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à Marie Duru-Bellat, professeur à Sciences-po, chercheur à l’Observatoire sociologique du changement et à l’Institut de recherche en éducation, co-directrice avec Agnès Van Zanten de "Sociologie du système éducatif, les inégalités scolaires" (PUF).

Pourquoi tant d’impuissance politique sur la question des inégalités scolaires ?

mardi 29 septembre 2009

1. Une somme considérable de diagnostics sociologiques s’empile sur le bureau du ministre de l’Education nationale depuis des années : pourquoi tant d’impuissance politique sur cette question des inégalités scolaires ?

Marie Duru-Bellat : "Parce que en premier lieu, les questions d’éducation ne sont pas plus consensuelles que les autres : les intérêts des enseignants ne sont pas toujours concordants avec ceux des élèves (de tous les élèves) ; les intérêts des parents qui font les lois ou qui sont le plus influents ne sont pas les mêmes que ceux des parents dont les enfants ont du mal à apprendre à lire...
Un autre facteur est notre façon très peu expérimentale de penser les questions d’éducation ; nous restons très normatifs : on est convaincu qu’il faut faire telle ou telle chose même si les recherches ou les autres pays démontrent le contraire. Serait-ce parce que chez nous l’école est toujours un peu sacrée -comme le suggère le sociologue François Dubet ?

2. Quelles sont les "nouvelles" inégalités scolaires qu’ont fait
ressortir la sociologie ces dernières années ?

On a observé que l’allongement des études ne fait que différer les inégalités. Les inégalités sociales qui découlent de la scolarisation dans des contextes de qualité inégale sont également mieux connues.

3. Quels sont les principaux courants de pensée ou d’idéologie qui s’affrontent actuellement en France sur la question des inégalités scolaires, et de leur résolution ?

Il me semble que la fracture essentielle est non réductible à un clivage droite/gauche. Il est entre ceux qui valorisent le mérite et le mérite scolaire en particulier et ceux qui sont plus sceptiques à cet égard (position que j’ai voulu défendre dans "Le mérite contre la justice", Presses de sciences po 2009).

Les premiers défendent des études toujours plus longues et un impact toujours plus fort des inégalités scolaires (forcément justes) ; ils se crispent volontiers sur le fonctionnement de l’école (toute évaluation externe est mal vécue) ; mais la position consistant à analyser objectivement ce fonctionnement et à mettre en doute la justice du mérite scolaire est récusée ce qui renvoie sans doute au point précédent."


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