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Pourquoi il ne faut plus dire "Daech"

samedi 3 septembre 2016

Selon les renseignements des services secrets et les récentes mises en garde du procureur Molins contre un "risque d’attentat renforcé", le groupe État islamique a changé radicalement de stratégie. Et ce n’est pas une bonne nouvelle.

Politique. Les événements se précipitent. En août, un historien de l’islam comme Jean-Pierre Filiu mettait violemment en doute sur son blog, la propagande militaire américaine sur une victoire écrasant Daech, en septembre un procureur de Paris respecté confirme ce "déclin" mais annonce que ce n’est pas forcément une bonne nouvelle. " On sera, à un moment, confronté au retour d’un grand nombre de combattants français" a prévenu le procureur de Paris, François Molins, dans un entretienau Monde. Le rêve de califat se réduisant comme peau de chagrin, le groupe État islamique (EI) a changé de stratégie. Et ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle. " Le déclin " de l’EI devrait avoir pour effet dans leurs pays d’origine, des centaines de djihadistes aguerris.

À cette rentrée de septembre 2016 sur le sol français, un petit millier (982) personnes font ou ont fait l’objet d’enquêtes judiciaires pour terrorisme islamiste ; 280 ont été mis en examen dont 167 sous un régime de détention (parmi eux on compte 35 mineurs dont 9 détenus) ; 577 font l’objet d’un mandat de recherche ou d’un mandat d’arrêt.
Les partisans français de l’EI en Syrie même tournent autour de 2000 personnes. Parmi les retours possibles, des centaines de femmes qui, elles aussi, étaient dans un "djihad de conviction" et non dans un suivi domestique et soumis à leurs maris. Elles reviendraient avec des enfants, conçus en France mais aussi en Syrie. Enfants-soldats de la cause islamique, ils ont été formatés pour l’ultraviolence et constituent de "véritables bombes à retardement" selon François Molins.

2000 djihadistes français pourraient revenir avec la débâcle de l’EI. Parmi eux, des femmes tout aussi convaincues par la cause djihadiste et leurs enfants formatés pour l’ultraviolence. De "véritables bombes à retardement" selon le procureur François Molins.

Un grand article du Point, fouillé et prospectif, établit la maquette de ce qui pourrait se produire en Europe, en retraçant l’histoire des "Afghans" revenus en Algérie dans les années 90, et la longue guerre civile qui s’est ensuivit.
C’est pourquoi, selon un officier du renseignement militaire algérien, il ne faut plus utiliser l’acronyme Daech pour désigner cette formation terroriste : "L’État islamique, qu’il ne faut plus appeler Daech, car il a abandonné depuis quelques mois la doctrine de l’ancrage géographique face aux frappes de la coalition, a lancé l’idée d’émirats continentaux". Même son de cloche dans un rapport produit par la CIA en juin dernier, qui fait état de ce mouvement de milliers de terroristes "étrangers" (mouhadjirin) des différentes factions islamiques s’apprêtent à quitter la Syrie et l’Irak pour projeter le « combat » au bercail. Cela concernerait une vingtaine de pays. De source sécuritaire algérienne, rapporte Le Point "quelque 1 000 combattants constituent déjà ce que l’EI appelle l’ "émirat de l’Europe », lui-même composé de cellules de 3 à 8 éléments à travers le continent."

Society dans son édition n°39 (2-15 septembre) rappelle la saga quelque peu oubliée du "gang de Roubaix", d’anciens mercenaires convertis qui avaient fait leurs premières armes durant la guerre en ex-Yougoslavie, puis versant dans une forme d’islamisme radical et nihiliste, multiplièrent des braquages et attaques de masse dans le Nord de la France. L’anéantissement en 1996 du premier gang des "Ch’tis d’Allah" fit l’objet d’un mémorable fort-Chabrol.


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