disparaître la pauvreté


Par olivier.montulet@skynet.bele 19 septembre 2010 : Pour un salaire de citoyen dès la naissance

Cette proposition n’est pas originale puisqu’il s’agit du revenu universel qui a fait l’objet de très nombreuses études économiques qui ont démontré sa pertinence et sa faisabilité. Le problème vient de la mutation de société que cela comprend. Hors la résistance au changement qui est la plaie humaine la plus grande constitue le plus grand frein à cette mutation.


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Par pivoinele 9 juillet 2010 : Pour un salaire de citoyen dès la naissance

ceci a été dejà proposé par JACQUES MARSEILLE dans son livre"l’ argent des français"
une très bonne idée pour un libéral pur jus


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Par Martincle 5 juillet 2010 : Pour un salaire de citoyen dès la naissance

Ce qui manque à l’étude sur le sujet, c’est la mécanique permettant de financer le revenu d’existence, le quid le pourquoi et le comment.

La seule étude sérieuse sur le sujet, présentant une loi de finances en équilibre, est celle de Maillard, l’inventeur de l’Inoppression Active et des fondamentaux économiques de l’IOS Table.

On découvre avec bonheur qu’il ne s’agit que d’une mécanique fiscale et sociale, SIMPLE et pour une fois non simpliste.

- l’inoppression active

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    Par mamichettele 12 novembre 2010 : Du concret en voilà

    en mettant en place les assiettes fiscales et sociales selon la cohérence économique d’inoppression active, l’Etat peut faire tourner autant d’argent qu’il veut dans le portefeuille des citoyens, travailleurs et inactifs. Son seul DEVOIR est de limiter les dotations mensuelles pour que l’Offre satisfasse la Demande, sans manque et sans inflation.

    Je commence enfin à comprendre l’économie avec des sites comme programme-politique.com que je vous invite à visiter

    nota bene 750 Euros par mois c’est trop peu et sans mise en place de bonnes assiettes fiscales c’est utopique.

    Ne rêvons plus, soyons bienvoyants !

    - La solution, c’est bien l’Inoppression Active
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Si jeune Mabuse ?,  le 2 juillet 2010 : Pour un salaire de citoyen dès la naissance

Pour un revenu citoyen, il me semble que s’imposerait la condition d’une réelle citoyenneté, consistant en une participation à la vie politique, soit a minima ne pas s’abstenir trop souvent lors des élections et autres référendums (ce qui ouvre logiquement vers une sollicitation plus régulière et approfondie - pas un bête OUI / NON - des citoyens dans les prises de décision, pour tracer les grandes lignes avant de confier la mission législative aux députés, ainsi encadrés par un garde-fou...), soit en une activité socialement utile régulièrement pratiquée, etc.


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Nicolas,  le 29 juin 2010 : Les libéraux sont des défenseurs à plus de 500€

Les libéraux, notament Alternative Libérale, mais aussi le Mouvement des Libéraux de Gauche, défendent ce Revenu Universel ou Revenue de vie, mais à plus de 750€. Il est clair que si ce revenu doit toujours pousser les gens à travailler il est inutile.

- Mouvement des Libéraux de Gauche sur le Dividende Unniversel

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    Par mamichettele 12 novembre 2010 : Les libéraux sont des défenseurs à plus de 500€

    Oui mais il ne faudrait pas donner un revenu qui fasse trop chuter l’Offre. Même si l’Etat peut bien donner des milliers d’Euros chaque mois à chaque citoyen en employant le recyclage de Maillard, il ne faut pas risquer l’inflation avec une Demande énorme et une Offre insuffisante. Même si 2000 à 3000 Euros sont mécaniquement possible, comme le démontre l’Inoppression Active, écoutons la sagesse de l’Inventeur qui insiste sur le fait que les réactions humaines sont imprévisibles. Après un an d’expérimentation à 1000 ou 1500 Euros mensuels, il sera temps de rectifier.

    PS D’après ce que j’ai compris, la grand peut de l’Etat n’est pas la mise en place du système de recyclage financier de Maillard, mais c’est sa proposition s’inscrit dans des conditions de Liberté et de Dignité individuelles qui empêcheraient qu’existent des affaires comme celle racontée par Amidlisa. Et là tant que nous, citoyens, n’auront pas mis nous-mêmes ces mesures à l’Assemblée Nationale, il est inutile d’espérer !

    - limiter le revenu mensuel
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Par Stephane Labordele 29 juin 2010 : Pour un salaire de citoyen dès la naissance

Non il ne s’agit pas de distinguer "travail et revenu" il s’agit simplement d’appliquer ce que tout actionnaire de toute société connaît depuis 4 siècles : le versemenent du DIVIDENDE dû en tant que co-propriétaire de la société.

Or le Citoyen est bien co-propriétaire de la zone économique.

Donc ce dividende doit être au choix non pas "suffisant pour vivre" ce qui n’a aucun sens absolu (comparer l’ascète à l’obèse ?), mais doit être un Dividende calculé sur la richesse de la société possédée, donc au choix un % du PIB / Population, ou bien un % de la MASSE MONETAIRE / population : http://fr.wikipedia.org/wiki/Dividende_Universel

DE PLUS, et c’est tout à fait remarquable que sur le sujet JAMAIS ce n’est abordé, c’est en relation avec la NATURE de la monnaie ? Qu’est-ce que la monnaie ? C’est un simple crédit-mutuel mathématiquement contrôlé entre PERSONNES (et non pas entre ETATS, Banques et Entreprises, à moins de ne pas considérer l’homme comme la préoccupation élémentaire de toute réflexion économique).

Le Dividende Universel est donc un simple crédit mutuel P2P qui change la NATURE d’une monnaie centralisée propriétaire, en monnaie universellement répartie dans la société, permettant à tout individu une liberté d’investissement minimale sans allégeance, en reconnaissance du droit fondamental à la liberté d’entreprendre librement.

Corollaire : le système monétaire et fiscal tel qu’il existe nie le droit d’entreprendre librement.

Voir aussi : http://www.creationmonetaire.info/2010/05/les-4-arguments-du-dividende-universel.html

- Création Monétaire

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